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CHAPITRE XXIII

1° Le travail à haute température. — La fusion des métaux [fondeurs, forger 07is^ pudd/ears, lamineurs; hauts- fourneaux)^ le travail du verre^ le métier de boulanger^ celui de chauffeurmécanicien exposent d'autant plus à l'action de la chaleur, que ces professions occasionnent de grands efforts musculaires et que l'inhalation des gaz dégagés est fatale.

a) Symptômes. Etiologie. — Outre la fièvre des fondeurs (fièvre de surmenage), on connaît les troujjles oculaires (cataracte) des fondeurs et verriers, les lésions bronchopulmonaires des boulangers, le coup de chaleur, etc., sans parler des lésions traumatiques (dilatation du canal de Sténon des souffleurs de verre : Poncet).

b) Prophylaxie. — Elle consiste dans la ventilation (hottes, ventilateurs, appareils clos), l'humidification (arrosages fréquents

devant le feu), l'usage de vêtements de cuir, de galoches à guêtre, d'écrans, de lunettes de mica. La substitution du soufflage mécanique au sou fil âge par la bouche (pistons Robinet, air comprimé) facilite le travail des verriers.

Fig

, 110, dans

— Ventilateurs réfrigérants les verreries de Givors.

La flg. HO représente le système d'aération-réfrigération des hails des verreries de Givors, considéré comme un modèle du genre. Il comprend : 1" des ventilateurs-agitateurs à palettes D placés au-dessus de la tète de Touvrier. 2" des ventilateurs propulseurs d'air F. 3" des bouches d'air ménagées sur une cana-

Hsalion H qui circule autour du four et qui aboutit à un fort ventilateur propulseur; 4° une circulation d'air frais contre la paroi même du four constituée par les petites cheminées d'appel G A B.

Pour les boulangers^ si souvent tuberculeux, J. Godart a proposé au Parlement riuterdictiou du travail de nuit (comme en Hollande, en Finlande) ; la fabrication mécanique du pain est à désirer.

c) Législation. — L'art. 5 du décret de 1904 exige une « aération suffisante pour empêcher une élévation exagérée de la température ».

2° Le travail à l'humidité. — Dans certaines industries (filature, tissage), Thumidité est nécessaire, et même provoquée. Dans d'autres (buanderies du type ancien, teintureries)^ elle n'est que nuisible; les buées doivent être évacuées.

En dehors du travail dans une atmosphère humide, nous pouvons étudier ici Tinfluence du contact de Teau sur une partie du corps dans certaines industries. L'humidité agit différemment suivant qu'elle est froide ou chaude. L'état hygrométrique peut être mesuré et enregistré (hygromètres, psychromètres).

a) Symptômes. Etiologie. — D'une fa^on générale l'humidité produit le relâchement des tissus, le ralentissement de la nutrition, prédispose à la scrofule, aux affections catarrhales et rhumatismales. L'action plus fâcheuse de l'humidité chaude s'explique par l'entrave (ju'elle apporte à l'évaporation, à la respiration et à tous les actes nutritifs (expériences de Rubner). Elle est bien observée dans les ateliers de filage au mouillé du coton ou du lin, de moulinage de la soie.

Souvent s'y ajoutent l'action locale de substances organiques, animales ou végétales, décomposées et micToh'iièvQs {hoyaudiers, peaussiers, chapeliers, filaleurs de soie, déboarrenrs de cocons, nacricrs ; raffineurs, rouisseurs, Jîlateurs de chanvre, amidonniers, papetiers, blanchisseurs de tissus), l'action irritante de substances minérales {teinturiers, blanchisseurs et apprêteurs d'étoffes, décapeurs de métaux).

L'eau trop chaude ou trop froide produit depuis l'engourdissement jusqu'à la nécrose des doigts : laveurs de vaisselle, blanchisseurs, boyaudiers, dcgraisseurs, teinturiers, décapeurs, fabricants de produits chimiques.

