V ATMOSPHÈRE
d’après Duthil). Ce gaz contribue à la purification spontanée de l’atmosphère, moins par action directe sur les microbes, mais en agissant d’une façon spéciale sur les gaz putrides, les matières organiques volatiles, qui sont favorables à la conservation et même au développement des germes, comme l’a montré Trillat, et que ce savant a appelés, gaz aliments, en raison précisément de ce rôle.1
d) L'azote atmosphérique varie peu (77 gr. p. 100) et son rapport avec l’oxygène reste constant.
Il constitue un élément passif, irrespirable, mais vecteur de l’O qu’il ren non toxique en le diluant (P. Bert, Jourdanet). Indispensable à la structure des êtres vivants (albumine), il est fixé par certains terrains à la faveur de certains micro-organismes.
e) L’argon , le néon, etc. (lord Rayleigh et Ramsay, 1895), sont très constants, quelle que soit l’altitude (Moissan), mais inactifs.
f) L’acide carbonique (3 p. 10 000), plus lourd que les autres gaz de l’air (expérience de la grotte du Chien, près de Naples), provient du sol, des foyers de combustion, des eaux carbonatées, de l’exhalaison nocturne des végétaux, de la respiration animale (15 à 20 1. par heure pour l’homme).
Ses variations sont faibles à l’air libre (l’air des villes en contient un peu plus que celui des campagnes, d’après A. Gautier); dans les chambres closes, il peut atteindre 1 p. 100.
C’est un gaz toxique : à 10 p. 1 000 il éteint la flamme d’une bougie; à 30 p. 1 000 il détermine des troubles chez l’homme; à 50 p. 1 000 sa tension empêche le CO2 du sang humain de se dégager : il en résulte des troubles de l’hématose qui constituent l’asphyxie (Richet et Langlois).
g) La quantité de vapeur d’eau (10 p. 1 000 environ) est très variable. Elle est due à l’évaporation des eaux superficielles sous l’influence de la chaleur solaire; l’eau de l’air marin contient aussi du chlorure de sodium, de l’iode, etc., principes utiles.
2° L'air chimiquement impur . — Les impuretés chimiques de l’air sont surtout à redouter dans les atmosphères confinées. Elles peuvent toutefois exister aussi dans l’air libre, surtout auprès de certaines usines, ou de certains foyers de décompo-
1. Voir pour plus de détails : A. Rociiaix. L’ozone atmosphérique au point de vue de l’hygiène. Le Mouvement sanitaire, 31 août 1929.
LE MILIEU EXTÉRIEUR
sitions organiques, dans les agglomérations urbaines (v. p. 288).
à) Diverses causes de pollution ; influences sanitaires. • — Souvent Vair libre en masse contient des éléments accidentels, par exemple : de l’ammoniaque, des vapeurs nitreuses, à doses généralement faibles, mais pouvant augmenter sous l’influence des fermentations organiques qui se produisent à la surface du sol; de l’iode organique (et des chlorures), provenant des algues et diatomées en suspension dans l’air du bord de la mer, qui en contient treize fois plus que l’air de Paris.
Très dilués, très peu abondants, disséminés par les vents et abattus par la pluie, ces principes ne sont pas délétères; l’iode présente même une certaine utilité.
L’air près des usines de produits chimiques peut contenir, en quantité variable, de l’anhydride sulfureux, du chlore, de l’hydrogène phosphoré, etc. (voir chapitre xxiv, page 451).
Enfin, près des foyers de décomposition organique (mares, égouts surtout au moment des curages, fosses d’aisances, cimetières, champ d’épandage, etc.), il se dégage, en quantité variable, de l’hydrogène sulfuré, de l’hydrogène protocarboné (gaz des marais, grisou), des amines, des acides gras volatils, des toxines volatiles (Charrin).
Respirés continuellement à petites doses, ces gaz peuvent produire de l’anémie, de l’ictère, du purpura, de la céphalée, des troubles gastriques, de la diarrhée; ils prédisposent aux infections (coli-bacillaires). Respirés en masse, brusquement, ils peuvent parfois déterminer de façon brutale, par déglobulisation rapide, l’asphyxie et le coma et même la mort (plomb des vidangeurs, des égouttiers). (Voir Hygiène industrielle .)
L’air confiné est plus souvent en cause dans les appartements et autres espaces clos habités. (Voir V Habitation) .
Il est possible de régénérer Vair confiné (sous-marins) par le bioxyde de soude attaqué par l’eau à froid : le Na fixe GO2, et il se dégage de l’eau (Desgrez et Balthazard.)
L’oxygène en inhalation sert au traitement des accidents asphyxiques, ainsi que la traction de la langue (Laborde), la respiration artificielle (Sylvester), etc.
3° Les impuretés corpusculaires non microbiennes de l’atmosphère . — Ce sont les fumées, poussières, insectes; nous étudierons leur influence sur la santé.
a) Fumées. — Elles contiennent des poussières résultant de la