V. — SULFOCARBONISME PROFESSIONNEL
Le sulfure de carbone est toxique (Delpecli, 1856), mais surtout par ses impuretés (Dujardin-Beaumetz) : H'-S, H^C. L'ivresse sulfocarbonique mise à part, Tintoxication est surtout chronique, et se traduit par des symptômes nerveux souvent hystériformes (Charcot) : parésies, troubles sensitifs et oculaires, troubles psychiques (Marandon de JVIontyel) el génitaux, troubles locaux (mélanodermie, conjonctivite); après une période d'excitation, la dépression domine (Layet). On ne connaît pas de cas mortel.
1° Étiologie et Pathogénie. — Le sulfocarbonisme est surtout observé chez les ouvriers fabriquant le CS'^^ ou vulcanisant le caoutchouc (ouvriers travaillant à domicile), etc. On Ta signalé chez des bourreliers se servant d'une colle au sulfure de carbone (Briau). L'amblyopie grave, par névrile rétro-bulbaire, souvent attribuée au GS^, devrait être parfois mise sur le compte de Valcoolisme concomitant (Haas et Heim).
Dans les expériences de Poincaré, GS- adonné surtout de la paralysie (1879). Le poison attaque la vitalité de l'hémoglobine du globule rouge. Absorbé surtout par la respiration , mais aussi par les téguments (Heim), il s'élimine très lentement par l'urine (précipité brun noir par la liqueur de Fehling légèrement chauflée), par le poumon et la sueur. Il est toxique à la dose de 1/2 à 1 p. 1 000 dans l'atmosphère.
^'^ Prophylaxie. — Choix et surveillance des ouvriers (éviction des alcooliques et névropathes). Aération de Tatelier. Hygiène générale. Employer GS^ aussi peu que possible : on le remplace
par un produit moins toxique (mélange de soufre et de chaux pour vulcaniser le caoutchouc).
3° Législation. — « Pour les gaz lourds, tels que vapeurs de mercure, de sulfure de carbone, la ventilation aura lieu per descensum : les tables ou appareils de travail seront mis en communication directe avec le ventilateur. » {Art. 6 du Décret du 29 novembre i90U.)