L'ATMOSPHÈRE
combustion (poussières de charbon, de soufre, de goudron). (Voir p. 289.)
b) Poussières. — Elles sont inorganiques pour les deux tiers, organiques pour un tiers. Inorganiques, elles sont formées de charbon, de silice, de fer, de sels terreux, provenant de l’usure des roches, des chaussées, surtout du macadam et des pavés de bois (G. Roux), des matériaux de construction. L’étude des industries à poussières est faite au chapitre xxvm, page 494.
Beaucoup de ces poussières sont indifférentes, certaines poussières industrielles sont vulnérantes ou toxiques (plomb, cuivre); souvent elles sont septiques : 1 gramme de poussière peut contenir 1 ou 2 millions de microbes, et les particules de charbon peuvent ouvrir la voie au bacille de Koch (Tripier) que contiennent les poussières provenant de crachats desséchés (Cornet).
c) Insectes. — Répandus dans l’atmosphère ils peuvent être incommodes ou dangereux. (Voir p. 572.)
d) Mesures prophylactiques. — Contre la fumée (voir p. 304).
Pour la suppression des poussières , voir page 304. Hygiène générale des villes et page 297; Hygiène industrielle.
Des Insectes, il faut se préserver comme il est dit, page 610.
4° L'air bactériologiquement impur. — La présence habituelle de micro-organismes dans l’air que nous respirons est connue depuis que Pasteur a opposé victorieusement la théorie du panspermisme (1861) à celle de la génération spontanée de Pouchet.
a) Les micro-organismes de Vair; leurs variations; leurs influences sanitaires.
1° A Vair libre , les microbes sont bien moins nombreux dans l’air que dans le sol (la proportion est de 1 p. 100 000) ; on y trouve assez souvent des moisissures.
Les numérations de Pasteur à Arbois, de Miquel à Paris, de Sartory et Langlais, ont montré que la contamination est plus forte en ville qu’à la campagne, plus forte dans les cours des maisons que sur les places et dans les parcs.
Le nombre des micro-organismes diminue quand on s’élève dans l’atmosphère : déjà plus faible au niveau des toits, il est de 0 à 1 par mètre cube au glacier d’Aletsch (3 000 m.) ou au Montanvert (2 000 m.), près de la Mer de glace (de Freudenreich). Cristiani a bien montré cette purification de l’air, à mesure qu’on s’élève en ballon.
En mer, au large, loin des côtes, l’air est aussi pur que sur les hauts sommets : les microbes tombent dans la mer et sont entraînés par elle : à plus de
LE MILIEU EXTÉRIEUR
100 kilomètres des côtes, il y a à peine 1 microbe pour 2 mètres cubes d’air; l’air est aseptique (Miquel et Moreau).
Dans les atmosphères confinées , la proportion est très variable (Miquel).
Dans une chambre fermée, l’air qui circule est relativement pur; si quelqu’un y pénètre, en une demi-heure la contamination est appréciable : le balayage produit une augmentation énorme de micro-organismes en suspension, ainsi que le chauffage brusque qui produit des tourbillons d’air (5 500 microbes par mètre cube dans une chambre, rue de Rivoli). Au bout d’une heure, après évacuation, les microbes sont de nouveau précipités sur le sol.
Les variations météorologiques sont appréciables : le nombre des microbes de l’air augmente de février à fin juillet, diminue d’août à janvier.
Leur nombre est plus ou moins considérable suivant la direction des vents, la pluie le fait diminuer dans l’air (mais augmenter dans les bas-fonds); la sécheresse l’augmente, à moins qu’elle ne soit très prononcée et très prolongée (influence bactéricide du soleil).
Les variations horaires sont surtout nettes dans les villes. Voici un exem¬
ple : prises d’air, place de la Madeleine :
8 heures du matin . 545 bactéries.
10 heures du matin . 2 300 —
Midi . 9 600 —
2 heures du soir . 14 200 —
5 heures du soir (circulation intense) . 20 800 • —
(Sartory et Langlais.)
En somme, le nombre des microbes varie surtout avec l’agitation plus ou moins grande des poussières :
Avant une classe . 320 000 microbes par mètre cube.
Après — . 1 600 — —
Dans une chambrée de caserne . 3 500 — —
Au lever des hommes . 32 000 — —
2° Au point de vue qualitatif , il existe aussi de grandes variations. On rencontre surtout des cocci (75 pour 25 bacilles), et des moisissures (plus nombreuses à la campagne et dans l’air des égouts). Les microbes sont surtout des saprophytes (b. aérophilus , subtilis , mesentericus , ureæ ), et même utiles, facteurs d’oxydases (Bouchard, Kijanizin). Quelques pathogènes peuvent être cependant rencontrés surtout dans la poussière (Manfred, Maggiora : bacille tétanique, vibrion septique), et surtout dans l’air des hôpitaux urbains : staphylocoques (Weitz), bacille tuberculeux (Cornet), muguet (G. Roux), streptocoques (Thèse de Chatin, Lyon), diphtérie, etc.