Différentes dermatites professionnelles peuvent être déterminées par le travail à Vhumide simple, chez les débardeurs, déchireurs de bateaux en rivière, lavandières, pêcheurs à l'épervier : ce sont les « grenouilles » de Parent-Duchàtelet, par macération de la peau des extrémités.

D'autres sont dues au contact de liquides irritants : dermatites (hyperhydroses) des décapeurs, dégraisseurs, fabricants ou manipulateurs de produits

chimiques [soude, chlorure de chaux, hydrocarbures liquides), photographes, blanchisseurs, ouvriers peaussiers {dermaHU^ papillaire simple: dennatite

ulcérative ou rossignol, pigeon, perdreau, pierrot, à cause de l'aspect en œil d'oiseau; dermatite infectieuse ou choléra des doigts) ; dévideurs ou Jileurs de cocons de vers à soie (mal de vers ou bassine, de Potton), avec érythème, puis pustules, puis inflammation profonde laissant cicatrices et immunité).

D'autres sont dues à l'action de liquides à matières fermentcscibles d'origine végétale : rouisseurs de chanvre (érythème eczémateux périunguéal, comme chez les employés aux bains du Rhùne d'après Perroud), amidonniers et féculiers (dermatite exfoliatrice), chiffonniers, cuisiniers (cladolhrix?), confiseurs (dermatite periun-

guéale et altérations unguéales : Poncet).

Les buées rendent le sol et les objets glissants, elles obscurcissent l'atmosphère et sont ainsi une cause d'accident. En saturant l'atmosphère, elles empêchent l'évaporalion pulmonaire et cutanée.

Fig, 111. —Appareil pour suppression des buées.

b) Prophj/laxie . — La prophylaxie ^ë??e'?'a/e consiste à enlever les buées (fig. 111), à empêcher Thumidité par une ventilation active :

on peut, pour cela, combiner l'aspiration localisée (11g. 112; et le refoulement d'air chaud, comme à l'usine de teinturerie Gillet, à Lyon. Les murs doivent être enduits inférieurement de revêtements imperméables (ciment, stuc), blanchis à la chaux supérieu-

Fig. 112. — Appareil d'aspiration localisée.

rement. Le sol, dallé ou cimenlé, recouverl de sciure de bois, esl pourvu de caniveaux à pentes convenables pour éviter toute stagnation d'eau. Comme vêtements spéciaux de travail : tabliers imperméables, sabots ou galoches avec guêtres, gants protecteurs.

Les mesures spéciales sont variables : pour les confiseurs, lavages fréquents, brossage des ongles ; pour les dévideuses ou fileuses de soie, séparation des bassins de trempage et de dévidage, renouvellement fréquent de Teau, trempage fréquent des mains de Touvrière dans l'eau froide propre et courante.

c) Législation. — L'enlèvement des buées est exigé par l'article 6 du règlement du 29 novembre 1904.

3° Le travail dans Tair comprimé. — Le travail sous l'eau est possible, à des profondeurs plus ou moins grandes, grâce à l'air comprimé qu'on envoie, par exemple, dans les caissons inventés en 1839 par Triger (construction des piles de pont) ou dans les scaphandres (pêche des éponges, etc.). Le travail dans ces conditions n'est pas inoffensif, comme Font montré, dès 1847, Pol et Wattelle, plus tard François, Catsaras, etc.

Pendant le séjour dans l'air comprimé (sas ou chambre de fond), les accidents de compression sont légers : gène dans l'émission des sons, diminution des sensations, sécheresse de la peau et des muqueuses, puis bien-être avec souplesse des membres, transpiration; surtout, douleurs d'oreille avec bourdonnements.

a) Accidents. — Les accidents se produisent surtout au moment de la sortie (on ne paye qu'en sortant, disent les ouvriers) : ce sont surtout des accidents de décompression, lis peuvent être d'origine centrale ou périptiérique; par leurs g:roupemenls variés, ils peuvent constituer de véritables formes distinctes.

