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HYGIÈNE DE LA PEAU. BAINS, ETC

La propreté est la base de toute hygiène^ de toute prophylaxie.

Avec la propreté, on détruit la graine (microbes, champignons, insectes, etc.) des maladies, et on fortifie le terrain (organisme).

Les peuples les plus propres sont ceux qui ont la morbidité et la mortalité les plus faibles : Anglo-Saxons, Scandinaves, Japonais (vie an grand air, sports, propreté). Mieux vaudrait, pour une nation, une instinctive et minutieuse propreté, bien entrée dans les mœurs, sans aucun service officiel de désinfection, que des services parfaitement organisés au milieu d'un peuple sale et réfractaire aux règles de l'hygiène générale.

En France, nous avons beaucoup à apprendre des peuples du Nord. Nos mœurs sont à réformer. Il faudrait enseigner la propreté dès l'école, au régiment, dans les consultations de nourrissons, à l'hôpital, etc., sans parler des campagnes à entreprendre par la presse politique, par la brochure, par la conférence. Tâchons de devenir un peuple propre.

. La propreté est un bloc. Tout se tient : propreté du corps, propreté du linge, propreté des vêtements, propreté du logis, propreté

des alimeuts, etc. La propreté individuelle, entrée dans les mœurs, rendrait bien facile la propreté collective. Nous aurons surtout en vue la propreté corporelle.

1° Historique. — Dès la plus haute antiquité, les peuples civilisés, les Égyplieiis,\)diT exemple, avaient senti le besoin de propreté corporelle. Les Grecs, si sportifs, considéraient la pratique des ablutions commeune nécessité biquotidienne; ils ne négligèrent pas pour cela la culture de l'esprit, puisque les bains publics étaient les lieux de rendez-vous des philosophes aussi bien que des athlètes.

Les Romains faisaient une place considérable aux bains froids ou chauds, aux douches, aux bains de vapeur, etc., dans leurs demeures particulières. On connaît les ruines grandioses des thermes de Caracalla, etc.

Ils construisaient pour le peuple, même en pays conquis, en Gaule, des thermes, véritables palais (ceux de Julien : musée de Cluny). Partout où les Romains ont établi leur domination, on rencontre des thermes.

On y trouvait Tapodyterium ou spoliatorium (vestiaire), le laconicum ou sudatio (étuve sèche), le vaporarium (étuve humide pour bain de vapeur), le caldarium (pour bain tiède en piscine ou en baignoire, ou pour lotions et allusions d'eau tiède), le frigidarium (piscine froide), le tepidarium (salle modérément chaulîée, pour massage, frictions, onctions avec des graisses ou des huiles parfumées).

Malgré la réaction de certains ordres religieux (Saint-Benoît), les Croisés rapportaient encore d'Orient la mode d'aller aux « étuves », d'où Ton écartait, d'ailleurs, les lépreux, même les vagabonds, et, d'abord, les filles de mauvaise vie. Malgré cette dernière interdiction, les « étuves » devinrent des lieux de rendez-vous galants, si mal famés qu'aux xvi^ et XVII* siècles, on finit par ne plus se laver, ou très peu. On se lavait pourtant la figure à l'alcool aromatisé. Puis on eut des baignoires domestiques, ou des tubs en Angleterre; on recevait dans sa salle de bains (xviii" siècle).

Enfin, au xix* siècle, les bains publics de rivière reviennent à la mode. Quant aux bains de mer, qui avaient été pratiqués à Oslie dès le siècle d'Auguste, ils ne retrouvèrent, eux non plus, la faveur qu'à la fin du xviii* siècle, en Angleterre et en Allemagne d'abord, puis chez nous.

Le peuple japonais passe pour le plus propre de tous, avec ses bains quotidiens, souvent publics, dans des baquets d'eau très chaude. Cette pratique fut continuée même pendant la campagne russo-japonaise.

Actuellement, les bains sont en grand honneur dans les pays du Nord (luxueux bains publics dans les pays Scandinaves) et trop peu répandus en France. La baignoire devrait être un objet mobilier. Tâchons de la vulgariser. Pour ceux qui ne peuvent se baigner chez eux, répandons les bains-douches.

2° Importance de la propreté de la peau. — Le nettoyage de la peau est indispensable à son bon fonctionnement.

Il la débarrasse de la matière sébacée, des sécrétions sudorales, des matières organiques et de toutes les souillures superficielles.

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Parmi celles-ci, une place à part doit être faite aux microbes de la peau, très nombreux, les uns saprophytes, les autres pathogènes (surtout pyogènes);ils sont incrustés dans les plis et dans les couches superficielles de répiderme. Il faut le lavage pour les expulser. On sait la difficulté qu'ont les chirurgiens à aseptiser leurs mains et le champ opératoire. Rien n'est difficile à nettoyer comme la peau. Ces microbes causent les complications des plaies, les furoncles, les anthrax, l'impétigo, etc.

Les insectes (poux, punaises, moustiques) piquent plus volontiers une peau sale.

