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PRODUITS TIRÉS DES ANIMAUX

corps gras le plus facile à digérer, mais à l’état de fusion, le beurre a un goût spécial et il est moins digestible.

3° Fromages. — Le beurre ne comprend que les principes gras du lait; les fromages, au contraire, utilisent simultanément les matières grasses azotées, ce qui leur donne une grande valeur nutritive. Les fromages gras renferment la vitamine A de croissance.

On prépare les fromages en faisant cailler le lait, à l’aide de présure. La caséine devient insoluble; on la sépare du petit lait restant par filtration, égouttage ou expression, et c’est le caséum ainsi obtenu, qui va constituer le fromage. Lorsque l’opération est pratiquée sur du lait écrémé, on obtient des fromages maigres : avec du lait naturel, on obtient les fromages demigras ; enfin l’addition de crème au précipité permet d’obtenir les fromages gras.

Les fromages possèdent une grande valeur alimentaire; ils facilitent la digestion par les diastases sécrétées par les micro-organismes qui interviennent dans la maturation du produit; par leurs propriétés odorantes et sapides; ils constituent un aliment presque complet.

4° Œufs . — Ce sont des aliments dont la valeur nutritive est incontestable.

Le jaune d’œuf renferme des matières grasses, de la lécithine, du cholestérol, des nucléoprotéines, riches en tryptophane, une forte proportion de phosphore et de fer assimilables, ainsi que des sels de soude, de potasse, de chaux et de magnésie. Le jaune d’œuf est particulièrement riche en vitamines A, de croissance, D, antirachitique, et B2 et B1 de croissance et antinévritique ; il renferme aussi une certaine quantité de vitamine P, antipellagreuse.

Le blanc de l’œuf est exclusivement constitué de substances albuminoïdes, d’eau et de sels. L’ovalbumine est riche en acides aminés et notamment en lysine et tryptophane, indispensables à l’équilibre de la nutrition et à la croissance.

L’œuf ne possède toutes ces qualités que s’il est frais et que s’il provient de poules correctement nourries et vivant le plus possible au grand air. L’alimentation et l’aération des animaux ont une influence des plus nettes sur la composition de l’œuf, ses qualités nutritives et particulièrement sa teneur en vitamines.

Cet aliment est parfois contre-indiqué chez les hépatiques et chez les malades qui présentent des troubles gastro-intestinaux ou des manifestations cutanées. « Mais en prenant certaines précautions, l’œuf, même dans ces cas, finira par être toléré, et sera utile dans le régime. Dans les cas rares d’intolérance absolue, on peut désensibiliser les malades par la méthode des petites doses d’œuf très cuit, progressivement augmentées. » (Lesné.)

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III. — ACCIDENTS CAUSÉS PAR LES VIANDES ET LES PRODUITS TIRÉS DES ANIMAUX

Les accidents provoqués par l’ingestion des viandes peuvent relever de causes diverses.

1° Viandes insalubres . — Les viandes peuvent présenter une série d’altérations.

a) Viandes fatiguées ou surmenées. - — - Les viandes provenant d’animaux fatigués sont d’une coloration brune, noirâtre; la fibre est sèche, aucun suc, aucune sérosité ne l’imprègne; on note une vascularisation plus ou moins marquée du tissu cellulaire. La consommation de ces viandes peut se traduire par une simple indigestion transitoire. Les troupes en campagne y étaient fréquemment sujettes autrefois.

b) Viandes cachectiques. — - Les animaux peuvent être cachectiques par vieillesse ou par privations (atrophie des muscles, disparition de la graisse, etc.). La cachexie est sèche ou humide. Dans le premier cas, elle est sèche au toucher, comme farineuse, et s’écrase sous le doigt. Lorsque la viande est humide ou hydrohémique (affections chroniques, entérites, maladies microbiennes ou parasitaires, etc.), on constate une abondante infiltration de sérosité entre les muscles et même dans les muscles (viande mouillée des bouchers).