C'est ainsi qu'on a distingué une forme auriculaire, avec bourdonnements d'oreille, surdité complète (scaphandriers surtout); une forme vertigineuse, parfois liée à la précédente, avec sensation de tangage, d'ivresse, d'étourdissements, nausées ou vomissements, parfois affaissement subit (tubistes surtout); une forme syncopale, avec perte de connaissance parfois prolongée suivie d'étourdissement au réveil (scaphandriers): une forme hémiplégique assez rare; une forme aphasique : dysarthie (tubistes) ou aphasie vraie (scaphandriers), d'ordinaire légère et transitoire; une forme apoplectique avec mort subite (scaphandriers seuls).

Les accidents les plus graves, heureusement rares, sont surtout d'origine bulbaire : forme asphyxique (par apoplexie pulmonaire) ou syncopale, aboutissant à la mort subite (tubistes et scaphandriers).

Les accidents les plus fréquents, parmi ceux d'origine centrale, sont

les accidents médullaires (hématomyélie), qui apparaissent parfois immédiatement, parfois après quelques minutes ou quelques heures : parésie ou paralysie des membres inférieurs avec ou sans fourmillements, anesthésie, quelquefois avec paralysie momentanée d'un membre supérieur; très fréquemment, rétention passagère d'urine et même des matières. La guérison est la règle, mais peut laisser des contractures chez les scaphandriers, soumis à de plus hautes pressions que les tubistes.

Les accidents d'origine périphérique sont de très vives douleurs, musculaires, articulaires (moutons) ou superficielles (puces), souvent avec démangeaisons, petites tuméfactions gazeuses (bosses ou bouffloles) ; des troubles labyrinthiques (sorte de vertige de Ménière) assez longs à guérir ; des troubles fonctionnels (par refoulement gazeux) de l'estomac, des poumons et du cœur (refoulement du diaphragme) : formes nauséeuse, dyspnéique, angoissante, assez fréquentes.

Tous ces accidents sont désignés sous le nom de coup de pression (coup de dépression serait plus exact) par les ouvriers : ils disent avoir « la pression » dans les jambes, les genoux, la tèle, l'estomac, etc.

b) Étiologie. Pathogénie. — En 1854, Pol et Wattelle attribuaient les accidents qu'ils observaient dans le Nord, sur des ouvriers travaillant dans les caissons Triger, à la compression de l'air refoulant le sang des parties périphériques vers les organes internes, et amenant la congestion de ces organes : pourtant, il était déjà connu que les véritables accidents se produisent non pendant la compression, mais au moment de la décompression. Plus tard, Bauer constate le ramollissement hémorragique de la moelle et du cerveau (confirmé par Le Koy de Méricourl) chez les ouvriers construisant les piles du pont Saint- Louis sur le Mississipi (1869); Catsaras étudie les hématomyélies des pêcheurs d'épongés de l'Archipel (1888).

La seule explication plausible de ce fait paradoxal, que les accidents se produisent à la sortie, fut que ces accidents sont dus au dégagement de gaz tenus en dissolution dans les liquides de l'organisme, et surtout à l'accumulation de bulles gazeuses dans le réseau capillaire qui baigne les tissus. Cette théorie, entrevue et véritiée expérimentalement dès 1670 par Hobert Bayle, fut démontrée parfaitement exacte par les expériences de Paul Bert: il constata que les accidents étaient bien dus au dégagement de gaz, tant dans le liquide sanguin que dans les tissus. Mais, des gaz dissous dans le sang, celui qu'il faut incriminer n'est ni l'O, qui entre en combinaison avec les tissus aussitôt qu'il est mis en liberté, ni le CO^, dont la production est ralentie par la compression de l'air : c'est l'azote seul, qui, dissous en excès dans le sang et divers liquides de l'organisme pendant la compression, repasse à l'état libre au moment de la décompression, distendant les capillaires et les traversant pour se répandre dans les mailles du tissu cellulaire, en formant dans le réseau capillaire de la moelle épinière des obstructions par embolie gazeuse, qui produisent des paralysies plus ou moins graves, par ischémie passagère ou ramollissement de la moelle.

