ÉPURATION DE L'EAU
Les appareils qui utilisent la chaleur sont nombreux : Lepage (fig. 98), Gartault (fîg. 99), Dehaître, etc. Dans plusieurs de ces appareils, la rentrée d’air, pendant le refroidissement, se fait à travers un tube muni de coton. Un certain nombre d’appareils (Geneste et Herscher, Vaillard et Desmaroux, etc.), sont suscepti-
Fig. 98. — Appareil Lepage (schéma). — 2, 1, arrivée de l’eau impure. — 5, bouilleur chauffé par la flamme 7. — 8, 9, 10, 11, 12, eau stérilisée ; l’eau 9, 10, échauffe l’eau 4.
blés de donner des quantités d’eau suffisantes pour des casernes, des hôpitaux, des écoles, etc.
2° Filtration. — On utilise différentes substances.
a) Sable. — Il existe des filtres à sable non submergé, de petit modèle, utilisables dans les ménages (p. 422).
b) Charbon et grès . — Les filtres au charbon et au grès ne sont en réalité que de simples clarificateurs ; ce ne sont pas des filtres pouvant inspirer confiance pour l’arrêt des microbes.
U EAU POTABLE
c) Porcelaine. — C’est le filtre Chamberland. Il est constitué par une bougie de porcelaine de Sèvres, dégourdie à 1 200 degrés, et
non recouverte d’émail. Les lettres indiquées sur les modèles vont de B à F ; le modèle B est le plus poreux et le modèle F le moins poreux. Ces bougies peuvent être employées seules et adaptées au robinet (fig. 100) ; un appareil métallique fonctionnant ainsi sous pression débite 3 à 4 litres à l’heure, on peut coupler les bougies à plusieurs sous pression, ou en les trempant simplement dans un récipient (fig. 101).
La filtration à travers les bougies Chamberland (sauf pour les microbes dits invisibles) est parfaite. C’est avec la bougie Chamberland qu’on isole les toxines des cultures microbiennes. Mais, en pratique, il faut faire des réserves. En effet : 1° La bougie peut être vendue fêlée , et par conséquent ne filtrant pas. Il importe d’essayer chaque bougie que l’on achète, en la plongeant dans un seau d’eau et en faisant pression intérieurement par la tétine, par exemple au moyen d’une pompe à Fig. 99. — Appareil Cartauit. — a, bicyclette. Aucune bulle d’air ne doit caiéfacteur. — d, échangeur de passer si la bougie n’est pas fêlée,
manque. — e, évacuation des 2° Ces bougies nécessitent un netgaz brûlés. — f, serpentin. — h, toyage , une stérilisation assez fré-
l’eau impure. - l, eau stérilisée, quente, toutes les semaines environ.
En effet, le dépôt de matières organiques ou autres et de microbes, qui se fait à la surface de la bougie, a pour résultat de diminuer le pouvoir filtrant et laisse petit à petit passer des microbes. La bougie devient alors dangereuse, si h dépôt contient des microbes pathogènes qui passent ainsi continuellement. Il faut donc, toutes les semaines, régénérer la bougie.
L', sortie de l’eau stérilisée.
T, thermomètre.
EPURATION DE L’EAU 433
c’est-à-dire la faire tremper, la brosser soigneusement et la chauffer ensuite au rouge, sur un bec Bunsen ou une lampe à alcool; après cela, l’employer, comme ci-dessus. Il résulte de ces précautions nécessaires que la bougie Ghamberland, excellent appareil s’il est
bien surveillé, donne, en réalité, au robinet de cuisine et livrée
Fig. 100. — Bugie Chamberland sous pression.
dans la plupart des cas, adaptée à la seule surveillance des cuisinières, de très mauvais résultats.
d) Amiante. — L’aéro filtre Mallié est constitué comme une bougie Ghamberland mais avec de la porcelaine d’amiante (de
Fig. 101. — Batterie de bougies Chamberland sous pression.
Garros) cuite à 1 200 degrés. Les pores sont plus fins que ceux de la porcelaine ordinaire. Le nettoyage est nécessaire tous les 12 jours environ.
e) Terre d'infusoire. — Berkefeld (Allemagne) fabrique des bougies en terre d’infusoire; le débit est plus rapide que celui des filtres Chamberland; mais le nettoyage doit être plus fréquent. Donc, inférieure au filtre Ghamberland.
f) Amiante et cellulose. — Les filtres pasteurisants (Pottevin) filtrent l’eau à travers de la cellulose additionnée d’amiante. On change la plaque d’amiante tous les huit ou neuf jours.
g) Eponge de fer ou fer magnétique. — Filtres nombreux, mais insuffisants.
3° Autres moyens physiques. — a) Ozone. — Nous avons vu (p. 424) qu’il existait des appareils domestiques à ozone (Otto, etc.).
ROCHAIX.
L’EAU POTABLE
b) Rayons ultra-violets. — L’appareil ménager le plus pratique est celui qui utilise les propriétés bactéricides des rayons ultraviolets.
On sait que le spectre solaire n’est pas entièrement visible; il possède des régions invisibles à ses deux extrémités : l’infra-rouge (rayons caloriques), et, de l’autre côté, l’ultra-violet (rayons chimiques). Les longueurs d’onde des radiations sont de plus en plus courtes à mesure que l’on s’avance de l’infrarouge vers l’ultra-violet. Le tableau suivant montre les longueurs d’onde en unités angstrôm (A — 0 m., 000 000 000 1) des radiations ultra-violettes. Ce sont des rayons de très courte longueur d'onde. Ces rayons, extrêmement dangereux (coups de soleil, impression de la plaque photographique, accidents au voisinage des appareils), sont presque tous absorbés par l’atmosphère; aussi le spectre solaire ne contient-il des rayons que de radiations supérieures à 2 950 A. Il faut donc s’adresser à des spectres artificiels, pour avoir les rayons véritablement bactéricides , c'est-à-dire la longueur d'onde inférieure à 2 800 A.
Longueurs d'onde (X) exprimées en unités angstrôm (A).
Limite de l’infra-rouge (Bec Auer) . 600 000
— — solaire . 300 000
— du rouge visible . 7 610
— • du violet — . 3 970
— de l’ultra-violet solaire . 2 950
métallique . 1 200
— — extrême (Spectres de gaz) .... 1 030
La source artificielle la plus importante est la lampe en quartz à vapeur de mercure.
C’est un tube de quartz dans lequel on fait le vide; les deux électrodes plongent dans du mercure; ces deux masses de mercure ne communiquent que pour l’allumage; ensuite le courant passe de l’une à l’autre par les vapeurs de mercure, qui restent luminescentes tant que le courant passe. Ces vapeurs luminescentes donnent naissance au spectre du mercure (3 650 A à 2 225 A).
Ce sont surtout les rayons de longueur d’onde, inférieurs à 2 800 A, qui sont bactéricides. Aussi est-il excessivement dangereux de s’approcher sans protection d’une lampe de Kromayer ou d’une lampe quelconque en quartz à vapeur de mercure; en quelques secondes on s’expose à des éruptions cutanées graves, à des ophtalmies, etc.
J. Courmont et Th. Nogier, les premiers, en 1909, ont appliqué ce pouvoir bactéricide des rayons ultra-violets à la stérilisation de l’eau. Ils ont montré