CHAPITRE XXV
Les causes d'insalubrité y sont nombreuses : absence de lumière solaire, chaleur humide dépassant parfois 30° et augmentant de l^ par 30 m. de profondeur, diminution d'oxygène, présence d'acide carbonique et d'oxyde de carbone, etc.
1° Maladies des mineurs. — Pourtant, les mineurs ne sont pas très souvent tuberculeux : leur phtisie professionnelle est une broncho-pneumonie chronique anthracosique (p. 430); l'anémie des mineurs s'explique presque toujours par Vankylostomiase (p. 634). Le travail dans l'usine, sous l'influence des efforts d'accommodation, peut produire à la longue des troubles oculaires, notamment du nystagmus paroxystique parfois accompagné de vertiges.
2° Le grisou. — Les accidents les plus graves du travail dans les mines (de houille) sont ceux dus aux explosions de grisou : brûlures superficielles (le grisou lèche les tissus), dyspnée progressive allant jusqu'à la mort, par asphyxie oxycarbonée, parfois quinze à vingt heures après l'accident. Le grisou est un mélange de gaz (hydrogène protocarboné surtout, inflammable et explosible lorsqu'il se mêle à l'air en de certaines proportions :8 p. 100). Il se dégage tantôt par suintement lent, tantôt en jet brusque (soufflard).
Les poussières charbonneuses aggravent les explosions, que favorise Tinsuffisance de ventilation. La principale cause d'explosion (en dehors des coups de mine, ou de la présence de fumeurs) est la lampe à feu nu, ou même une lampe à toile métallique ouverte, mal fermée ou devenue défectueuse, ou laissant passer la flamme au dehors sous l'influence d'un courant d'air.
La prophylaxie du coup de grisou consiste surtout à ventiler et lutter contre les poussières (coup de mine). Des foyers d'aérage, des ventilateurs mécaniques (cloches hydrauliques,
machines à pistons) permettent de suppléer à l'insuffisance de l'aération naturelle; le cheminement parallèle d'un courant d'air et d'un courant de grisou doit être soigneusement évité.
L'emploi de matières agglutinantes ou hygroscopiques (Belgique) empêche en partie la formation de poussières; l'arrosage (Westphalie) a Finconvénient de favoriser la pullulation de l'ankylostome.
Les ouvriers doivent avoir à leur disposition des lampes Davy perfectionnées (Gom])es, Mueseler, Marsant, Wolf, fig. 117, Fumât, Cotte), des appareils respirateurs (voir p. 434) permettant les travaux de sauvetage,
et connaître le traitement de l'asphyxie. Ils doivent connaître aussi les signes de la présence du grisou (élargissement de la flamme de la lampe); des appareils révélateurs, tels que le grisoumètre de Gréhant, sont basés sur l'incandescence d'un fil de platine traversé par un courant électrique.
Les lampes de sûreté les plus employées (dans le Pas-de-Calais) sont les lampes Wolf à benzine (83 p. 100), les lampes Fumât à benzine ou à l'huile et les lampes Marsant à huile (12 p. 100), et les lampes électriques Cotte (3 p. 100).
Fig. 117. — Mineur avec sa lampe de sûreté Wolf. (Cliché Quentin, Arras.)