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ACCIDENTS PRODUITS PAR LES VÉGÉTAUX

diarrhée, vomissements, fièvre, céphalée, prostation, sueurs abondantes, dilatation pupillaire, etc). Le plus souvent, les intoxications sont produites par des rejetons vendus comme pommes de terre nouvelles. La solanine est la substance responsable de ces accidents. Dans une épidémie décrite par Pfuhl, les pommes de terres crues contenaient 0,04 p. 100 de solanine et 0,024 p. 100, après la cuisson. Bruère a trouvé jusqu’à 0, 3 p. 100.

c) Lathyrisme. - — - Les semences de Lathyrus (gesse ou jarosse) produisent chez certaines populations pauvres, pour lesquelles ces légumineuses sont à la base de l’alimentation, des symptômes nerveux rappelant le tabes spasmodique. En 1932, Trabaud et ses collaborateurs en ont observé en Syrie, un grand nombre de cas qui se sont traduits par une paraplégie hyperspasmodique pure. La gesse est toxique par elle-même. Astier a isolé un alcaloïde, qui, injecté à des grenouilles, reproduit chez ces animaux une paralysie des membres postérieurs : il le nomme lathyrine.

La chaleur détruit rapidement cette substance, aussi conseille-t-on, au point de vue prophylactique, de soumettre la farine à une cuisson à -f- 100 degrés. Le mieux est, assurément, d’éviter l’emploi de la farine venant de cette légumineuse.

d) Favisme. — En quelques cas rares, on a constaté l’éclosion de troubles à allure chronique à la suite de l’ingestion de fèves (ictère, hémoglobinurie, asthénie nerveuse). Ces troubles constituent le favisme.

e) Ergotisme. — L’ergotisme s’est manifesté autrefois sous forme de véritables épidémies, qui, au Moyen âge, étaient désignées sous le nom de feu sacré, de feu de Saint-Antoine, de feu Saint-Marcel, quelquefois encore mal des Ardents. Signalons, parmi les dernières, l’épidémie de Nanterre (1896), des Charentes (1920), de la Sarthe (1921).

L’ergotisme est dû à un champignon, Claviceps purpurea, qui parasite le seigle (ergot de seigle) et d’autres graminées (blé ou avoine).

On distingue deux formes d’ergotisme, gangréneux et convulsif. Les deux formes débutent ordinairement par une phase commune, l’ivresse ergotique (céphalées, vertiges, hébétude, troubles de la vue et de l’ouïe).

La prophylaxie consiste à proscrire le seigle de l’alimentation. S’il s’agit d’une région où le seigle est l’aliment principal, on examinera la farine, avant d’en autoriser la consommation.

/) Plantes cyanogénétiques. — Des rosacées, légumineuses, etc., peuvent contenir des glycosides cyanogénétiques, donnant naissance, sous l’influence d’enzymes, à l’acide cyanhydrique toxique. Ce sont surtout les haricots de Java et Birmanie, qui peuvent causer des accidents chez l’homme.

L’article 15 du décret du 15 avril 1912, prévoit pour les haricots de Birmanie une tolérance extrême de 200 milligrammes par kilogramme, mais Kohn-Abrest estime que le maximum toléré devrait être ramené à 100 milligrammes par kilogrammes.

LES ALIMENTS

Pour les haricots appartenant à l’espèce Phaseolus lunatus, un vœu des Experts chimistes de France, du 11 décembre 1918, réclame l’interdiction de la consommation des haricots susceptibles de dégager plus de 10 milligrammes d’acide cyanhydrique par 100 grammes.

g) La pellagre, le béribéri, le scorbut sont des avitaminoses, pures ou associées (voir p. 224 à 226).

2° Infections. — Les végétaux peuvent jouer un rôle favorisant dans l’éclosion des maladies infectieuses, par les troubles digestifs qu’ils provoquent, s’ils sont ingérés en grande abondance : c’est le cas des fruits, dont la consommation est souvent exagérée à la période estivale.

Plus important est le rôle déterminant des végétaux consommés crus.

Nombre d’épidémies de fièvre typhoïde doivent être rapportées à leur ingestion (Geschwind, Ferré, von Burk, etc.). Le choléra , la dysenterie peuvent reconnaître une semblable origine. Les microbes les plus divers peuvent être véhiculés par les végétaux.

Ces germes pathogènes reconnaissent plusieurs provenances : 1° les végétaux peuvent être souillés par des poussières véhiculant des bactéries; 2° le lavage des végétaux, à l’aide d’une eau sale, contaminée, qu’il s’agisse de lavage sur les marchés, ou d’arrosage en plein champ, est une autre cause de pollution; 3° enfin les microbes du sol peuvent pénétrer dans les végétaux qui y croissent (Wurtz et Bourges).

De gros parasites sont encore transmis par les végétaux à la surface desquels des oeufs de cestodes (tænia, bothriocéphale, échinocoque, etc.), de distomes (douve hépatique, transmise fréquemment par le cresson , etc.), sont venus élire domicile à la faveur de la souillure de ces plantes par des matières fécales humaines ou animales. Il en est peut-être de même pour les protozoaires.

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