D'après P. Bert, ce serait dans les extrémités des artères que se produisent les obstructions. D'après d'autres (Merget), au contraire, les bulles gazeuses se dégagent de tous les liquides interstitiels au sein même des tissus. En etfet, Merget admet qu'il existe dans nos tissus des atmosphères gazeuses alimentées par les gaz du sang, et servant de milieu de diffusion pour les échanges respiratoires, de la môme lagon ((ue le

milieu atmosphéricjue se comporte vis-à-vis de la respiration pulmonaire.

Voici, à ce propos, les conclusions de la thèse de Gassaët, élève de Merget (Bordeaux, 1886) : 1" Pendant la compression, les gaz que le sang a pris en charge diffusent dans les atmosphères gazeuses tissulaires jusqu'à ce que leur tension soit égale à celle de l'air comprimé : de cet équilibre dépend 1' « immijinité ». 2° Pendant la décompression, l'équilibre étant rompu, les atmosphères des tissus ayant une tension supérieure à celle de l'air (qui était comprimé mais qui est revenu à la pression normale), augmentent de volume, font effort contre les tissus qui les environnent et produisent des accidents, soit en dilacérant ces tissus, soit en produisant des bulles gazeuses intra-vasculaires. 3'' Les accidents semblent avoir une gravité mécanique en raison directe de la richesse de l'organe en tissu « lamineux » et de la laxité de ce tissu ; la nature de l'organe aussi a son importance (moelle épinière, etc.). Si la décompression se fait lentement, les gaz mis en liberté sont éliminés très rapidement par les poumons. '

Ainsi donc, les accidents de décompression d'origine centrale sont la conséquence de troubles fonctionnels ou de lésions organiques, provoqués dans les centres nerveux par accumulation de bulles de gaz oblitérant les capillaires par le mécanisme de l'embolie, ou produisant des extravasations sanguines : congestion ou apoplexie cérébrales bulbaires, médullaires, par ischémie, avec ou sans ramollissement, avec ou sans lésions pulmonaires, avec paralysie ou paraplégie, transitoires ou définitives, suivant que l'irrigation sanguine des territoires frappés d'embolie reprend plus ou moins vite son cours.

Dans sa thèse sur l'hémalomyélie (Lyon, 1900), Jean Lépine rapporte ses expériences sur les effets de la décompression chez le lapin : embolies gazeuses, distension des vaisseaux par dégagement des gaz du sang et afllux du sang abdominal, ruptures vasculaires, infarctus hémorragiques (accoutumance possible).

Les accidents d'origine périphérique sont dus soit aux changements de volume des masses gazeuses contenues dans certaines cavités communiquant avec l'extérieur (oreille moyenne, tube digestif), soit au dégagement des gaz dissous dans les liquides renfermés au sein de nos tissus, avec extravasation ou expansion secondaire de ces gaz au milieu des mailles du tissu cellulaire, dans les interstices du tissu musculaire et des systèmes articulaires. Les gaz faisant irruption dans les mailles du tissu cellulaire, déchirant ces mailles, les filets nerveux, les fibres musculaires, expliquent les douleurs superficielles et profondes. La rupture d'équilibre entre l'air de la caisse et celui du conduit auditif, refoulant le tympan au dehors, et comprimant par le trou ovale les liquides de l'oreille interne, expliquent les troubles labyrinthiques vertigineux. La pression excentrique exercée par les gaz intestinaux (en cas de décompression brusque), sur les viscères abdominaux, les parois viscérales, le diaphragme, les poumons et le cœur, expliquent certaines autres formes (nausées, dyspnée, angoisse).

Après celles de P. Bert, les expériences de Haldan et Boycott ont montré que l'oxygène trop comprimé (12 kg., 5 atmosphères) devenait toxique (convulsivant).

