‹ Précis d'hygiène (volume 2)Chapitre 149 sur 267 · LE SOL · texte numérisé non relu

LE SOL

qui, vivant normalement dans le milieu intestinal, sont rejetés sur le sol où ils collaborent au processus de putréfaction.

D'autres, considérés comme pathogènes stricts, spécifiques, le bacille du tétanos, le vibrion sepliqiie, la bactéridie charbonneuse, vivent normalement dans le sol et s'y multiplient indéfiniment, sans exiger l'intervention du malade. C'est du sol qu'ils partent pour créer la maladie.

11 est enfin un groupe que l'on peut trouver dans le sol, mais accidentellement, parce qu'ils y ont été déposés par le malade : B. du choléra, de la fièvre typhoïde, de la dysenterie, de la tuberculose, etc. Par l'intermédiaire de l'eau ou de la poussière, le sol peut dès lors provoquer l'apparition de la maladie. Mais, ce pouvoir infectant du sol est assez limité, soit (\ue ces microbes aient, eux-mêmes, en dehors du malade, une existence relativement courte, soit qu'ils retournent à leur état saprophytique. Ce dernier fait nous explique la présence du bacille cholérique ou typhique dans le sol, en dehors de toute souillure récente.

2° Rôle du sol dans la production des maladies. — Les microbes pathogènes du sol sont les propagateurs d'un grand nombre de maladies infectieuses. Il suffit de rappeler l'existence des champs maudits de la Beauce, où le charbon faisait, avant la vaccination, de si grands ravages dans les troupeaux qui y paissaient, grâce aux vers de terre qui apportaient, à la surface, les spores des cadavres charbonneux enfouis (Pasteur). On sait que presque tous les cas de tétanos humain compliquent des plaies souillées de terre (p. 6G1). Pour Pettenkofer, les oscillations de la nappe souterraine exerceraient une grande influence sur les épidémies, spécialement de choléra (p. 671).

Le sol joue aussi un rôle important dans les épidémies de paludisme, de fièvre jaune. On sait aujourd'hui que le sol agit simplement en favorisant Téclosion des moustiques propagateurs (voir p. 478).

Enfin, le rôle du sol est important, par l'inhalation de poussières, chargées de microbes pathogènes. Le danger des poussières bacillifères est démontré pour la tuberculose (p. 707); il est vraisemblable pour la transmission de la diphtérie (p. 589), de la fièvre typhoïde (p. 551); on a signalé, en effet, des épidémies de dothiénentérie sur des troupes ayant manœuvré sur un sol antérieurement souillé par l'épandage de vidange.

Le sol a donc une importance étiologique de premier ordre, moindre cependant que celle qu'on lui attribuait autrefois. Les maladies telluriques ont, presque toutes, été expliquées autrement que par l'influence directe du sol.

Page 1