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ATMOSPHÈRE URBAINE

scarlatine, coqueluche, diphtérie, etc.) proviennent des crachats, soit directement quand ils sont projetés sur la voie publique, soit indirectement quand, ayant été projetés ailleurs, leurs particules, fraîches ou desséchées, y sont ramenées (balayures des maisons et des cours, tapis ou linges souillés, secoués par les fenêtres, déversement du contenu des crachoirs dans le caniveau, etc.).

A la période de desquamation, les personnes atteintes de variole, de scarlatine, etc., perdent des parcelles épithéliales, contenant les germes de ces maladies. Si les malades sortent, ces parcelles tombent sur la voie publique, et, grâce à leur ténuité, elles sont facilement emportées par le vent et disséminées. Les squames contagieuses peuvent encore gagner la rue, avec les balayures des chambres ou par le secouement des linges et tapis par les fenêtres. Le cardage des matelas, en pleine rue ou place publique, peut aussi amener les germes de ces maladies, ainsi que ceux de la fièvre typhoïde, de la diphtérie, etc.

Indépendamment des germes pathogènes, la rue est le réceptacle d’un grand nombre d’objets en putréfaction, détritus, ordures échappées des poubelles, balayures des maisons, etc. Tout cela est pulvérisé par la circulation et se mêle au produit de l’usure des chaussées, en formant avec lui un milieu fermentescible, favorable à la pullulation des espèces microbiennes. Les souillures de la rue réagissent sur la santé des passants et des habitants riverains, soit en ramenant sur eux les germes pathogènes, soit en les incommodant par les poussières et les odeurs désagréables qui empêchent une bonne aération et une bonne respiration. Les germes de la rue peuvent se communiquer directement (germes d’origine cutanée), mais le plus souvent ils sont amenés à l’homme avec la boue et la poussière. Celles-ci rentrent dans nos maisons de mille manières (chaussures, habits, peau, objets de toutes sortes). La poussière pénètre par les fenêtres et les maisons riveraines se trouvent exposées à l’invasion des microbes les plus divers et les plus dangereux. De plus, leurs habitants n’osent plus ouvrir les fenêtres, pour éviter l’introduction des poussières et vivent ainsi dans un air non renouvelé, constamment vicié (voies parcourues par les automobiles). Enfin, les germes pathogènes des rues peuvent revenir à l’homme par l’intermédiaire des eaux, soit courantes (pluies), soit souterraines, auxquelles ils se mêlent en pénétrant dans le sol et en gagnant la nappe souterraine. Il y a donc un grand avantage, tant du point de vue hygiénique, que de la commodité et de l’économie du roulage et des transports, à revêtir convenablement les chaussées, et à les bien entretenir pour éviter le plus possible la boue et la poussière.

e) Les odeurs peuvent avoir des origines très diverses : odeurs provenant des établissements industriels, des moteurs des voitures de la rue, des fermentations des déchets urbains (ordures ménagères, etc.), du refoulement provenant des égouts, etc. Ces odeurs, auxquelles certains organismes sont très sensibles, contribuent à vicier l’atmosphère des villes.

Les gaz, les fumées, les brouillards, les poussières, etc., donnent à l’atmosphère urbaine, au « climat » urbain une de ses catactéristiques les plus importantes.

3° Carence solaire. ■ — Toutes les impuretés de l’atmosphère, que nous venons d’étudier, absorbent les radiations solaires et produisent une perte de lumière, une diminution de la luminosité, qui peut être considérable. Sorre indique, qu’en hiver, dans les grandes cités industrielles de l’Angleterre, le déficit d’insolation peut atteindre ou même dépasser 50 p. 100 et ce fait est d’autant plus important que l’hiver est la saison où la durée d’insolation est la moindre.

Or, on sait que les radiations ultra- violettes sont indispensables à la fixation du calcium et du phosphore. Il résulte de leur trop faible quantité ou de leur absence complète, un trouble grave du métabolisme minéral de l’enfant, qui aboutit, en particulier, au rachitisme. C’est d’ailleurs au printemps, après la carence solaire particulièrement intense de l’hiver, qu’on l’observe le plus fréquemment.

N’oublions pas que l’insuffisance de la fixation du calcium et du phosphore paraît jouer un rôle dans la création des « terrains tuberculisables ».

4° Température . — - L’atmosphère des villes a une température plus élevée que celle des campagnes; la différence est de l’ordre de un degré. Dans l’intérieur même des villes, on a observé qu’il existe une différence thermique en un point donné, alors qu’il est encore espace libre et après qu’il a été couvert de constructions. On a observé également, d’après des observations faites en France et en Allemagne, que le printemps dans les villes est plus froid qu’à la campagne; par contre, l’automne est plus chaud. Mais il ne semble pas que ces différences de température aient une influence bien notable sur la santé des habitants.

5° Électricité atmosphérique. - — Un champ nouveau commence à être exploré. Ce sont les modifications de l’électricité atmosphérique dans le milieu urbain. « Les villes, avec leurs hautes maisons de pierre, représentent des régions désélectrisées » (Piéry). Maurain et Salles (1929), ont signalé, qu’à Paris, la proportion en nombre des gros ions est beaucoup plus grande qu’à la campagne. Elle est en rapport avec le degré de pollution de l’atmosphère et permet de la mesurer. Il existe des variations de l’ionisation et de la conductibilité avec les vents qui transportent avec eux les ions eux-mêmes et aussi les poussières, les fumées, les vapeurs industrielles.

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