Les facteurs de gravité sont dus au degré de pression, à sa durée et sur- J:out à la rapidité de décompression.

La pression de l'air, dans les différents travaux à l'air comprimé,

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varie entre 2 et 4 atmosphères : une pression de 5 atmosphères commence à devenir dangereuse (P. Bert); une pression de 3 atmosphères ^est déjà dangereuse, si la décompression est trop rapide (il faut la prolonger de douze à quinze minutes par atmosphère).

Si les accidents sont plus graves chez les scaphandriers, c'est qu'ils plongent quelquefois à 50 ou 55 m. (72 m. dans un cas de Bondet et Piéry), tandis que les tubistes ne travaillent guère à plus de 25 m. de profondeur (fonçage des piles de pont). Une campagne de pêche d'épongés, par exemple, durant six mois, sur 12 pêcheurs formant l'équipe d'un bateau, 4 en moyenne ont des accidents nerveux (hématomyélie, etc.), dont 2 meurent (surtout à la fin de la campagne).

Parmi les appareils de travail à Vair comprimé^ l'ancienne cloche à plongeur est aujoiircriiui abandonnée. On emploie surtout : les caissons ou tubes du système Triger pour le fonçage des piles de pont, la construction des quais, le forage des puits, etc. ; et les scaphandres pour Tinspection et la réparation des navires, la construction des jetées, l'exploration du fond des eaux, la pêche des perles (Ceylan), des éponges (Archipel grec), du corail (Algérie, Tunisie), de l'ambre (côtes de la Baltique, etc.).

Les caissons ou tubes^ inventés en 1839 par l'ingénieur français Triger, refoulent l'eau périphériquement par l'air comprimé, et permettent aux ouvriers de travailler à sec ; ils ont été perfectionnés depuis; l'appareil le plus employé est celui du système H. Hersent.

L'entrée dans l'appareil, l'enlèvement des déblais, la sortie de l'appareil exigent une grande attention, dans la manœuvre (éclusage) des portes ou des robinets (robinet spécial de Volontat) destinés à établir ou à interrompre les communications avec l'air atmosphérique ou avec l'air comprimé : le chef d'équipe est chargé de cette manœuvre.

Quant aux scaphandres, les premiers employés se composaient simplement d'un réservoir d'air comprimé en forme de casque, communiquant par un tuyau avec une pompa foulante, et évacuant l'air vicié par un robinet spécial; la différence de température ainsi produite entre la tête et le corps (plongé dans l'eau froide) était un danger : d'où la nécessité d'un revêtement permettant l'accès de l'air com})rimé sur toute la surface du corps.

Le scaphandre Cabirol comprend deux parties essentielles : 1° le revêtement du corps et de la tête ; 2" une pompe installée à terre ou à bord d'un bateau, et envoyant l'air respirable. ,

Le casque est muni de quatre glaces, une médiane circulaire,

deux latérales elliptiques, une sui)érieure elli[)ti([ne : en face de la bouche, au-dessous de la glace de face, est une soupape, robinet ou sifflet, permettant d'évacuer Tair superflu, ou de faire pénétrer Tair dans le vêtement pour permettre au plongeur de remonter rapidement à la surface; en arrière du casque se trouvent l'arrivée de la conduite d'air de la pompe et la soupapepour l'expulsion de l'air expiré. Une pèlerine métallique avec vêtement caoutchouté, hermétiquement fermée, une ceinture avec corde complètent le vêtement. Cet appareil a l'inconvénient d'être peu commode, d'exposer à des à-coups de pression, etc. Le scaphandre Buchanan- Gordon est également trop lourd et trop gros.

Dans l'appareil Bouquayrol et Denayrouse, un réservoir-régulateur permet au })longeur (qui le porte sur le dos) de respirer toujours la quantité d'air nécessaire, sous une pression constante; le casque est remplacé par un pince-nez et par un ferme-bouche fixé à l'extrémité du tuyau de respiration communiquant avec le réservoir-régulateur, et muni lui-même d'une soupape d'expiration. Des semelles en fonte de 8 kg. assurent la stabilité au fond de l'eau.

