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PROCÉDÉS DYNAMIQUES D'ÉVACUATION

agglomérations sont divisées en sections et une distribution spéciale amène de l’air comprimé, à chaque point bas. On peut, grâce à lui, relever les eaux vannes à chaque station. L’appareil le plus usité dans ce but est l’éjecteur Shone (l’hydro-élévateur Salmson, qui est une sorte d’éjecteur double, remplit le même but). L’eau d’égout arrive par la conduite A (fig. 80) et remplit l’éjecteur. Une fois plein, l’eau est refoulée dans la conduite B, vers le débouché de l’égout.

Ce système a le grand inconvénient d’exiger l’établissement d’une distribution d’air comprimé. Cette distribution est difficilement maintenue étanchée et, les fuites augmentant avec le temps, le rendement devient mauvais.

d) Système par dépression et chasse d’air. — - Des ingénieurs (Chappée, Gandillon) ont conçu et réalisé un système d’égouts séparatifs à chasse d’air. On peut, en effet, concevoir « l’atmosphère comme un immense réservoir de chasse toujours rempli d’air pesant ». La pression atmosphérique s’exerce sur le sol, à raison de 10 333 kilogrammes par mètre carré, ce qui équivaut à une épaisseur d’eau de 10 m. 33.

Par conséquent, toute conduite mise en communication avec un milieu en dépression, dont l’autre extrémité, est à l’air libre, reçoit une chasse d’air d’une puissance que le calcul a montré être 100 fois supérieure à la chasse d’eau. On peut ainsi recevoir dans un égout-vanne constituant un vase clos, tous les déchets liquides, solides ou gazeux (moins, bien entendu, ce qui est réservé au réseau pluvial). Les liquides s’écoulent par gravité, les solides sont propulsés par les puissantes chasses d’air et les gaz sont rassemblés en un point où l’on peut les neutraliser ou les détruire.

On devine l’intérêt de ce système qui évacue tous les déchets des agglomérations et qui présente des avantages certains (suppression des pertes, simplification du problème de la ventilation des égouts, etc.). 11 a été appliqué à Villeneuve-Saint-Georges, à Rouen et à Dieppe et en Amérique, dans nombre de villes.

3° Comparaison du système unitaire et du système séparatif. — Il faut se placer à différents points de vue :

a) En ce qui concerne la protection des cours d'eau, le système séparatif paraît supérieur; avec l’unitaire, le fleuve reçoit le mélange d’eaux vannes et d’eau de ruissellement; avec le séparatif il ne reçoit que le réseau pluvial. En réalité, dans les grandes villes, l’eau de ruissellement est extrêmement souillée, presque autant que les eaux vannes, et le système séparatif perd beaucoup de sa supériorité; dans une petite ville bien tenue, où les maisons sont espacées et la circulation peu intense, les causes de pollution sont moindres, et l’eau de ruissellement reste assez propre.

b) Au point de vue de la facilité d'évacuation et d'entretien , l’unitaire est le système le plus parfait, en raison de sa simplicité, de la facilité de la visite et de nettoyage de ses égouts à grande section, du fonctionnement par simple gravité.

c) Au point de vue de la facilité d' épuration, le système séparatif a nettement le dessus. Il n’envoie, en effet, aux champs d’épandage ou aux installations d’épuration que le débit modéré et régulier du réseau-vanne, lequel est, en outre, d’autant plus apte au traitement ou à l’extraction des produits, qu’il s’agit d’une eau très semblable à elle-même et ayant un maximum de valeur en principes fertilisants : le directeur de l’épuration, qu’elle soit agricole, chimique ou bactérienne, peut pratiquer ses opérations régulièrement et à coup sûr.

d) Au point de vue des dépenses (le plus important, les deux systèmes satisfaisant d’ordinaire aux exigences de l’hygiène), l’installation et l’entretien d’un réseau séparatif sont plus coûteux, mais on peut plus facilement récupérer, dès sa sortie, des sous-produits qui diminuent d’autant la dépense. Il n’y a pas de solution unique; suivant les conditions locales, c’est tantôt l’un ou l’autre système qui l’emporte.

e) En somme, on doit toujours adopter la résolution votée par le Congrès d’Hygiène de Bruxelles, en 1903 : « Les systèmes séparatif unitaire et mixte peuvent être utilement employés, selon les circonstances. Ce n’est qu’après une étude comparée, après avoir soigneusement mis en balance les avantages et les inconvénients de divers systèmes pour le cas particulier, soumis à son examen, que l’ingénieur sanitaire pourra prétendre formuler des conclusions fondées. »

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