CHAPITRE LXI
L'alcoolisme est un des grands fléaux qui accablent riuimanité. Son étude est plus importante en France que partout ailleurs, notre pays tenant la première place dans Tordre de la consommation de Talcool.
L'attention a été attirée, en 1852, sur les dangers de la consommation exagérée de Talcool distillé par le suédois Magnus Htiss.
Sous le nom îValcoolisme nous traiterons des méfaits dus à toutes les boissons qui contiennent de Talcool, qu'ils soient le résultat de Talcool lui-même, ou celui des autres substances contenues dans ces boissons, par exemple des essences surajoutées (absinthe).
Non seulement l'alcool et les autres poisons qui l'accompagnent (essences notamment) engendrent des maladies spéciales, mais l'alcoolisme crée un terrain favorable à la tuberculose et aux diverses infections] il agit sur le système nerveux, ayant une part considérable dans i'étiologie de nombreuses maladies nerveuses^ delà folie, de la criminalité; il impressionne la descendance-, il crée le paupérisme. Une race alcoolique est une race perdue. L'alcoolisme est un péril national; c'est un fléau social.
En France, on commence à s'émouvoir. Les hygiénistes, mais aussi les économistes, les politiciens, les philanthropes, étudient les différentes faces de la question. Il est certain que ce problème est particulièrement complexe, chez nous plus que partout ailleurs; nous sommes des polybuveurs; nombreuses sont les matières premières qui servent à produire Talcool; nombreuses sont les industries qui vivent de l'alcool; importantes sont les recettes du budget provenant de l'alcool; étendus sont les privilèges de certains distillateurs. La solution est très difficile à trouver.