LA LEPRE
4° L internement à la léfroserie nesl pas obligatoire, si les malades se conforment aux prescriptions, ci-dessus énoncées.
5*^ Les unions entre lépreux sont permises^ à condition ([ue les enfants soient, dès leur naissance, soustraits à la contagion familiale. Les enfants des lépreux sont admis dans les écoles, mais ils sont Tobjet d'une surveillance spéciale.
Ces mesures ont été suffisantes, non seulement pour empêcher la progression du (léau, mais pour le faire diminuer considérablement. Lorsqu'elles ont été prises, en 1856, par le gouvernement norvégien, le recensement accusait 2 833 malades. En 1907, leur nombre était tombé à 438.
L'organisation norvégienne de la lutte antilépreuse peut servir de modèle.
b) La plupart des pays civilisés, ceux qui ont été colonisés i)ar la race anglo-saxonne, en particulier, ont compris Timpérieuse nécessité de se protéger contre le fléau.
Les « Acts » de la Nouvelle-Galles-du Sud (1890) et du Queensland (1892) imposent, sous des sanctions très sévères, la déclaration obligatoire de tous les cas de lèpre et Tisolement immédiat et rigoureux des lépreux.
Les États-Unis repoussent impitoyablement les lépreux qui tenteraient de s'introduire sur leur territoire.
En 1898, un paragraphe ajouté aux règlements de quarantaine du Canada oblige le navire qui a amené un lépreux à le reprendre à son départ.
En France, les lépreux peuvent entrer librement et y vivre sans être inquiétés. Jeanselme a raconté, il y a quelques années, l'histoire d'un israéhte qui parcourait les routes de France pour vendre sa pacotille, et J. Gourmont, l'odyssée d'un chemineau alleiiit de rhinite lépreuse, qui expulsait des bacilles, en quantité formidable.
c) Il est urgent, devant l'apport incessant de lèpre exotique que nous signalions plus haut, qu'une surveillance sanitaire discrète soit organisée. La lèpre devrait être inscrite au nombre des maladies, dont la déclaration est obligatoire. Les lépreux devraient être surveillés, exclus des écoles et écartés de l'exercice de certaines professions. On devrait hospitaliser obligatoirement les lépreux, mendiants et indigents; on devrait, enfin, provoquer une entente avec les pays à lèpre, en vue de prévenir l'afflux des lépreux étrangers en France. Ce seraient là les mesures propres à combattre le danger, qui, sans être très grand pour nous, est réel.
CouHMONT. — Précis d'Hygiène. 39