‹ Précis d'hygièneChapitre 150 sur 447 · GENRE DE VIE · texte numérisé non relu

GENRE DE VIE

aliments qui ne sont pas frais (œufs, beurre, lait, poisson). Malgré l’activité du service des fraudes, les aliments sont souvent sophistiqués. On fait un emploi abusif des conserves (aliments stérilisés, laits industriels modifiés, conserves de légumes, de fruits, etc.). L’absorption de pain trop blanc peut entraîner à la longue F « amidonisme », consistant en troubles gastro-intestinaux légers, anémie, asthénie, une certaine tendance aux infections, etc., surtout chez les enfants. Enfin les repas hâtifs, mastiqués trop rapidement, sont le fait de la vie trépidante des grandes villes.

9° Sédentarité. — En raison du genre de profession de nombreux habitants des villes, de la multiplicité des moyens de transport, etc., un autre danger guette les habitants des villes, la sédentarité, avec son cortège de malaises et de troubles pathogènes.

La sédentarité entraîne, chez les jeunes comme chez les vieux, un ralentissement des échanges tissulaires qui se traduit par ce que nos ancêtres appelaient l’arthritisme.

L'obésité , le diabète , la constipation , les hémorroïdes sont les premiers maux qui surviennent. Mais, à la longue, tous les tissus, tous les systèmes, toutes les fonctions physiologiques, tous les viscères, finissent par souffrir de la vie sédentaire, en raison de la rupture de l’équilibre nutritif.

Il est donc nécessaire de pourvoir les villes d’espaces libres, de terrains de jeux, de sports, de stades, de piscines, etc., pour permettre à la population de lutter contre la sédentarité et ses effets, par la pratique de l’exercice physique et des sports.

10° Genre de vie. — - Dans les villes, on vit plus facilement dans l’air confiné; l’habitation en appartement favorise certainement l’hypo-aération. La vie urbaine est plus agitée que la vie à la campagne, elle impose des surmenages répétés par la multiplication des occupations, des déplacements et des distractions. Le cinéma, par exemple, non seulement réduit les heures de sommeil et de repos, mais apporte au système nerveux un surcroît d’excitations psychiques, lumineuses, acoustiques qui ne sont pas sans entraîner la fatigue, à la longue.

Tous les facteurs nocifs que nous venons d’étudier constituent un milieu biologique des plus néfastes pour l’organisme humain. Mouriquand a bien établi en particulier, l’existence, chez les enfants, des « inadaptés urbains » avec leurs diverses catégories et leurs

manifestations pathologiques variées. L’éloignement de la ville à une certaine distance et le séjour prolongé dans une campagne quelconque, suffisent, la plupart du temps, à les guérir. Pour les adultes, il en est de même. Les manifestations de ce que l’on appelait autrefois l’arthritisme, mot qu’on ressuscite en ce moment, qui, englobent tous les phénomènes d’intolérance, les réactions anaphylactiques, etc., sont la conséquence du milieu urbain et du genre de vie qu’on y mène.

Toutes les œuvres de plein air sont incontestablement des plus utiles et doivent être encore développées, mais le séjour que les citadins y font est trop court. Quelques semaines de grand air ne suffisent pas. Ce ne sont que des palliatifs. Il faut transformer progressivement nos villes, y supprimer toutes les nuisances, rendre l’air salubre. L’hygiène de l’air est plus en retard que celle de l’eau ou de aliments.

Page 1