F. — ÉTAT ACTUEL DE LA LUTTE CONTRE LE TAUDIS
Dans la plupart des pays, on se préoccupe activement du problème de la disparition du taudis. L’Angleterre poursuit un admirable effort pour l’amélioration de l’habitation. On sait qu’un plan quinquennal pour la destruction du taudis a été établi; il prévoit la démolition de 266 851 maisons, qui devront être remplacées par 285 189 constructions neuves.
En Belgique, nous trouvons les mêmes préoccupations. La Ligue nationale belge contre le taudis a constitué une société dont le but est de construire des logements très simples, d’un prix de revient aussi réduit que possible, pour les familles les plus malheureuses qui habitent les taudis de l’agglomération bruxelloise. Or, une enquête faite par les comités de patronage a révélé l’existence dans tout le pays de 30 000 taudis dans lesquels on a trouvé plus de 6 000 familles nombreuses et nécessiteuses.
Dans les Pays-Bas, à Amsterdam, des quartiers entiers ont été démolis et reconstruits.
Aux États-Unis, des dispositions ont été prises pour combattre le chômage par la démolition des taudis et la construction de nouvelles habitations.
En France, quelques grandes villes, Paris entre autres, ont entrepris, avec une plus ou moins grande activité, la lutte contre les îlots insalubres et les taudis isolés, qu’elles possèdent en si grand nombre.
A Paris, la lutte a pu être poursuivie méthodiquement grâce au casier sanitaire des maisons, établi, dès 1894, par Juillerat.
L’enquête entreprise, en 1919, dans la capitale, et qui a abouti au rapport du 23 décembre 1921, a montré qu’il existait, répartis sur douze arrondissements, 17 îlots insalubres, comprenant 4 200 immeubles et abritant 186 594 personnes, où la mortalité annuelle était double de la mortalité générale de Paris.
En décembre 1923, M. Roeland a montré devant le Conseil municipal, qu’il fallait un milliard de francs pour faire disparaître ces îlots insalubres. On entreprit immédiatement la démolition de l’îlot n° 9 (18e arrondissement, quartier Clignancourt), on a attaqué ensuite l’îlot n° 1 (3e et 4e arrondissement, entre le boulevard Sébastopol,