CAUSES GÉNÉRALES DE NUISANCE
par l’eau, la pluie, par exemple, peuvent contaminer le sol et le sous-sol, de même que les microbes et parasites qu’ils renferment parfois. Ils nuisent donc à la façon des écoulements et des dégagements résiduaires.
2° Insécurité. ■ — Les établissements industriels peuvent être une cause d’insécurité non seulement pour les ouvriers qui y travaillent (accidents de machines), mais encore pour le voisinage, du fait surtout des dangers d’incendie ou d’explosion.
a) Dangers d’incendie. — Les dangers existent surtout dans les usines, les scieries, les dépôts d’hydrocarbures, les fabriques d’allumettes ou d’objets en celluloïd, etc., en somme, partout où il existe en grande quantité, et à proximité de foyers quelconques, du bois, du charbon, de l’étoupe, des vapeurs inflammables, des poussières fines, de la benzine, du pétrole, de l’alcool, de l’éther, de l’essence, des graisses, du celluloïd, etc.
b) Dangers d’explosion. — Les explosions sont à craindre, à peu près dans les mêmes établissements; surtout dans les fabriques d’amorces, de pièces d’artifices, de cartouches, de poudre, de dynamite, etc., et partout où se trouvent des chaudières, des substances explosibles, fulminate de mercure, etc.
c) Dangers provenant des animaux. — A signaler, au voisinage des abattoirs, tueries, écuries, ménageries, etc.
3° Incommodité. — Certains établissements industriels paraissent être plus incommodes qu’insalubres. C’est surtout contre les incommodités résultant de mauvaises odeurs qu’avaient été prises les premières ordonnances de réglementation (1810). Aujourd’hui, on sait que les dégagements malodorants ammoniacaux, sulfhydriques, etc., peuvent être nuisibles à la santé, en favorisant les infections (Trillat), en produisant des intoxications chroniques ou même massives. On sait aussi que le bruit, la trépidation, ont une influence des plus nocives (voir p. 309).
a) Mauvaises odeurs. ■ — Nous en avons parlé déjà à propos des dégagements industriels. Il s’agit surtout d’émanations d’origine animale : tueries, boyauderies, triperies, fontes de graisses et de suif, débris animaux, peaux et cuirs, poils et cornes, engrais, savons et colles, fromages, etc. Il peut s’agir aussi d’émanations de matières végétales décomposées ou non (chiffons, huiles, essences, alcools, tabac, café, etc.), ou de produits volatils d’origine minérale (gaz
ÉTABLISSEMENTS CLASSÉS
et autres dérivés des goudrons et des houilles, vapeurs acides ou ammoniacales, produits chimiques et pharmaceutiques, fours et hauts fourneaux, etc.).
b) Bruit et trépidation. — Les ateliers de battage, les pileries, chaudronneries, verreries, ateliers de forges, de construction mécanique (machines et wagons); les emboutisseuses, les moutons et marteaux pilons, les tonnelleries, tréfileries, les moulins, le lavage de minerai, etc., peuvent être des causes d’incommodité.
Pendant le jour, en général, l’accoutumance préserve les voisins, comme elle préserve les ouvriers. Mais les malades, les personnes irritables, peuvent être affectées défavorablement, à plus forte raison pendant la nuit. Les constructions elles-mêmes peuvent être ébranlées : au-dessus des mines en terrains argileux, lorsque les galeries sont mal étayées, mal consolidées, on a observé le tassement et le glissement de tout un village! C’est là une véritable cause d’insécurité en même temps que d’incommodité.