Les viandes hydrohémiques ne sont généralement pas dangereuses par elles-mêmes, mais constituent un excellent terrain de culture.

c) Viandes fermentées à odeur de fièvre. ■ — Ces viandes sont dites « fiévreuses », parce qu’elles dégagent, à la coupe, une odeur très fugace qui rappelle l’haleine des fébricitants. L’odeur est fade, écœurante. Elles sont caractérisées, en outre, par l’abondance du suc musculaire, la flaccidité des chairs, la coloration rouge intense que prend la viande, après l’exposition à l’air. Ces viandes proviennent, non seulement, d’animaux sacrifiés en cours de fièvre, mais aussi et surtout d’animaux atteints d’affections du tube digestif (colique, congestions, diarrhée...).

d) Viandes corrompues. • — - Ce sont des viandes altérées par l’invasion microbienne et qui peuvent, par conséquent, présenter de sérieux dangers. Elles doivent être absolument éliminées de la consommation.

2° Viandes parasitées. — Les parasites dangereux sont les cestodes et la trichine.

ACCIDENTS CAUSÉS PAR LES VIANDES

a) Ladrerie. — La ladrerie est une maladie du bœuf et du porc, causée par la présence dans la viande de cysticerques, c’est-à-dire de larves de cestodes.

Chez le bœuf, la ladrerie est produite par le Cysticercus bonis, larve enkystée du Tænia inermis. Ce cysticerque, sans crochets, occupe surtout la région massétérine et la langue. Si l’homme ingère cette viande, le cysticerque se développe dans l’intestin et constitue le Tænia inerme, dont la longueur peut atteindre 10 à 12 mètres. Sa fréquence augmente avec l’usage de plus en plus répandu de la viande crue. C’est le parasite le plus fréquent en France :

sur 100 cas de tæniasis observés chez l’homme, 90 doivent être rapportés au tænia inerme.

Chez le porc , il s’agit du Cysticercus cellulosæ , larve du Tænia solium. Les muscles, les viscères, le tissu cellulaire sont infiltrés de petites vésicules, de la grosseur d’un grain de chène-

vis, qui apparaissent surtout à la partie inférieure de la langue (fig. 36). La viande est pâle, craque sous la dent, et en la pressant, on fait saillir les vésicules. Au microscope, on voit le scolex avec sa tête, ses ventouses et ses crochets (fig. 37). Lorsque l’homme ingère la viande de porc ladre, le scolex se fixe sur l’intestin par ses crochets, se développe et constitue le tænia solium , dont la longueur atteint 6 à 8 mètres. Le tænia solium est beaucoup plus rare chez l’homme que le tænia inerme : il n’atteint que la proportion de 1 p. 100 des cas de tæniasis.

Une température de 70 degrés, ou un séjour de trois semaines à 25 p. 100, comme cela se pratique en Allemagne, tuent les cysticerques. La viande suffisamment cuite, met donc à l’abri du tænia.

Fig. 36. — Cysticercus cellulosæ dans un muscle de porc. Grand, nat. (Brumpt).

b) Trichinose. — La trichinose est due à la présence dans les muscles des animaux et de l’homme lui-même, de la larve de trichina spiralis , dont le ver adulte siège dans l’intestin grêle.

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La trichinose est répandue sur toute la surface du globe, mais sa fréquence a considérablement diminué, même dans les pays où elle était très répandue (États-Unis, Allemagne, etc.). En France, on ne connaît que des cas isolés très rares et la seule épidémie de Crépyen-Valois, rapportée par Jolivet en 1878 : 17 personnes contaminées sur 21, ayant consommé du porc trichiné.

La trichine est un ver cylindrique, long de 1 millimètre environ, dont la larve roulée en spirale et enkystée se trouve dans le muscle

Fig. 37. — Tœnia solium. — a. œuf contenant l’embryophore ; b, embryon hexacanthe libre; d, cysticerque invaginé; e, cysticerque évaginé; c, invagination au fond de laquelle se forme la tête (R. Blanchard).

du porc. La viande ainsi infestée est parsemée de petits grains blancs, visibles à l’œil nu et en nombre des plus variables : on a vu un kilogramme de porc en contenir un million.

Lorsque cette viande est ingérée, la capsule qui entoure le parasite se dissout dans le suc gastrique. Le ver devient adulte et acquiert au bout de deux jours son développement sexuel complet : il devient mâle ou femelle. Ceux-ci se mettent rapidement en mouvement, perforent les parois de l’intestin et arrivent dans les muscles du tronc, de la tête, des extrépités. Cheminant dans les interstices musculaires, ils pénètrent et se fixent dans les faisceaux musculaires primitifs, se nourrissent de la substance musculaire elle-même et s’y enkystent (fig. 38).