En outre, la propreté de la peau est physiologiquement indispensable à la santé. On connaît les troubles profonds qui suivent la suppression des fonctions cutanées (brûlures, vernissage expérimental).

C'est que la peau est un organe éliminateur de premier ordre (toxicité de la sueur). Nos 3 000 000 de glandes sudoripares représentent comme volume la moitié d'un rein; elles sécrètent en vingt-quatre heures 1 000 à 1 300 gr. de sueur (eau, NaCl, urée, acides, 15 à 20 gr. de produits solides, soit un quart des produits solides de l'urine). En été, une trop grande sudation, surtout aqueuse, peut, il est vrai, concentrer les poisons du sang et troubler le fonctionnement des reins et de l'intestin, si la boisson ne remplace pas cette eau.

En s'évaporant, la sueur permet de lutter contre l'excès de calorique.

La peau est encore le siège d'une exhalation et d'une respiration sensibles. Sa richesse en terminaisons nerveuses sensitivo-sensorielles entretient ie fonus du système neuro-musculaire général.

3° Propreté de la peau et des muqueuses. — a) Lavage des mains. — Voilà une des plus grandes règles de Thygiène : avoir les mains propres; ne se mettre à table qu'avec les mains propres. Combien de maladies (toutes les maladies qui se contractent par ingestion) sont les maladies des mains salesl N'apprendrait-on que cela à l'école, on rendrait un immense service.

Une toilette soigneuse des mains et des ongles, des poignets et des avant-bras, est donc de rigueur plusieurs fois par jour, surtout avant le repas. L'idéal est le lavage à Veau chaude et au savon, répété au moins matin et soir, avant et après chaque repas et après tout contact salissant ou suspect (défécation : les mains sales peuvent transmettre la fièvre typhoïde). Au besoin (danger d'infection) on usera d'alcool, d'antiseptiques (sublimé à 1/1 000). Le brossage des mains et surtout des ongles sera pratiqué avec une brosse très propre. Les ongles devront être courts, et toujours très blancs. Même très propres, les mains ne devraient jamais être portées à la bouche Les gants sont indispensables pour certains ouvriers.

L'emploi des savons liquides, des savons antiseptiques est à recommander. Bien éliminer les couches superficielles si l'on se sert d'un savon d'établissement public.

La serviette individuelle est aussi de rigueur.

b) Lavage des pieds. — Seront lavés, savonnés, tous les soirs.

c) Lavage du visage. — Pour le visage, les veux, il faut en

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général proscrire IVmploi des fards, poudres, pâtes ou cosmétiques, etc. Le lavage matin et soir constitue un minimum indispensable de soin de propreté de la face.

11 serait préférable de supprimer la barbe, de se raser complètement. Le rasoir doit être piopre, car il peut inoculer un certain nombre daffections (affections parasitaires, tuberculose).

d) Soins de la bouche, des fosses nasales, du conduit auditif. — La bouche a besoin d'être lavée, les dents doivent être soigneusement brossées, au moins matin et soir, et après chaque repas. La brosse à dents (indispensable) doit être très propre, maniée énergique ment, mais dans le sens de Taxe vertical de la dent, en partant de la gencive; elle sera trempée dans de l'eau tiède aromatisée ou antiseptique (eau oxygénée, phénosalyl, menthol, etc.), et chargée de poudre ou pâte dentifrice (craie camphrée, etc.), de savon, etc.; un cure-dent en plume souple, très propre, peut être employé : Tusage d'un fil est préférable.

De fréquents gargarismes, à Teau boriquée, par exemple, permettent de compléter ces soins et de les étendre au pharynx. Toute lésior lentaire doit être traitée le plus tôt possible.

Les /osses nasales antérieures seront lavées matin et soir, et plus souvent s'il le faut, par aspiration légère d'eau salée, boriquée, ou alcoolisée (eau de Cologne), parfois à laide d'un coin de mouchoir humide, ou d'un tampon de coton.

Le cérumen doit être enlevé tous les jours du conduit auditif externe (petits tampons de coton hydrophile imbibés d'alcool, ou au moins d'eau chaude).

e) Soins du cuir chevelu. — Le cuir chevelu doit être fréquemment (tous les 8 jours au moins) lavé à Peau savonneuse, à la décoction de bois de Panama, à Talcool ou à Teau de Cologne. La plus grande propreté des peignes, brosses, tondeuses, ciseaux, et de ceux qui les manient doit être observée. Chacun devrait avoir ses instruments de toilette individuels; la moindre plaie du cuir chevelu et de la barbe doit être soigneusement traitée (adénites possibles). Les cheveux doivent être peignés et brossés matin et soir. Pour la lutte contre les parasites et leurs lentes, voir p. 665.

f) Toilette ano-génitale. — La toilette des organes génitaux est trop négligée en général. Elle doit se faire non seulement après une souillure certaine, comme le coït, mais matin et soir. Les prescriptions du Coran seraient à introduire dans nos moeurs.

Elle est facile pour Thomme, plus comphquée (mais encore

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