II. — UTILISATION DES EAUX NATURELLES
Si l’eau est suffisamment pure, on peut l’utiliser sans la traiter.
1° Eaux météoriques . Eau de pluie. Rosée. — L’eau des citernes est trop peu minéralisée (p. 406), difficile à recueillir en grande quantité, difficile à préserver des souillures extérieures. Cependant ce mode d’alimentation en eau potable est le seul possible dans certains pays. On recueille, en général, l’eau des toits qu’on conduit dans des citernes cimentées. Celles-ci devraient toujours être construites au-dessus du sol. A Venise existaient, autrefois, des citernes- filtres où l’eau traversait une couche de sable avant d’arriver dans la citerne.
On a essayé, dès l’antiquité, d’utiliser Yhumidité atmosphérique. Knapen a repris l’étude de ce problème dans ces dernières années. Il a installé à Trans-de-Provence un « puits aérien » (fig. 89), qui permet de condenser l’humidité atmosphérique pendant la nuit.
rochaix. — • Précis d’hygiènet
U EAU POTABLE
Les résultats sont très encourageants et ne tarderont pas à permettre la mise en usage de ces puits qui rendront les plus grands services dans les régions désertiques.
2° Nappes souterraines. Puits. — Les puits sont un mode très habituel de puisage de l’eau; dans beaucoup de régions, c’est le seul moyen pratique.
Les puits ordinaires ne dépassent pas la première nappe superficielle; l’eau est alors souillée par toutes les impuretés, ainsi que le démontrent les analyses chimiques et bactériologiques. Ces puits doivent être absolument condamnés.
Devraient seuls être utilisés les puits profonds, c’està-dire qui dépassent la première couche superficielle, traversant la couche imperméable et allant ainsi utiliser la nappe profonde. L’eau de ces puits peut être excellente.
Néanmoins, des précautions spéciales doivent être prises au moment de la construction, pour que la nappe superficielle ne puisse pas filtrer le long du mur du puits et contaminer la nappe profonde. Il faut aussi que la margelle dépasse le sol et soit fermée, pour que les souillures ne puissent jamais pénétrer dans le puits lui-même. Malgré toutes ces précautions, les puits sont toujours suspects , étant le plus souvent situés au voisinage immédiat des fermes, des fosses à fumier, etc.; à plus forte raison doivent-ils être condamnés dans les villes. L’eau ne doit pas être puisée par un seau, mais par une pompe.
Les puits tubulaires ont rendu de grands services, surtout pour les armées en campagne. Ce sont des tubes métalliques larges de 30 à 60 centimètres que l’on fait pénétrer très rapidement dans la nappe profonde.
Les puits artésiens (Artois, 1126), utilisés depuis longtemps par les Chinois, et dont deux types existent à Paris (Grenelle et Passy), mettent en relation avec la surface une nappe d’eau souterraine, sous pression en général, trop minéralisée, peu potable.