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IV. — HYDRARGYRISME

L'hydrargyrisme est Tintoxication par le mercure ou ses composés.

1° Symptômes. — L'intoxication chronique seule nous arrêtera.

Dans une période prodromique, on constate chez l'ouvrier des contractures des muscles de la face, des troubles digestifs : anorexie, mauvaises digestions, amaigrissement. Parfois, on constate des troubles psychiques, un changement de caractère.

Puis, s'installe l'Iiydrargyrismc confirmé, caractérisé par la stomatite, des troubles nerveux (tremblement), la cachexie mercurielle.

La stomatite mercurielle est bien connae : ulcération des gencives, chute des dents, parfois nécrose des maxillaires, ptyalisme putride empêchent l'alimentation et hâtent la cachexie.

Les troubles nerveux consistent en paralysies partielles, incomplètes et en contractures douloureuses (calembres). Ces manifestations nerveuses sont plutôt rares. Au contraire, le tremblement mercuriel est presque constant et constitue souvent l'unique symptôme; il i)araît être surtout l'apanage de lintoxicalion par les vapeurs mercurielles. Ce tremblement débute par des secousses musculaires de la face, puis il envahit les mains, les membres supérieurs et enfin les membres inférieurs. D'abord, il n'apparaît qu'à l'occasion de mouvements, à la suite d'émotions, d'influences extérieures. Plus tard, le tremblement s'installe en permanence, il ne disparaît plus au repos; le malade est alors atteint d'une véritable impotence fonctionnelle et parfois privé de sommeil. On a signalé aussi des troubles de l'intelligence : troubles psychiques du

début, vertiges, hallucinations, démence, pseudo-paralysie générale, hystérie mercurielle.

La cachexie mercurielle se signale par de Tanémie avec face bouffie, pâle, terreuse; des œdèmes: soif ardente, inappétence absolue, vomissements, diarrhée dysentériforme, néphrite, etc., alfaiblissement graduel de l'ouvrier qui finit par succomber, souvent par affection intercurrente, très souvent par tuberculose (phtisie hydrargyrique, 71 p. 100, d'après Rûssmaul).

2° Étiologie. — Trois voies d'absorption : peau (frictions), appareil digestif (mains sales, aliments souillés), appareil respiratoire. Le poison est absorbé sous forme de poussières ou de vapeurs, que le mercure émet à toute température (Exp. de Merget) ; les vapeurs émises à chaud sont les plus nocives.

Elimination parla salive, les sécrétions intestinales. Pair expiré, le lait (traitement de nourrissons syphilitiques). Comme pour le plomb, Félimination est excessivement lente; le mercure s'accumule (Voit) ; riodure de potassium est un bon dissolvant des sels mercuriques par formation d'iodures doubles (expérience in vitro).

Les plus faibles, les enfants, les femmes^, les malingres, les tarés, les alcooliques, les femmes enceintes, les mal alimentés, les malpropres, les porteurs de mauvaise dentition sont atteints les premiers et le plus gravement. C'est la loi générale qui régit la nosologie industrielle; ce sont là questions de terrain, résistance du sujet, prédisposition, hygiène individuelle.

Lesindustries exposées à Thydrargyrisme sont peu nombreuses : métallurgie du mercure, étamage des glaces (presque complètement remplacé aujourd'hui par l'argenture), dorure et argenture au mercure, traitement des cendres dorfèvre, construction des appareils de physique et des lampes à incandescence, bronzage, damasquinage, chapellerie et couperies de poils de lapin (secrétage à l'aide de sels de mercure).

3° Prophylaxie. — Soins de propreté; guerre aux vapeurs et aux poussières; suppression des contacts de l'ouvrier avec les matières toxiques. Telles sont les précautions nécessaires dans toutes les industries du mercure, et, en particulier, dans les couperies de poils, où elles sont imposées par le décret ci-dessous.

4° Législation. — Le décret da 2 juin 1911 a pour but de prémunir les ouvriers coupeurs de poils contre les dangers du nitrate de mercure

\. Ce qui justifie les interdictions édictées par le décret du 13 mai 1893 (chap. Protection légale).

(secret); accessoirement, il vise aussi les dég-agements de vapeurs nitreuses. Voici ses principales prescriptions : Interdiction d'entreposer des peaux et déchets dans les locaux de travail. Préparation du nitrate de mercure (secret) sans exposer l'ouvrier aux vapeurs nitreuses. Imperméabilisation permettant des lavag(!s hebdomadaires des murs, du sol, des tables. Évacuation par canalisation fermée, captation des liquides. Etuves de secrétage ne dégageant ni gaz, ni vapeurs, ni poussières. Brossage des peaux sécrétées, coupage et soufflerie des poils en appareils clos. Blouses et couvre-téte. Protection des bras et des mains par un tissu ou un enduit spécial. Vestiaires abrités des vapeurs et poussières. Lavabos avec savon. Certiticat médical à l'embauchage de l'ouvrier, certiOcat médical d'aptitude renouvelé trimestriellement. Registre médical tenu à la disposition des inspecteurs du travail, affichage de l'adresse du médecin, du présent décret, des dangers de l'hydrargyrisme, des soins à prendre.

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