CHAPITRE XLVIII POLIOMYÉLITE AIGUË
La poliomyélite aiguë (paralysie infantile^ paralysie spinale aiguë de Vadulte] est une affection contagieuse, caractérisée par des lésions des cornes antérieures de la moelle.
1° Particularités cliniques. Gravité. — Incubation variable. Période aiguë fébrile, avec paralysies plus ou moins généralisées, suivie d'atrophies partielles chroniques.
Formes abortives fréquentes.
Plus fréquente chez les enfants, surtout avant douze ans.
Gravité plus grande chez Tadulte, où la mortalité est d'environ 12 p. 100.
2° Étiologie. Épidémiologie . — Maladie de Vété et de Vautomne. Bien étudiée en Suède et Norvège par Heine (1850), puis par Medin (1887) qui reconnaît son caractère épidérnique. En 1888, S. Cordier, de Lyon, insiste sur cette épidémicité. De même, jNetter (1909). On Tétudiait, en même temps, en Allemagne, en Angleterre, en Itahe, en Australie et surtout dans TAmérique du Nord. Les épidémies procèdent par foyers, par groupes de maisons.
La mdldidie esi contagieuse (Wickman, Netter), surtout d'homme à homme {contagion directe) par les cas frustes, par les porteurs sains de germes infectieux ; la contagion indirecte paraît possible (lait, objets, locaux, terre). Il semble en effet que des enfants ont pu se contaminer par le sable sur lequel ils jouaient; on a cité des cordonniers, infectés par des souliers. Pour Flexner et Clark (1911), les mouches pourraient propager la maladie.
Le virus appartient à la classe des virus filtrants (microbes invisibles, p. 476). 11 est inoculable au singe dans le cerveau et dans le péritoine (Landsteiner, Popper et Levaditi, Flexner et Lewis) ; Fincubation expérimentale dure en moyenne une semaine; l'immunité survient au bout d'un mois.
Le virus siège dans le système nerveux central ; il suit les voies
CouRMONT. — Précis d'Hygiène. 41.
nerveuse, sanguine, lymphatique. Il s'extériorise surtout par la salive elles produits buccaux. Il pénètre parles premières voies digestives ou respiratoires.
3*^ Prophylaxie. — Isoler le malade.
Désinfection des mouchoirs et des objets de sa chambre.
Gargarismes antiseptiques, inhalations iodées et thymolées au malade et aux personnes de Tentourage (comme pour la méningite cérébro-spinale, p. 596).
Éloigner les enfants, les personnes nerveuses, ne laisser approcher le malade (période aiguë) que par les personnes utiles au traitement. Se méfier des parents, des personnes qui approchent le malade (porteurs de germes).
Éviter la contamination par la terre (souliers). Faire bouillir le lait. Détruire les mouches.
Ne figure pas (à tort) sur la liste des maladies à déclaration obligatoire.