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AMÉNAGEMENT DE U HOPITAL MODERNE

Quant aux contagieux , le problème est double. Au point de vue du traitement : tout contagieux devrait être individuellement isolé (p. 445); au point de vue de l’hygiène générale, de la lutte contre l’extension des épidémies : tout contagieux , riche ou pauvre , devrait être d'office expulsé de son domicile et soigné dans un hôpital de contagieux ou dans une maison de santé spéciale. Dans les pays Scandinaves, les contagieux de la classe riche se font conduire à l’hôpital comme les pauvres.

Toutes nos traditions hospitalières sont donc à reformer. Nous dépensons trop et mal; nous assistons des malheureux au prix de l’hôpital; c’est de l’argent gaspillé au détriment des véritables malades.

2° Aménagement de Vhôpital moderne. — L’hôpital moderne doit être adapté à sa fonction. Son emplacement, sa construction, son organisation différeront suivant son but. Il y a cependant des règles générales. Les architectes commencent à se spécialiser au point de vue hospitalier. En France, la direction de l’assistance au ministère de la Santé s’occupe de surveiller la construction et l’aménagement de nos hôpitaux.

L’hôpital sera situé aux confins de la ville, il sera suburbain , pour deux raisons principales : 1° les malades guériront en général mieux à la campagne que dans le centre des villes; 2° la superficie nécessaire à un hôpital moderne est telle que le prix du terrain est prohibitif dans le centre des villes. Avec les moyens actuels de communication, l’éloignement du centre est sans importance, aussi bien pour les médecins, que pour les familles des malades.

Il se composera de pavillons isolés , disséminés dans un grand parc; chaque pavillon doit être entouré de verdure, d’arbres, tout en restant ensoleillé. Nombre d’hôpitaux d’Allemagne, ceux de Copenhague, l’hôpital Edouard Herriot à Lyon, sont des modèles à ce point de vue.

La superficie du terrain doit être de 100 mètres carrés par lit au minimum. Elle atteint 130 mètres à Lyon.

L 'orientation sera nord-sud ou nord-ouest-sud-est. L’importance est moindre pour les hôpitaux à pavillons que pour les hôpitauxcasernes.

Chaque pavillon doit former un hôpital complet , sauf la cuisine et la pharmacie; le personnel secondaire affecté à ce pavillon doit, selon nous, y être logé. Le pavillon comprendra, outre le logement

L’HOPITAL

de son personnel, des salles à manger pour les malades valides (très important), des salles de repos avec galeries ensoleillées, des salles de bains, de douches, etc.

Même dans les pavillons de non-contagieux, un tiers environ des lits devra être placé dans des chambres séparées. L’isolement ne s’impose pas seulement pour les contagieux; il y a les bruyants, les odorants, les délirants, ceux qu’on vient d’anesthésier, et surtout les moribonds ; n’est-ce pas un scandale que, chez nous, les malades meurent dans la salle commune? Dès que leur état inspire des craintes, les malades devraient être isolés, comme cela se fait le plus souvent à l’étranger. Les nouveaux malades devraient également être interrogés dans une chambre isolée : l’interrogatoire public est un autre scandale. L’existence d’un tiers des lits en chambres nous paraît donc une nécessité. Le nombre des lits des salles communes ne devrait, en tout cas, pas dépasser 8 ou 10.

Les plafonds seront élevés (4 m. 50 au minimum, plutôt 5 m.), les surfaces des fenêtres seront aussi considérables que possible, les planchers dallés, les angles arrondis, les murs vernis; tout doit être lavable.

Le chauffage sera central (eau chaude ou vapeur à basse pression), l’éclairage électrique. La ventilation ne nécessitera pas d’appareils spéciaux (sauf les vitres perforées, etc., p. 324) si les plafonds sont suffisamment élevés et les fenêtres suffisamment hautes. Des téléphones, communiquant avec l’extérieur, devraient exister dans chaque salle.

Chaque salle aura des water-closets modèles (chauffés), des lavabos (eau courante, serviette individuelle, verre à dents et brosse à dents individuels, des bains ; les salles de femmes auront des bidets (soins obligatoires). Insistons encore sur la nécessité des salles à manger.

Chaque service doit être scientifiquement organisé. Le temps n’est plus où le médecin pouvait se contenter d’un stéthoscope et le chirurgien de plâtre et d’instruments tranchants. Actuellement, sans parler de l’enseignement des étudiants (le nouveau règlement des études médicales donne des stagiaires à tous les chefs de service, dans les villes universitaires), le médecin ne peut soigner efficacement ses malades, leur donner toutes les chances de guérison, que s’il possède, dans son pavillon, tout ce que la science met à sa disposition. Les pavillons de médecine et de chirurgie (sans parler des salles d’opérations de ceux-ci) auront donc de vastes labora-

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