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Pinard demande môme trois mois, Congrès de Nantes

pour obtenir les secours de Tassistance, doit posséder un bon d'accouchement, délivré par le médecin de la consultation obstétricale. De la sorte, on est arrivé à réduire le uombie des accouchements prématurés et à diminuer la morti-natalité.

Plusieurs oeuvres d'assistance et nombre de mutualités maternelles possèdent des consultations pour femmes enceintes.

3'^' Asiles et refuges-ouvroirs. ' — Ces institutions sont destinées aux femmes ouvrières, à qui il est souvent matériellement impossible de garder le repos nécessaire avant leur accouchement et aux filles-mères qui y trouveront le réconfort moral et les moyens de mener à bien leur grossesse. On éviterait un grand nombre d'avortements criminels si Ton pouvait assurer aux filles enceintes le secret sur leur grossesse et leur accouchement.

Ces refuges doivent présenter le double caractère d'asiles et d'ouvroirs. La femme, si sa santé le permet, se livrera à un travail approprié, lui permettant quelquefois d'amasser un petit pécule, qui Taidera à sa sortie. Le refuge-ouvroir doit être également un sanatorium de la grossesse. Les chambres en seront aérées, propres et si possibles même séparées. La discrétion y sera observée, et le secret le plus absolu sera assuré.

Toute une catégorie de femmes mariées ou de filles-mères, seraient à hospitaliser durant leur grossesse : femmes enceintes malades (syphilis; cardiopathie, albuminurie) ou ayant besoin d'une surveillance spéciale (présentation vicieuse, rétrécissement du bassin, placenta prœvia).

L'un des premiers asiles, destiné à recueillir les femmes pendant le cours de leur grossesse, fut fondé à Rome, en 1770, mais cet exemple resta longtemps isolé.

Actuellement, des dortoirs sont annexés à la plupart des maternités; mais, dans ces dortoirs, on ne reçoit, avec juste raison, que les femmes dont l'état nécessite une hospitalisation toujours coûteuse (50 hts à Lyon, 60 lits à Bordeaux). Certains hôpitaux admettent des expectanfes, qu'on emploie à la lingerie.

Pour les autres, des refuges ont été créés. L'initiative privée a fondé à Paris, les asiles Saint-Michel (1858), Sainte-Madeleine (1865), l'asile-ouvroir de la Société philanthropique de Paris, les refuges-ouvroirs de la société de l'allaitement maternel (1892). etc. A Lyon, l'œuvre de la Samaritaine, fondée par Sabran en 1891, a recueiUi actuellement près de 20U0 filles-mères. A l'Assistance publique de Paris ressortissent un certain nombre de lits aux

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maternités «et aux cliniques d'accouchement de la Faculté. L'administration municipale parisienne a fondé, en 1890, deux refugesouvroirs, lasile Pauline Roland et Tasile Michelet (Strauss). De 1893 à 1899, ces deux refuges ont admis 1U055 femmes.

Mais, ces asiles sont en nombre insuffisant. Il devrait y en avoir au moins un par département, comme le demandait Tarnier, dès 1891 . 4" Secours de grossesse. — Ils ont pour but de permettre à l'ouvrière de se reposer pendant les derniers mois de sa grossesse. A Paris, des secours de grossesse sont distribués par les Bureaux de bienfaisance sur un crédit spécial de 100 000 fr. voté par le Conseil municipal, sur la proposition du sénateur Strauss. Ils sont distribués pendant les deux derniers mois de la grossesse, à raison de 15 à 25 fr. par mois.

L'Assistance publique accorde également quelques secours à partir de la seconde moitié du septième mois.

Certaines administrations accordent un congé avec salaires. Dans les ateliers de la marine, des circulaires ministérielles, en date du 27 août 19U0 et 14 novembre 1904, accordent un congé avec salaires de maladie pendant le dernier mois de la grossesse. Dans les manufactures d'allumettes et de tabac, l'ouvrière enceinte touche une légère indemnité, etc. Certains industriels permettent à l'ouvrière enceinte de prendre un peu de repos, en lui allouant une indemnité, ou en lui fournissant du travail à domicile. Les mutualités maternelles distribuent aussi des secours.

Ces initiatives sont louables, mais tout à fait insuffisantes. Il serait d'ailleurs préférable que la femme du peuple soit admise dans un refuge ou une maternité où elle bénéficierait de la surveillance médicale. Il faudrait surtout que ce repos sait obligatoire.

o" Législation. — Le repos obligatoire, pendant les derniers mois de la grossesse, ne peut pas exister sans indemnilé. -

En Suisse^ la loi fédérale du 23 mars 1875 (art. 15) interdit le travail aux ouvrières, pendant deux semaines avant l'accouchement. La loi d'assurance contre les maladies, assimile les femmes enceintes, à des malades.

La loi danoise, sur le travail des femmes et des enfants, impose le repos obligatoire, une semaine avant raccouchement.

Eu Espagne, d'après la loi du 8 janvier 1907, la femme qui sera entrée dans le huitième mois de sa grossesse pourra demander à cesser le travail, et y sera, en effet, autorisée, si le rapport du médecin est favorable; sa })lace lui sera réservée.

