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CHAPITRE XXIII

L HÔPITAL

L’hospitalisation des malades est un problème municipal de première importance et d’une infinie complexité. Le degré de civilisation d’une cité se mesure, en grande partie, à l’état de son organisation hospitalière.

1° Principes généraux. — Trois grands principes dominent la question : 1° l’hôpital doit fournir au malade le maximum de soins et ne doit lui faire courir que le minimum de risques du fait de la promiscuité avec d’autres malades ; 2° l’hôpital n’est pas un hospice ; il ne doit recevoir que les malades ne pouvant pas être soignés chez eux ou dans des établissements de repos; 3° l’hôpital devrait recevoir tous lès malades contagieux , même de la classe riche , et assurer leur isolement individuel.

La méconnaissance des deux premiers principes pèse lourdement sur l’organisation de nos hôpitaux français. L’hôpital français est en réalité un hospice, installé suivant l’ancienne conception; il reçoit tous les malades indigents et les garde souvent jusqu’au moment où ils peuvent reprendre le travail. Il y a confusion complète entre l’hospitalisation, qui est affaire médicale, et l’assistance qui est affaire municipale. Résultats : Y encombrement et la gêne financière. On peut affirmer que plus de la moitié des malades présents dans nos hôpitaux sont en réalité des assistés et non des traités. Ces malades devraient être assistés par la municipalité, soit chez eux, soit dans des hospices de banlieue; une consultation gratuite bimensuelle suffirait; la dépense serait au total inférieure, et le budget spécial des hôpitaux serait suffisamment allégé pour pouvoir fournir le maximum d’efforts en vue du traitement et de l’isolement des véritables malades. En un mot, le grand défaut de nos hôpitaux français est Y encombrement, qui a pour conséquence Yisolement insuffisant.

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