ÉBRANLEMENTS DE N ATMOSPHÈRE
On a noté aussi la désélectrisation de l’atmosphère des chambres dont la conductibilité augmente dès qu’on ferme les fenêtres (Dorno).
On ne sait encore quelle est l’influence, peut-être importante, de cette désélectrisation, sur l’organisme humain. Nous devons ajouter que dans les grandes villes, il se crée des champs électriques artificiels de fort potentiel, dus à la présence de réseaux de courants électriques utilisés dans les industries, pour le fonctionnement des tramways, dans les maisons, à l’émission des ondes hertziennes, etc. Quelle est aussi l’influence de toutes ces radiations au milieu desquelles nous sommes plongés, et de leurs variations, sur l’organisme, nous ne le soupçonnons pas encore.
6° Ébranlements de V atmosphère. — Les bruits, les vibrations de toute nature (trépidations, etc.), deviennent de plus en plus nombreux et intenses dans les villes et jouent un rôle de plus en plus nocif dans la vie des citadins.
En 1930, l’Académie de Médecine s’est préoccupée de ce danger, qui grandit. Une commission, dont Portier était rapporteur, a rappelé les méfaits causés par le bruit. Il trouble les opérations intellectuelles les plus simples; il apporte une entrave marquée au travail cérébral : « il exagère donc la fatigue, déjà grande du fonctionnement de nos centres d’élaboration ». Il entrave le sommeil ou le trouble, le rendant moins réparateur. Sur le terrain pathologique, il exagère les tendances à l’excitation, les troubles du caractère; il suscite des réactions violentes chez les prédisposés constitution els. Chez les déprimés, il s’oppose à la guérison qui ne s’obtient que par le calme, la tranquillité et le silence. Les anxieux, si nombreux de nos jours, voient leur état s’aggraver. La vie dans le bruit, pour des organismes déjà fatigués, physiquement et intellectuellement, crée un état d’intolérance, propice au développement des conditions psychonévropathiques.
Gommés a très bien étudié les malades victimes du bruit, les « bruités » suivant son expression, caractérisant les traumatisés, pour les opposer aux grands commotionnés du bruit que sont les « assourdis ».
Les méfaits des vibrations sont les mêmes que ceux du bruit.
Les causes des bruits, dans les villes, en dehors de ceux de provenance industrielle (voir Hygiène du Travail et Établissements classés ), sont multiples.
Ce sont le roulement des tramways et des chemins de fer, surtout si les rails sont mal coaptés, les moteurs à explosion, les moteurs à usage domestique, les
fours à mazout, les pétarades des échappements libres des automobiles et des motocyclettes, les appels souvent abusifs des klaxons, les trompes de tramways, les sirènes de bateaux fluviaux ou de navires, les camions automobiles portant des charges mal arrimées, etc. Les camions lourds, de poids excessif, roulant à allure rapide, dans les rues des villes, non seulement causent un vacarme excessif et des trépidations nocives pour le système nerveux, mais endommagent les chaussées, détériorent les immeubles riverains, en provoquant la désagrégation des mortiers et des ciments.
A ces bruits, dus au progrès du machinisme des moyens de circulation, il faut ajouter les bruits des fêtes foraines, des appareils de T. S. F., dont les excès sont souvent dénoncés dans la grande presse, les bruits domestiques de toute espèce, etc., amplifiés par les caisses de résonance que constituent les immeubles modernes en ciment ou en béton armé. Ce sont surtout les bruits inopinés qui sont nocifs, par le choc qu’ils produisent, mais les bruits incessants, même peu violents, fatiguent aussi à la longue le système nerveux.
Les « microtraumatismes » du système nerveux, répétés de façon incessante, sont certainement avec l’alcoolisme, la syphilis, les multiples carences alimentaires, les causes, souvent associées d’ailleurs, de l’augmentation des maladies nerveuses et mentales, dont on déplore actuellement l’augmentation (Daniel).
La lutte contre le bruit, véritable danger social, est une nécessité aussi impérieuse que la lutte contre les autres fléaux.
7° Accumulation des déchets solides et liquides. —
Les agglomérations produisent chaque jour une quantité considérable de produits résiduaires de toute nature, qu’on ne peut, sans danger, laisser s’accumuler dans les maisons ou sur la voie publique. Ce sont les déchets de la vie domestique, ordures et eaux ménagères, excreta humains, animaux, produit du balayage des rues, eaux industrielles, etc. Tous ces déchets, solides et liquides, produits en quantité considérable sont souvent très fermentescibles, et dégagent des gaz, des odeurs nuisibles. Ils peuvent renfermer des microbes dangereux. Ils se dessèchent, se transforment en poussières, qui peuvent être bacillifères, etc. (voir p. 290). Il est de toute nécessité de s’en débarrasser, sans qu’il en résulte de danger ou même d’incommodités pour les habitants. (Voir les chapitres suivants.)
8° Alimentation. — Dans les villes, les régimes alimentaires sont souvent défectueux. L’alimentation est, en général, plus abondante que dans les campagnes. On y fait abus du régime carné, qui provoque des auto-intoxications (Mouriquand). On y consomme des