La chair musculaire n’est pas seule capable de cette transmission : le tissu adipeux (Chatin, Froment), les tuniques intestinales qui servent à la préparation des boudins, saucisses, andouilles, peuvent aussi être pathogènes.

ACCIDENTS CAUSÉS PAR LES VIANDES

Le porc s’infeste en absorbant les embryons de trichine, contenus dans les excréments d’un de ses congénères, hébergeant le parasite, ou en dévorant des cadavres de rats , pullulant dans les abattoirs et les porcheries, fréquemment parasités et qui peuvent, d’autre

Fig. 38. — Trichines (d’après J. Cliatin). — 1. Kyste pluriloculaire au milieu de fibres musculaires. — 2. Trichines embryonnaires. — 3. Trichine enkystée. — 4. Kyste volumineux contenant 7 trichines. — 5. Trichine dans le tissu adipeux, spiralée, mais sans kyste. — G. Trichine spiralée, en forme de 8, extraite de son kyste.

part, contaminer les aliments par leurs déjections, renfermant des embryons et des adultes.

3° Substances toxiques provenant des récipients. — Les denrées alimentaires sont souvent ingérées après un séjour plus ou moins prolongé dans des récipients métalliques. Par suite du contact des liquides, il se forme des sels minéraux, qui, parvenus dans le tube digestif du consommateur, peuvent occasionner des troubles de gravité variable (voir p. 256, Les Conserves).

rochaix. — Précis d’hygiène.

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4° Accidents produits par les alcaloïdes toxiques . —

Les accidents de ce genre sont surtout observés à la suite de l’ingestion de moules. On doit faire une distinction. On peut observer, en effet, des accidents, anaphylactiques, consistant surtout en urticaire. Ces accidents peuvent s’observer également à la suite de l’ingestion de crustacés, de fraises ou d’autres aliments, mais on peut observer aussi des accidents spécifiques dus à la présence dans la moule d’un alcaloïde toxique, la mytilotoxine , frappant toutes les personnes ayant mangé des moules de même origine.

Ces accidents ont été décrits et rattachés, pour la première fois, à leur véritable origine, dans la relation de la célèbre épidémie de Wilhemshaven, faite par Virchow (1885).

En octobre 1885, 19 personnes consomment des moules fraîches, attachées au flanc de deux navires mouillés dans le port de Wilhemshaven. Toutes sont atteintes plus ou moins gravement. Quelques heures seulement après l’ingestion, elles éprouvèrent une sensation de constriction à la gorge, des fourmillements dans les membres, de vives démangeaisons. Agitation extrême, instabilité dans tous les muscles, céphalalgie, mydriase et immobilité pupillaire ; pas de température. A ces symptômes firent rapidement place une asthénie profonde, suivie de paralysie des membres, vomissements sans coliques ni diarrhée. La mort survint, chez quatre d’entre elles, entre trois quarts d’heure et cinq heures après le début des premiers symptômes. Tout ce complexus morbide traduisait l’existence d’un véritable empoisonnement.

Wolf démontra l’existence d’une ptomaïne, siégeant exclusivement dans le foie de ces mollusques. Salkowski et Brieger l’isolèrent et lui donnèrent le nom de mytilotoxine. Ces auteurs firent ingérer cet alcaloïde toxique à des animaux et reproduisirent les symptômes observés chez les personnes empoisonnées.

Ces accidents sont rares. Nous en connaissons cependant personnellement deux groupes de cas, une famille de trois personnes et un individu isolé, avec phénomènes bulbaires, cyanose, etc., dont trois se sont terminés par la mort.

5° Accidents produits par une toxine (Botulisme). —

Le botulisme est une véritable intoxication , due à des poisons préformés, qui se trouvent dans les aliments consommés. Cette maladie doit être distinguée, au point de vue étiologique, des infections carnées, dues aux Salmonelloses. Ces dernières, en effet, sont des infections proprement dites, au cours desquelles, les bactéries spéci-

ACCIDENTS CAUSÉS PAR LES VIANDES

fiques se multiplient dans l’organisme du malade, tandis que le botulisme est dû à un poison chimique, développé dans des viandes mal conservées (saucisses, jambons, conserves) ou les conserves de légumes.