3° Pour le rôle de Vair dans la transmission des maladies contagieuses. , voir page 569.
|j. — FACTEURS COSM O- MÉTÉOROLOGIQUES
De tous temps, on a soutenu que les agents cosmiques et météorologiques avaient une influence directe sur l’organisme humain, sur l’équilibre de la santé, sur l’apparition des maladies, l’éclosion et le cours des épidémies. Mais ces notions n’étaient étayées que sur des observations vagues, mal définies, purement empiriques. Depuis quelques années, à la lumière des découvertes des physiciens modernes qui orientèrent les recherches de certains médecins, l’étude de l’influence sur la santé des éléments cosmiques et météorologiques, des climats, des saisons, est entrée dans une voie véritablement scientifique h On se rend compte actuellement qu’il existe une sorte d’équilibre entre l’organisme et les énergies du milieu extérieur, sous leurs formes les plus variées.
1° Lumière. — Les bienfaits de la lumière solaire pourraient se synthétiser dans cette formule : « Le soleil assure la vie de la presque totalité des êtres qui peuplent la terre. » Son action est un des facteurs indispensables au développement normal de l’organisme. La « carence solaire », sur laquelle a insisté Woringer, est à l’origine des troubles du métabolisme minéral, tels que la tétanie, le rachitisme et la spasmophilie. La lumière solaire est un des éléments de la prophylaxie non seulement de ces affections, mais de la tuberculose, des pneumonies, streptococcies, staphylococcies, méningococcies, oreillons, etc. Gomme l’a écrit Woringer : « Sur toutes ces maladies, la lumière exerce une action prophylactique certaine et l’irradiation systématique et régulière de tous les sujets permettra de réduire considérablement le taux de la morbidité de ces affections. »
On voit quelles applications il est indispensable de faire de cette notion capitale en hygiène urbaine, dans l’hygiène de l’habitation, scolaire et militaire.
Mais si la lumière est indispensable à la vie, elle peut aussi dans certaines conditions être nuisible à l’organisme humain. Jausion
1. Voir M. Piery. Traité de Climatologie biologique et médicale, 3 volumes, Paris Masson, éditeur, 1934. • — A.. Rochaix Les phénomènes météorologiques et cosmiques au point de vue de la santé publique. Revue de Météorologie médicale, décembre 1934.
LE MILIEU EXTÉRIEUR
et Pagès ont publié, en 1933, un magistral travail d’ensemble sur les Maladies de la lumière 1. Chez les individus photosensibles , les effets nocifs se font sentir surtout sur la peau, mais aussi sur les organes plus profonds (coup de lumière, ophtalmie des neiges, radioleucites de Gougerot, pellagre humaine, hydroa vacciniforme de Bazin, etc.). Il exite aussi une véritable photoanaphylaxie (urticaire solaire, eczéma solaire, etc.).
2° Chaleur. — Le rayonnement solaire produit, comme on sait, non seulement des effets lumineux, mais aussi des effets calorifiques, qui sont dévolus à la partie rouge et infra-rouge du spectre.
Inutile d’insister sur l’action bienfaisante générale de la chaleur à la surface du globe et sur l’organisme humain. C’est un chapitre de physiologie bien connu.
Quant aux effets pathogènes provoqués par la partie infra-rouge du spectre, ils sont nombreux.
Signalons rapidement les troubles du côté de la peau, dus à la chaleur, en général bénins : sudamina, hyperhydroses, dyshydroses, intertrigos.
L’action sur le tube digestif est indirecte, elle n’en est pas moins importante. Par la soif exagérée qu’elle provoque, elle entraîne l’apparition de troubles digestifs , arrivant à constituer de véritables embarras gastriques. Un des gros méfaits de la chaleur est la gastroentérite du nourrisson. De sa forme la plus bénigne à la plus grave (choléra infantile), cette maladie sévit sur les nourrissons pendant les mois chauds d’été (juillet et août).
Le coup de chaleur se présente, soit sous une forme bénigne (céphalée, poussée thermique légère), soit sous la forme grave : céphalée, photophobie, fièvre, prostration d’une durée de douze à vingtquatre heures, soit sous une forme foudroyante, avec délire, hallucination, hyperthermie, convulsions souvent suivies de mort. L’absence de ventilation, l’humidité de l’air, l’épaisseur des vêtements, constituent des facteurs adjuvants.
Chez l’enfant, spécialement chez le nourrisson, on observe un coup de chaleur typique (Lesage) survenant spécialement pendant les mois très chauds de l’été. Tantôt, on n’observe qu’une simple agitation, tantôt une poussée thermique, tantôt dans les formes graves, une déshydratation rapide, avec hypsrthermie, convulsions, mort fréquente.