CHAPITRE LVII
L'hygiène internationale a pour but d'empêcher la propagation des maladies contagieuses, de nation à nation, en particulier l'importation des maladies pestilentielles (peste, choléra, fièvre jaune).
Depuis longtemps, les nations civilisées, ayant reconnu la nécessité de se protéger contre les maladies contagieuses exotiques, ont pris des mesures sanitaires. Mais, pendant longtemps aussi, ces mesures ont conservé un caractère particulariste tel que les navires, les voyageurs, les marchandises étaient soumis, suivant les pays, aux traitements les plus divers. On comprend, dès lors, combien étaient difficiles et aléatoires les opérations commerciales et combien surtout étaient inconstants, au point de vue de la propagation des maladies, les résultats de mesures aussi différentes.
La navigation à vapeur, en rendant les relations commerciales, fréquentes et rapides, multiplia les chances de dissémination des maladies exotiques, et accentua les inconvénients, résultant de la variabilité des mesures sanitaires, suivant les pays. Cet état de choses amena les grandes nations à se concerter, au milieu du xix^ siècle, pour se soustraire à ces inconvénients et pour opposer à un danger commun une action commune efficace. Ce fut l'origine de la première conférence sanitaire internationale.
La grosse question fut celle des quarantaines. Plus on légiférait, plus les quarantaines devenaient des mesures habituelles et sévères, surtout en France, malgré la gène considérable, apportée aux voyages et au commerce par ces mesures draconiennes. Petit à petit, à mesure que l'étiologie des grandes infections était mieux connue, on s'aperçut qu'on pouvait supprimer ou atténuer les quarantaines (vexatoires et inutiles).