Si le séjour dans l'eau doit être de plusieurs heures, un vêtement spécial est nécessaire, et il faut protéger les yeux. Dans ce but, Denayrouse ajoute à son appareil un demi-masque et un vêlement caoutchouté, dans lequel l'air expiré peut être envoyé pour permettre au plongeur de monter ou de descendre à son gré. D'après une récente commission anglaise, les jambes doivent être lacées. Une pompe à air spéciale envoie aux poumons de Tair non échauffé. L'adaptation d'un microphone assure au mieux la communication avec les ouvriers surveillant le travail du dehors.

c) Prophylaxie. — Les précautions suivantes (en dehors des soins apportés au mouvement des robinets, des portes, de la pompe, etc.) sont nécessaires.

1° Choix et surveillance des ouvriers. — On saura que l'âge le plus favorable est de vingt-cinq à trente-cinq ans. On éliminera les bronchiteux, cardiaques, arlérioscléreux, arthritiques, rhumatisants, goutteux, anémiques, neurasthéniques, et les convalescents. Les ouvriers choisis devront éviter tout excès, et notamment l'alcoolisme ; tout homme ivre ou en période de digestion sera écarté. On instruira les ouvriers (scaphandriers surtout) des dangers qu'ils courent, des moyens d'y remédier; on commencera par les admettre à travailler sous des pressions peu élevées. La vitesse de compression doit être de quatre minutes par kg. (Langlois).

2° Durée du séjour dans Vair comprimé. — Elle doit être d'aillant moindre que la pression est plus grande, et la période de repos doit au moins égaler celle de travail. Dans les caissons, la durée du travail n'excédera pas huit heures (2 fois quatre heures) jusqu'à quinze mètres de profondeur, six heures entre cinq et vingt mètres, quatre heures entre vingt et trente. En ce qui concerne les plongeurs^ Gatsaras a fixé : une heure entre quinze et vingt-cinq mètres, un quart d'heure entre vingt-cinq et trente-cinq, dix minutes entre trente-cinq et quarante-deux, cinq minutes entre quarante-deux et quarante-sept, trois minutes entre quarante-six et cinquante, une minute entre cinquante et cinquantequatre, à cause de la toxicité que présente pour le sang l'oxygène (P. Bert), sous l'influence de Fexcès de tension à partir de cinq atmosphères, ce qui conduit à refouler de l'air pauvre en 0, et à maintenir la tension de 10 aux environs de quarante, dans ces conditions, et à renouveler l'air des tubes, pour éviter l'accumulation de GO- et GO. Pour éviter les petits accidents de compression (tympan), fermer la bouche en pinçant le nez et souffler fortement, ou bien faire plusieurs déglutitions.

3° Réglage de la décompression. — Elle doit être lente, uniforme, graduellement diminuée avec le nombre d'atmosphères : dix minutes par kilogramme au-dessous de 2 kg., quinze minutes entre 2 et 3 kg., vingt minutes au-dessus de 3 (on peut ramener assez vite la pression à la moitié de son chiffre initial, pour la diminuer ensuite très lentement). D'après une commission anglaise nommée par l'Amirauté britannique en 1905, les scaphandriers peuvent descendre aussi vite que la pression le permet, mais remonter d'environ 9 m. par minute et s'arrêter à chaque halte sans cesser les mouvements des bras et des jambes. En somme la sortie doit être d'autant plus lente que la profondeur atteinte a été plus grande. En général, les ouvriers impatients de sortir décompriment trop vite.