En France, on se préoccupe de la question depuis longtemps. Dès 1887, le projet de Mun interdisait le travail avant Taccouchement. Lors de la discussion de Tartiele 9, de la loi sur la réglementation du travail des femmes et des enfants, deux amendements furent présentés : Tun du D'" Ferroul, qui prévoyait un repos de vingt jours avant Faccouchement et l'autre de M. Brousse qui limitait ce repos à une semaine. Le 27 octobre 1892, la proposition de MM. Lafargiie, Ferroul et lourde, indiquait la cessation du travail dès le quatrième mois de la grossesse, avec création des caisses de la maternit('', à Taide d'un imi)ôt spécial sur les industriels. M. Dulau, le 7 mars 1899, dans son projet d'assistance maternelle, prévoyait une organisation départementale, d'assistance aux femmes enceintes, avec secours à domicile, maternités secrètes, asiles-ouvroirs. Le projet de M. Strauss, déposé le 14 novembre 1899, comprend l'interdiction du travail des femmes dans l'industrie, pendant la dernière (|uinzaine de la grossesse, avec secours de grossesse et hospitalisation.

Enfin, après ces essais infructueux, fut votée la loi du .26 novembre 1909, due à l'initiative parlementaire de M. Engerand. Cette loi garantit leur emploi ou leur travail aux femmes en couches. La disposition essentielle en est la suivante : « La suspension du travail pour la femme, soit pendant le mois qui précède f accouchement... ne |)eut être à ell'e seule une cause de rupture, par l'employeur, du contrat de louage de service et ce, sous peine de dommages-intérêts, au i)rofit de la partie lésée... »

Le repos pendant le mois qui précède l'accouchement est donc actuellement consacré par la loi, en France. Mais ]a durée de ce repos est-il suffisant? Ce que nous avons dit précédemment démontre que non.

La loi du 17 juin 191!} accorde aux femmes salariées une allocation (0 fr. 50 à 1 fr. 50 par jour), 4 semaines avant et 4 semaines après raccouchement ; une prime de 0 fr. 50 est accordée à la femme qui allaite.

2° Protection de la mère, au moment de raccouchement.

Si la femme enceinte est mal protégée pendant sa grossesse, elle ne l'est guère mieux au moment de l'accouchement, malgré de

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réels progrès accomplis dans ces derniers temps. Bien que Taccouchement soit un acte physiologique et naturel, il nécessite cependant une assistance sérieuse, si Ton ne veut pas courir le risque (l'exposer la vie de la mère et celle de Tenfant. La femme, arrivée près du terme de la grossesse, souvent sans foyer, parfois même sans logis, est dans des conditions absolument insuffisantes d'hygiène et de bien-êlre matériel, pour recevoir chez elle, avec avantage, les soius que comporte son état.

1° Assistance à domicile. — L'application de la loi du 15 juillet 1893 sur l'assistance médicale gratuite, en assimilant les accouchées à des malades, a eu pour conséqueuce nécessaire Torganisation du service d'accouchement à domicile, pour les mères nécessiteuses. Les bureaux de bienfaisance sont chargés de ce service, avec ou sans subvention de la commune. Dans beaucoup de communes rurales, aucun secours n'est accordé. Les secours médicaux sont, d'ailleurs, seuls prévus par la loi; l'aide pécuniaire n'est pas obligatoire. Quelques initiatives privées sont venues combler les lacunes de cette assistance; l'œuvre des Dames mauloises, fondée à Manie (Seine-et-Oise) par le D'" Pecker, des Dames de Briey, l'œuvre maternelle du Havre, la ligue française des mères de famille, etc. ont organisé « l'assistance scientifique et maternelle » (Pecker).

Des conseils généraux (Seine-et-Oise, Seine-et-Marne), ont inscrit à leur budget départemental des crédits pour subventionner les communes et les œuvres qui distribuent des secours au moment des couches. En Seine-et-Oise, le service départemental de maternité distribue un « trousseau maternel » comprenant, pour la mère, les linges et médicaments nécessaires à ra})plicalion de l'antisepsie puerpérale, pour l'enfant, une layette.

A la séance de l'Académie de Médecine du 2 mai 1899, Pinard émettait le vœu qu'il y eût, dans chaque ville et village de France, une société de Dames mauloises, et, dans chaque maison commune, une armoire contenant les « sacs maternels ». La loi de 1913 (p. 83) règle cette assistance.

2° Maternités. — L'assistance à domicile a une supériorité maripiée sur Ihospitalisation, mais elle n'est pas toujours ])ossil)le, surtout pour les mères déracinées, les mères clandestines. L'admission de ces dernières dans une maternité s'impose.

Il y a quelques années, les maternités accusaient encore une mortalité très élevée; la fièvre puerpérale y était endémique. A

Paris, les maternités ont été réorganisées. Dans le reste de la France, i! y a encore beanconp à faire sauf, dans ([uelques villes. Les maternités privées (hôpital Rolschild, Malernit('s Sainte- Félicité, Ambroise Paré, la Maison de convalescence) et les maternités, ratlachées aux asiles et refuges-ouvriers (Foyer maternel, Maternités Boucicaut, elc), suppléent, pour une faible part, au manque ou à Tinsuffisance des maternités hospitalières.

3° Protection de la mère et puériculture, après l'accouchement.

Après Taccouchement, la vie de l'enfant reste encore intimement liée à celle de la mère. Il faut continuer à secourir la mère.

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