‹ Précis d'hygièneChapitre 132 sur 447 · FRUITS DE LA MER · texte numérisé non relu

FRUITS DE LA MER

M. Lambert a attiré l’attention sur la cause de contamination suivante. Aux fortes marées et surtout si la mer est agitée, la vase qui était agglutinée au fond est remise en suspension et les huîtres qui sont dans les derniers bassins d’expédition absorbent ainsi une eau trouble, souvent chargée de colibacilles. « On devrait — car cela est possible — supprimer cette cause de contamination en imposant une décantation préalable avant l’expédition, comme cela se fait dans certains établissements. »

Le dégorgement des huîtres, avant la livraison, devrait être imposé aux ostréiculteurs par le décret de 1923. C’est une lacune à combler.

Enfin, il faut que chaque producteur ait des parcs d’expédition suffisamment grands pour répondre aux exigences croissantes de la consommation. L’insuffisance des parcs est surtout marquée dans la région d’Arcachon et de Marennes, car ils avaient été aménagés pour l’élevage et la manutention des huîtres plates. Or, on sait que ces dernières ont disparu complètement devant l’envahissement de toute la côte par les portugaises, dont l’exploitation exige, pour être productive, de se faire par grosses quantités. Aussi, il arrive qu’à certaines époques, où la demande est considérable, ces huîtres ne font dans les bassins d’expédition qu’un séjour très court ou qu’elles sont exagérément entassées.

Le décret de 1923, n’avait pas prévu de périmètre de protection, cependant si nécessaire, autour des parcs. Un décret-loi du 31 octobre 1935, est venu combler cette lacune. Désormais, autour de tous les gisements naturels et établissements ostréicoles, il doit être institué un périmètre de protection dont l’étendue est déterminée par décret pris sur la proposition du ministre de la Santé publique et du ministre de la Marine marchande.

Sur toute l’étendue de ce périmètre, il est interdit de faire tout dépôt et déversement solide ou liquide, susceptible de nuire à la qualité hygiénique des produits ostréicoles.

Mais on a vu combien il reste encore de lacunes à combler et combien il serait nécessaire d’augmenter les moyens d’action des services de contrôle de l’Office des pêches qui ne peuvent pas faire actuellement plus qu’ils ne font.

En ce qui concerne les autres coquillages , l’Office scientifique des pêches n’est pas resté inactif. Il a déterminé les zones salubres et les zones insalubres de nos côtes et la commission supérieure d’examen des questions concernant la salubrité des coquillages, créée par arrêté du 20 janvier 1931, doit procéder à l’examen de ces zones concernant les coquillages autres que les huîtres.

En ce qui concerne les moules qui sont consommées en particulière abondance, certaines viennent de zones salubres, d’autres de zones notoirement insalubres, surtout dans la région méditerranéenne. Mais il a été impossible de fermer les élevages en eau profondément souillée de cette région, qui continue à payer un lourd tribut à la mortalité typhique, malgré les efforts de l’Office des pêches. Le contrôle est resté complètement inopérant.

Il en est de même pour les autres coquillages.

Devant l’insuffisance des dispositions législatives et du contrôle, M. Le Danois,

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