4° Soins à dominer à la sortie. — Ils sont très importants (sortie du sas pour les tubistes, retour à la surface pour les scaphandriers). Il faut éviter toute cause extérieure de refroidissement immédiat (frissons), et pour cela disposer de chambres ou étuves chauffées (électriquement) pour le changement de vêlements, de couvertures de laine, de gants de crin pour frictions sèches.^ de boissons stimulantes, de bains de vapeur au besoin, car il faut surtout activer la circulation })ériphérique. En cas d'acci-

dents graves (les inhalations d'oxygène paraissent pen logiques en dehors de Tasphyxie), il faut, d'après P. Berl, reconiprimer immédiatement une atmosphère pauvre en oxygène : il faut donc disposer d'une étuve de recompression })Our les travaux au-dessus de 2 kg. ; avoir une chambre de repos sur le chantier et le casernement des ouvriers à proximité du chantier ])our les travaux sous pression supérieure à 2 kg. (Langlois.)

d) Législation. — Le décret du 15 décembre 1908 prescrit, dans les chantiers de travaux à l'air comprimé, des mesures particulières qui s'ajoutent aux mesures générales de protection et de salubrité édictées par le décret du 29 novembre 190U. Il exige un certificat médical d'aptitude renouvelé mensuellement; examen médical de tout ouvrier soudrant du nez, de la gorge ou des oreilles; registre des constatations médicales tenu à la disposition de l'Inspection. Introduction des seules « boissons hygiéniques ». Éloignement pendant vingt-quatre heures de tout ouvrier en état d'ébriété. Règles très précises imposées à la compression et à la décompression. Hauteur minima de la chambre : 1 m. 80. Volume minime d'air envoyé dans la chambre : 40 m^ par homme. Teneur maxima en acide carbonique : 1 p. 1000. Évacuation immédiate, si l'envoi d'air se trouve arrêté. Conditions imposées aux écluses, aux portes et tampons de fermeture, qui doivent s'ouvrir du côté de la plus forte pr(;ssion. Emploi du téléphone. Éclairage électrique. Appareils de secours pour remonter les ouvriers défaillants. Soupapes automatiques empêcliant les reflux accidentels d'air vers l'extérieur. Boîte de secours et oxygène. Infirmerie-baraque de repos. Chambre de recompression, dans les chantiers opérant au-dessus de 2 kilogr. Vérification hebdomadaire des appareils; affichage du décret, des soins à prendre et de l'avis (arrêté du 28 décembre 1908) concernant la durée du travail (de huit à quatre heures par jour, suivant la pression). Remarquons que ces durées de séjour sont simplement conseillées et non imposées aux entrepreneurs, car un règlement d'administration publique ne peut faire échec à la loi qui fixe la durée du travail. (Voir chap. xxviii, p. 460. Protection légale.)

(NOSOCONIOSES)

Les Industries à poussières sont très nombreuses. La quantité de poussière capable de rester en suspension dans l'air (un quart d'heure et plus : Cornet, Flùgge, Kûss), ou d'être disséminée parfois très loin, varie naturellement beaucoup.

Un ouvrier absorbe, en dix heures de travail, en particules minérales ou végétales, 10 cg. dans une scierie, 12 dans une fonderie de fer, 1 gT. 08 dans un atelier de broyage des phosphates, 1 gr. 12 dans une fabrique de ciment où un m. c. d'air contient 224 mg. de poussière. Le dépoussiérage peut réduire au moins de 1/4 les poussières organisées (38 000 000 de germes dans un atelier d'épuration de duvets et plumes).

Outre les inconvénients des poussières dans la fabrication industrielle (usure des machines, « puces » dans Targenture des glaces, etc.), les poussières sont dangereuses par leur inflammabilité (Courrières, Liévin) : portés à une certaine température, les grains fins constituent un véritable explosif (Berthelot,Taffanel).

■Surtout, elles peuvent pénétrer dans V organisme par les diverses voies d'absorption (mains sales), obstruer les pores de la peau (les genoux de certains ouvriers manipulant le plomb brunissent dans un bain de Barèges), agir superficiellement ou profondément de façon mécanique, chimique, biologique (voyez fumée, p. 284). ^

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