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FRANCE. REMÈDES

La France se dépeuple parce que sa natalité baisse et que sa mortalité est encore à un taux trop élevé. Étudions les causes qui influencent ces deux facteurs.

A. «— Trop faible natalité.

On pourrait disserter longuement sur les causes de notre faible natalité. La natalité est régie par une loi générale : elle est fonction du degré de civilisation d’un peuple, c’est-à-dire, de l’intensité et de la multiplicité des besoins, de la cherté de la vie, de son éducation morale et religieuse, etc. S’il y a des causes médicales empêchant la natalité (stérilité), dans l’immense majorité des cas, il s’agit de restriction volontaire. Un pays n’a que le nombre d’enfants qu’il veut.

1° Causes médicales.

a) Stérilité. — Il est certain qu’un nombre assez notable de ménages désire des enfants et n’en peut avoir. On estime qu’un ménage sur dix environ est inapte à la procréation, de façon temporaire ou définitive. La cause de la stérilité se rencontre dans 40 p. 100 des cas, chez l’homme, dans 60 p. 100 chez la femme.

Chez I’homme, il s’agit de malformations, hypospadias, lésion infectieuse chronique (noyau d’épididimyte, ancienne orchite double blennorrhagique, se traduisant par une atrophie testiculaire, etc.).

Chez la femme, les causes de stérilité peuvent être dues à des lésions du tractus génital , d’origine mécanique (malformations, rétrécissements congénitaux ou acquis, déformations ou déviations) ou plus souvent d’origine infectieuse , soit que l’inflammation larvée ou éteinte, ait produit une sténose de l’utérus ou de la trompe, soit que l’infection soit plus récente, plus ou moins virulente et provoque des sécrétions vaginales ou utérines, défavorables à la fécondation.

La stérilité peut être aussi conditionnée par l’état de l’ovaire, berceau des ovules. Il s’agit d’une stérilité de fabrication. Tantôt o’est

DÉMOGRAPHIE

une lésion ovarienne véritable (kyste, tumeur solide de dimensions variables, ovarite micro-kystique). Tantôt il s’agit d’un trouble fonctionnel ovarien (absence d’ovulation, expulsion d’ovules inaptes à la fécondation, ovulation à contre-temps, etc.).

Ces lésions et ces troubles peuvent être traités avec efficacité, soit chirurgicalement, soit médicalement.

Devraigne a, le premier, organisé à l’hôpital Lariboisière, en 1925, un centre de consultation et de traitement contre la stérilité. Sur 3 500 cas traités, il a obtenu 700 succès, ce qui représente 20 p. 100 des cas curables. Ce moyen d’aide à la natalité n’est donc pas négligeable. Des centres analogues devraient être .organisés dans toutes les agglomérations de quelque importance.

b) Maladies vénériennes. — La syphilis peut frapper un ménage de stérilité (non forcément incurable). Mais, le plus souvent, si la maladie permet la fécondation, elle frappe le produit de la conception. C’est l’avortement. Suivant la statistique d’Étienne, 100 femmes syphilitiques non traitées, ayant donné 100 grossesses comptent 62 fœtus mort-nés, dont plus de 60 p. 100. Quant aux autres, ils sont voués aux tribulations lamentables de l’hérédo-syphilis (voir p. 901).

La blennorragie est une grande cause de stérilité, chez l’homme et surtout chez la femme (vaginites, cervicites, salpingites ou salpingoovarites, etc.).

La syphilis est une grande tueuse d’enfants, la blennorragie empêche souvent de les procréer. La lutte antivénérienne a une grande importance au point de vue de la natalité (voir p. 898).

c) Alcoolisme. — Ce fléau a surtout une répercussion sur la qualité des enfants. Dans certains milieux, la conception n’est qu’une « mésaventure physiologique «pendant l’ivresse. La lutte anti-alcoolique a la plus grande importance au point de vue de la natalité saine (voir p. 954).

2° Causes morales et sociales.

a) Nuptialité. — On a incriminé comme cause de dénatalité la faible nuptialité française. Avant la guerre (1906-1910) la France avait une nuptialité de 15,8 p. 1 000, c’est-à-dire moyenne, au niveau

de la plupart des nations européennes. Après la guerre, le taux a dépassé 16, jusqu’en 1930, puis s’est mis à baisser, surtout en raison de l’arrivée à l’âge du mariage des générations réduites nées de 1915 à 1919. Le tableau ci-dessous permettra de comparer notre nuptialité à celle des pays voisins :

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