Les premières manifestations apparaissent vingt-quatre à vingtsix heures après ingestion de l’aliment suspect. L’incubation est donc très courte.

La toxine a une affinité très grande pour le système nerveux et les noyaux d’origine des nerfs crâniens. Ce sont les symptômes nerveux dépendant de ces nerfs, parésies, paralysies et troubles sécrétoires, qui dominent la scène. Du côté de l’intestin, les troubles sont variables : tantôt les patients sont atteints de vomissements et de diarrhée, tantôt de constipation. Dans les cas de guérison, les paralysies musculaires rétrocèdent lentement, mais quand le malade a absorbé de trop grandes quantités de toxines, il meurt avec tous les signes de la paralysie bulbaire aiguë.

L’agent producteur de la substance toxique est un bacille anaérobie, découvert en 1895, par Van Ermenghen, le Bacillus botulinus. Les auteurs américains (Dickson, 1907, Burke, 1919, Graham et Herman, 1921), ont distingué deux espèces bien différenciées : le bacille A et le bacille B autour duquel gravitent une douzaine de races. Ce microbe est incapable de se développer dans l’organisme des animaux à sang chaud, mais il sécrète dans les milieux de culture et dans les viandes, dans la profondeur desquels il cultive une toxine très active. L’expression de saprophyte toxigène , qui lui a été donnée, est donc très juste.

La toxine botulinique est très virulente pour les animaux de laboratoire (souris, cobaye, singe, chat, lapin). Elle reproduit chez ces animaux les accidents botuliniques. Elle est détruite par la chaleur à 70 degrés.

Le botulisme est une maladie très grave. Aux États-Unis, où l’on a relevé de 1899 à 1926, 147 épidémies, le nombre des morts s’est élevé à 337 pour 504 individus atteints. En France, le botulisme est rare. On en a observé quelques cas à la suite de la consommation de conserves anglo-américaines, préparées à froid (cold pack méthod), en 1920-1921.

6° Maladies infectieuses transmises par les substances alimentaires animales. — a) Tuberculose. — Voir ce chapitre.

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b) Charbon. — Il ne paraît pas que la consommation des viandes charbonneuses, importées quelquefois par les marchands forains, ait produit de graves conséquences. En tout cas, leur manipulation est très dangereuse pour les bouchers, car une coupure, une piqûre, le contact de la peau excoriée avec ces viandes peut engendrer la pustule maligne (voir plus loin). Les viandes charbonneuses doivent être proscrites et détruites par le feu,

c ) Morve (ou farcin). — Les personnes qui manipulent les organes atteints sont exposées à une infection mortelle par contamination cutanée ou muqueuse. L’infection par voie digestive est démontrée pour certains animaux de ménagerie, alimentés de viande morveuse; elle paraît assez rare chez l’homme, car maintes fois, la viande infectée a été consommée, cuite ou crue, sans provoquer d’accidents; néanmoins, elle doit être proscrite.

d) Fièvre aphteuse. — - Il n’existe pas d’observation probante montrant la possibilité de l’infection par les viandes. C’est le lait qui est surtout dangereux.

e) Maladies infectieuses du bœuf, non transmissibles à l’homme.

— La peste bovine et la péripneumonie rendent les viandes suspectes. On prohibe les premières.

f) Fièvre typhoïde. Choléra. — - Les crustacés et les mollusques (huîtres, moules, etc.) peuvent transmettre la fièvre typhoïde et peutêtre le choléra. Voir plus loin le chapitre de la Fièvre typhoïde.

g) Infections par les Salmonelloses. — Ces infections sont dues à des germes dont la connaissance remonte aux travaux de Gærtner qui découvrit, en 1888, un bacille, le Bacillus enteritidis de Gærtner , dont il montra le rôle dans les infections gastro-intestinales, d’origine alimentaire.

On groupe actuellement sous le nom de Salmonella , du nom de Salmon qui découvrit en 1886 le bacille du Hog-choléra, qui n’est, d’ailleurs, qu’un « microbe de sortie » de la peste porcine, les microbes qui causent les toxi-infections alimentaires dénommées Salmonelloses . Le Bacillus enteritidis de Gærtner et le Bacille d.’Aertrycke (1898) en sont les deux principaux représentants. Très voisins du paratyphique B (de Schottmüller) qui cause les infections paratyphoïdes B, ils doivent en être soigneusement distingués.

