HOPITAUX D'ENFANTS
toires, destinés à toutes les recherches nécessaires au diagnostic, au pronostic et au traitement : radioscopie, radiothérapie, chimie, bactériologie, anatomie pathologique, inoculations, etc. Ces dépendances seront vastes et dotées d’un personnel suffisant et spécial. Elles peuvent utilement être logées dans les sous-sols surélevés.
Les salles d’autopsie (pavillon spécial) seront bien aménagées, avec frigorifiques pour la conservation des cadavres. Un obitoire est indispensable pour les familles des morts (p. 470). Un laboratoire d’anatomie pathologique sera annexé.
Indispensables aussi sont les pavillons destinés : aux traitements par les moyens physiques (mécanothérapie, bains de lumière, bains permanents, radiothérapie, radiumthérapie, etc.), à la pharmacie, à la stérilisation, à l’administration, au service de porte et de nuit pour éviter qu’on transporte pendant la nuit les nouveaux arrivants dans les salles), aux agités , etc., etc.
Les pavillons communiqueront par des passages souterrains , au moyen de véritables petits trains sur rails : des ascenseurs permettront de transporter aliments, remèdes, linge, etc., dans chaque pavillon. Ces passages souterrains, interdits aux malades en général, pourront permettre le transport d’un malade d’un service dans un autre, sans passer par l’extérieur. Les passages non souterrains rendent illusoire l’isolement ces pavillons. A défaut de passages, aliments, remèdes, malades peuvent être transportés par un service automobile.
Pas de rideaux , pas de tapis , pas de meubles en bois (tout doit être métallique), pas de balayage à sec.
Les crachoirs seront en verre, journellement stérilisés.
Un uniforme décent (drap ou toile) sera imposé aux malades.
Le personnel infirmier sera soigneusement sélectionné, distinct du personnel simplement ouvrier. L’institution du diplôme d’infirmiers on d’infirmières d’État (voir Ghap. lxxviii) permet actuellement d’avoir le personnel instruit nécessaire. Une situation spéciale doit être assurée à ce personnel (logement individuel, heures de repos ou d’étude, heures de jeux, appointements suffisants, etc.).
Il est inutile que les médecins fassent partie des conseils d’administration ; mais, l’avis de la collectivité des chefs de service devrait être demandé avant chaque décision pouvant intéresser le sort des malades.
Il y a d’autres conceptions. L’Hôpital en hauteur , tel que le nouvel
L'HOPITAL
Hôpital Beaujon, réalisé à Clichy, a ses partisans. On pourrait concevoir aussi l’hôpital, tel que nous l’avons décrit, par pavillons isolés, avec un bâtiment central important, renfermant les services généraux.
3° Services de chirurgie . — Il faudra séparer complètement les septiques des aseptiques. Rien ne doit être commun, ni les salles, ni le personnel, ni les instruments. Le mieux est d’installer deux services distincts, à des étages différents, ayant chacun leur escalier. C’est déjà trop que le chef de service soit le même pour les deux étages; on ne peut l’éviter.
4° Maternités . — Autrefois, les maternités étaient désolées par la fièvre puerpérale (streptococcie). Aujourd’hui, les maternités, organisées comme de véritables services de chirurgie, doivent avoir une mortalité presque nulle.
Une infirmerie annexe est indispensable. Il faudrait des services pour les femmes enceintes, dont l’état de santé nécessite un repos prolongé et un traitement approprié.
5° Hôpitaux d’enfants. — Les hôpitaux d’enfants, en raison de la fréquence des maladies contagieuses à cet âge, doivent avoir une organisation spéciale.
Un quartier sera réservé aux contagieux , dans l’hôpital d'enfants lui-même. C’est une faute de réunir enfants et adultes dans un hôpital général de contagieux. Le va-et-vient entre des quartiers de contagieux et de non-contagieux est trop fréquent pour que ces deux hôpitaux soient séparés. C’est également une faute d’introduire des adultes contagieux dans un hôpital d’enfants.
Dans le quartier (ou les pavillons) des non-contagieux , l’isolement individuel est encore indispensable, non pas aussi rigoureux que dans le premier cas, mais suffisant pour éviter tout contact direct entre les enfants. Chaque enfant doit être dans un box. On diminuera ainsi notablement le nombre des cas de complications infectieuses. On évitera, notamment, qu’un enfant entré en incubation de rougeole, de scarlatine ou de coqueluche, devienne l’origine d’une épidémie de salle.
Quant aux contagieux , nous réclamons l’isolement individuel complet, à la place des pavillons spécialisés suivant les maladies, sans véritable isolement de chaque enfant. La question sera traitée plus loin.