Filtre à poussières (coupe schématique
c) Protection individuelle de iouvrier. — Elle est réalisée par les : gants, lunettes^ masques, etc.
Le masque en toile métallique à mailles étroites, simple treillis protecteur maintenu sur le front par la coiffure, comme l'emploient les cantonniers et les casseurs de cailloux, agit à la façon des lunettes et sert surtout à protéger les yeux.
Les Respirateurs ou masques Préservateurs des poussières (fig. 116) méritent une mention spéciale :
Le premier masque fut inventé par Gosse, de Genève : c'était une éponge mouillée destinée à préserver les ouvriers chapeliers sécréteurs des poussières mercurielles dégagées pendant le secrélage et Véjarrage des peaux. Ce masque est très chaud et se nettoie difficilement. Aussi fut-il remplacé plus lard par un morceau de laine, de mousseline, d'ouate ou de loile métallique à mailles très serrées. Un voile de batiste de soie monté sur bâti de fils de fer, entouré de tube de caoutchouc se moulant sur le visage, fut employé à la Ferté-sous-Jouarre, chez les ouvriers en meubles.
On a construit des masques à double treillis métallique avec interposition de tissu poreux (éponge, étoupe, ouate, étoffe pelucheuse) : tel le masque Camus (éponge) en usage dans les fabriques de sels de plomb (céruse, acétate de plomb). Ce masque a les mêmes inconvénients que celui de Gosse. Dans le respirateur Lœb, employé en Allemngne, l'éponge ne
Fig. 116. — Lunettes et masque préservateurs de poussière (Simmelbauer).
recouvre pas tout le visage et est reportée en avant, ce qui diminue la chaleur. Dans certains masques, on substitue à l'éponge une étoile pelucheuse qui doit être souvent humectée.
Mais pour éviter l'échaulTement de l'air et de la chambre liltrante, il est nécessaire de séparer les deux courants, inspirateur et expirateur, d'oii l'invention du Respirateur Paris (fabricant d'émaux à Bercy). En avant du masque, qui a la forme d'une calotte, se trouve une cage métallique divisée en deux compartiments, l'un muni de soupape s'ouvrant de dehors en dedans pour l'air inspiré, et l'autre avec soupape s'ouvrant de dedans en dehors pour l'air expiré; la substance liltrante est constituée par un tissu pelucheux mouillé. Ce masque peut servir contre les vapeurs délétères et les gaz méphitiques, grâce à un tube plus ou moins long adapté à la chambre d'aspiration. Très analogue est l'appareil Léard ou Bespirol, masque ou capuchon imperméable, laissant derrière lui, au-devant de la figure, un espace libre: devant la bouche est un cylindre (respirol) muni de quatre soupapes en caoutchouc, dont deux latérales inspiratrices et deux verticales expiratrices ; il communique avec l'air par une tubulure et une crépine à trous où l'air iiltre sur du coton. Vouate constitue en effet un excellent filtre contre les poussières; le fait a été démontré depuis longtemps (expérience de Tyndall) : on l'applique tous les jours en bactériologie pour l'oblitération des récipients. D'oii, la construction du masque de Guéneau de Mussy, destiné aux infirmiers pratiquant le balayage. Le respirateur WolJJ'se compose d'ouate et de gaze fine.
Un autre moyen d'éviter réchauffement du masque consiste à interposer une chambre à air entre le visage et la couche filtrante. Dans le respirateur Layet, à double compartiment, la chambre à air, assez vaste, est munie d'ouvertures à soupape pour l'air expiré, formée de très fines lames métalliques et directement appliquée sur le visage : la chambre filtrante, placée en avant, est composée de deux treillis métalliques dont l'intérieur est mobile : entre les deux se place la substance filtrante, ouate ou bourre de laine, pouvant s'humecter et se renouveler facilement : l'air expiré ne traversant plus la couche filtrante pour s'évacuer au dehors, il ne se produit plus d'échauff'ement. C'est sur le même principe qu'est basé le respirateur Henrot (de Reims); la substance filtrante est l'ouate, qu'on peut imprégner de liquide neutralisant ou antiseptique.
4° Législation. — Les prescriptions réglementaires dirigées contre les nosoconioses sont édictées par l'art. 6 des décrets du 2.9 novembre lOO^f et 10 juillet 1913, lesquels visent les poussières en général. Quant aux poussières toxiques ou infectieuses, elles sont, en outre, visées par des règlements spéciaux (voy. saturnisme, charbon professionnel, etc.). Le décret du 10 juillet 1913 exige que toutes les poussières soient « évacuées directement au dehors des locaux de travail, au fur et à mesure de leur production ». 11 prescrit des hottes avec cheminées d'appel ou tout autre appareil d'élimination efficace pour les poussières légères. Il dispose que pour les poussières déterminées par les meules, les batteurs, les broyeurs ou tous autres appareils mécaniques, « il sera installé, autour des appareils, des tambours en communication avec une ventilation aspirante énergique ». En outre, lorsqu'il s'agit de « matières irritantes ou toxiques >»^ le même article G exige que les opérations poussiéreuses telles que pulvérisation, tamisage, cmbarrillage, soient faites mécaniquement en appareils clos.