‹ Précis d'hygièneChapitre 155 sur 447 · PROPRETÉ DES VOIES · texte numérisé non relu

PROPRETÉ DES VOIES

seaux doivent être situés à la jonction du revêtement de la chaussée et de la bordure des trottoirs adjacents. Autrefois, la chaussée avait une concavité centrale, qui réunissait les eaux de la rue en un ruisseau médian. On adopte partout le sytème des ruisseaux latéraux . De distance en distance, s’ouvrent des bouches chégout par où les eaux s’écoulent dans les conduites souterraines.

4° Entretien et nettoiement de la voie publique. —

Le bon nettoiement quotidien est capital. C’est sur lui que l’on compte pour débarrasser promptement la voie publique des immondices qui y sont encore trop fréquemment déposées. C’est aussi lui qui doit faire disparaître la boue, enlever ou agglutiner la poussière, au fur et à mesure qu’elles se forment et qu’elles deviennent gênantes. Ces opérations doivent se faire aussi discrètement que possible et sans gêner sérieusement les habitants. C’est dans ce but que beaucoup de villes allemandes font leur toilette la nuit, ce qui les laisse, dès le matin, propres, arrosées fraîchement et débarrassées de ces équipes de travailleurs, plutôt encombrantes pour la circulation. Encore inusité en France, ce mode de faire ne saurait être trop conseillé, malgré son coût plus élevé.

Le balayage doit toujours être précédé d’un arrosage. L’arrosage qui a, d’ailleurs, aussi pour but de rafraîchir, doit être suffisant pour agglutiner les particules poussiéreuses et les empêcher d’être soulevées par le vent, par le balai ou par le passage des roues; mais il ne doit pas aller jusqu’à la boue, ce qui ferait retomber dans un autre mal. Pour cela la quantité déversée doit rester généralement aux environs de 0 1. 500 par mètre carré et elle doit arriver sur la chaussée, en gouttelettes, semblables à la pluie.

L’arrosage peut se faire à la main avec l’arrosoir ordinaire, c’est le cas pour les soins locaux, sur certains points, soit à la lance (ne pas projeter le jet trop violemment, pour éviter de faire voler la poussière), soit avec des tonnes, munies de rampes perforées ou de boîtes cylindriques (système Plainchamps), avec un piston pour faire varier à volonté le nombre des orifices en service et par suite l’intensité de l’arrosage (fig. 42). Il est utile d’adjoindre aux tonnes une pompe de compression assurant à l’eau une pression uniforme et, par suite, un débit toujours semblable.

Ifidée d’associer dans une même machine l’arrosage préalablement et le balayage subséquent est récente. Elle est réalisée dans un certain nombre de machines qui projettent l’eau, réduite en

HYGIÈNE GÉNÉRALE DES VILLES

gouttelettes ou pulvérisée en avant du balai-brosse, quelques-unes de ces machines ramassent même les produits, au moyen d’un élévateur qui va les déverser dans une caisse, le tout sans laisser échapper de poussière.

Mais le balayage mécanique devient difficile sur les empierrements, dès que la boue est un peu compacte : il faut appuyer trop fortement sur le sol; et alors on arrache les matériaux et on désagrège la chaussée. Il faut, dans ce cas, recourir pour l’ébouage plutôt à des raclettes ou rabots avec chevaux (éboueuse Marmet, char éboueur Ghardot, etc.), toutes portant des rangées de racloirs, qu’on appuie plus ou moins sur la chaussée et qui amènent la boue sur les côtés. Il reste à enlever ces cordons de boue; c’est une opération coûteuse, car il faut les charger dans des « casserolles » et aller les vidanger dans des lieux de dépôt. Aussi, est-ce surtout par la quantité de boue qu’il produit, que l’empierrement est si inférieur au pavage.

5° Lutte contre les moustiques . — Certaines villes sont envahies et incommodées par les moustiques. Il s’agit, dans les climats tempérés, du moustique vulgaire (culex pipiens) . C’est lorsqu’il est à l’état larvaire qu’on peut vraiment l’atteindre pour le détruire. La lutte antilarvaire est basée sur la recherche et le traitement des gîtes, qui sont surtout des gîtes de fosse d’aisances et des gîtes d’égouts. Pour les premiers, voir page 611. Pour les seconds, c’est par un « tout à l’égout », réalisé dans de bonnes conditions qu’on les fera disparaître (p. 370).

Fig. 42. — Voiture automobile Berliet. pour l’arrosage

des rues.

Page 1