Ces microbes sont pathogènes pour les animaux de laboratoire et pour certains animaux domestiques. Le pouvoir pathogène, par ingestion,

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reproduit exactement ce qui se passe dans les infections chez l’homme.

Une propriété importante de ces bacilles est de sécréter des poisons thermostabiles : des cultures soumises à l’ébullition, stérilisées, se montrent encore capables de tuer la souris, par ingestion. L’existence de ces poisons thermostabiles est très suggestive. Dans la plupart des épidémies, les aliments se sont montrés toxiques, même cuits. La cuisson est sans grande action sur les toxines, et ces dernières restent fort dangereuses. Gomme l’a montré Sacquépée, les aliments souillés peuvent dans les vingt-quatre heures devenir très toxiques.

Les aliments les plus divers sont capables de transmettre les salmonella : la viande fraîche de porc, de veau, de vache, la viande de porc conservée (viande boucanée, jambonneau), les viandes travaillées, pâtés, cervelas, foie d’oie, saucisson de foie, galantine à la gelée, etc. De tous ces aliments, ce sont les viandes de boucherie ou de charcuterie qui déterminent le plus grand nombre d’accidents : d’où le nom générique d ’ intoxications carnées ( bacilles carnés ), qu’on employait autrefois. Les viandes fraîches sont le plus souvent en cause. Il faut y ajouter les crèmes, gâteaux à la crème, etc.

On décrit trois formes essentielles de V infection par les Salmonella : 1° forme de gastro-entérite simple; 2° infection d’allures cholériformes; 3° infection à forme typhoïde.

La dernière forme doit être confondue souvent avec les cas d’infections paratyphoïdes d’origine alimentaire. La grande majorité des accidents, 80 p. 100 au moins, évoluent sous forme de gastro-entérite infectieuse. Tantôt, c’est une simple indisposition, tantôt l’apparition du tenesme, son association avec les coliques et les selles sanglantes réalisant un syndrome dysentériforme. Dans sa forme la plus grave, l’atteinte revêt l’allure du choléra nostra.

La léthalité dans les toxi-infections par le Bacillus enteritidis et le bacille d’Aertrycke est très variable. Si Lajeot et Haibe ont pu voir évoluer 500 cas sans aucun décès, par contre Heller signale 4 décès sur 36 malades, Babès 3 sur 24, Drigalski 3 sur 50.

Les Salmonelloses ne sont pas très rares en France. En 1932- 1933, Rochaix, Mazel et Couture ont étudié une épidémie importante, due à la consommation de pâtés de viande, infectés par le Bacille d’Aertrycke, qui a causé deux cas de mort. Elles exigent une surveillance étroite des viandes.

7° Accidents causés par les produits tirés des animaux .

a) Lait. ™ Voir p. 107 et 108.

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b) Beurre. — - Au point de vue infectieux, on a pu déceler dans le beurre le bacille typhique, le colibacille, le vibrion cholérique, le bacille de la tuberculose qu’il faut savoir distinguer des bacilles acido-résistants saprophytes, si fréquents dans cet aliment.

c) Fromages. — Yaughan, à la suite d’une épidémie portant sur trois cents individus, a isolé des fromages un produit toxique qu’il a dénommé tyrotoxicone. Une ptomaïne a été extraite par Dokhum d’un fromage putréfié ; injectée sous la peau de grenouilles, elle provoqua chez ces animaux des symptômes paralytiques accusés.

Un certain nombre d’agents microbiens peuvent s’y rencontrer et sécréter des produits toxiques pouvant donner lieu à des symptômes d’empoisonnement, mais le cas est rare.

d) Crème. — Il s’agit de toxi-infections à Salmonella, qui ne sont pas exceptionnelles (voir précédemment).

e) Œufs. — Les œufs paraissent, de prime abord, à l’abri de toute contamination, en raison de la présence de la coquille. Ils peuvent cependant être infectés.

L’infection peut se faire à travers la coquille sale , surtout à l’humidité. Elle est relativement fréquente (Wagener, Martel, etc.). Celle provenant de Yovaire est rare. Dans la très grande majorité des cas d’œufs contaminés, le jaune est stérile. On ne connaît guère jusqu’ici que deux exceptions, celle de la contamination de l’œuf par Bacterium pullorum et celle due à la présence du bacille tuberculeux aviaire. La première ne présente guère de dangers pour l’alimentation humaine, quant au bacille tuberculeux du type aviaire, il n’est pas, d’une façon générale pathogène pour l’homme. Cependant il a été retrouvé dans des lésions tuberculeuses humaines, ou les produits pathologiques de tuberculeux humains, par un certain nombre d’auteurs : Lœwenstein, Jonesco et Elfer, Weber, Max Koch et Rabinowitsch, Kruse, etc.

De plus, Liverani, en infectant des poules avec des bacilles bovin et humain, a recueilli des œufs qui ont permis, dans tous les cas, d’isoler les souches virulentes correspondantes. Ces faits permettent d’envisager que les œufs des poules qui vivent en contact de bovidés tuberculeux, peuvent être contaminés par les bacilles bovins comme les poules qui vivent au contact des phtisiques peuvent, en picorant des crachats bacillifères ou autres produits tuberculeux, donner des œufs contaminés par le bacille humain.

Mais si le jaune de l’œuf se montre, d’une façon très générale, inoffensif, il n’en est pas de même du blanc. Le blanc qui, dans l’oviducte, s’accumule par couches autour du jaune, peut contenir des germes recueillis à la surface de l’oviducte, pendant la formation de ces différentes couches, dont se recouvre successivement le vitellus. Si la surface de l’oviducte est très fortement souillée, les germes seront très nombreux dans le blanc de l’œuf et ils le seront d’autant plus qu’on passera des couches qui entourent le jaune aux couches les plus rapprochées de la coquille.

L’accouplement est un facteur important de l’infection de l’oviducte. On

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sait qu’au cours de cet acte physiologique, le segment mobile de l’oviducte de la poule, que certains appellent l’utérus, s’évagine en partie et sort du cloaque. C’est là, que le coq applique rapidement le tubercule, qui remplit, chez les gallinacés, la fonction du pénis et dépose son liquide séminal. Ce segment rentre et reprend ensuite sa position naturelle. Les parois ont frotté certaines parties de la surface du cloaque sur lesquelles existent des microorganismes souvent nombreux et variés, sans parler de ceux qui ont pu se trouver sur le tubercule et dans le cloaque du mâle qui l’avoisine. En revenant sur lui-même, l’oviducte peut donc enfermer, en même temps que la semence du mâle, des microbes divers, dont certains peuvent être pathogènes.

Aussi ne faut-il pas s’étonner de rencontrer les microbes les plus variés et les plus ubiquitaires : colibacilles, proteus, staphylocoques, streptocoques, entérocoques, etc., mais deux surtout doivent attirer notre attention, en raison des conséquences graves que leur présence peut présenter : le bacille d' Aertrycke et le bacille de Gartner, du groupe des Salmonella.

Rochaix et Couture ont isolé de l’œuf à sept reprises différentes le bacille d’Aertricke du blanc d’œuf et à deux reprises le bacille de Gaertner. Les souches isolées présentaient une virulence appréciable, surtout celles du bacille de Gaertner et étaient susceptibles, si les œufs avaient été ingérés, soit directement, soit à la suite de leur utilisation dans la préparation de crèmes ou de pâtisseries, de provoquer des toxi-infections alimentaires.

Les œufs de cane sont surtout redoutables à ce point de vue (Scott, Bruns et Fromme, Beller, etc.).

Certains industriels (mégissiers, gantiers), n’emploient que le blanc d’œufs pour aider à la préparation de leurs produits, les marchands de vin l’emploient pour le collage. Restent donc les jaunes qu’ils revendent (et dans quel étati) aux fabricants de produits alimentaires; certains biscuits, certaines pâtes dites d’Italie ont, dans leur constitution, des jaunes d’œufs qui ont ainsi subi la putréfaction et où se sont accumulées des toxines, des ptomaïnes essentiellement dangereuses.

Enfin, il n’est pas jusqu’aux falsifications des œufs qu’il ne faille redouter parfois. En Amérique, on fabrique couramment des œufs totius substantiæ ; les cyanures de plomb, de potassium, d’étain, la gomme-gutte entrent pour une forte part dans certains cas d’intoxication. Stewart a relevé, en Amérique, 64 cas d’empoisonnement ainsi produits.

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