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TRAVAIL DANS L’AIR COMPRIMÉ

blanchisseurs , ouvriers peaussiers (dermatite papillaire simple; dermatite ulcérative ou rossignol, pigeon, perdreau, pierrot, à cause de l’aspect en œil d’oiseau; dermatite infectieuse ou choléra des doigts) ; décideurs ou fileurs de cocons de vers à soie (mal de vers ou bassine, de Potton) avec érythème, puis pustules, puis inflammation profonde laissant cicatrices et immunité.

D’autres sont dues à l’action de liquides à matières fermentescibles d’origine végétale : rouisseurs de chanvre (érythème eczémateux péri-unguéal), amidonniers et féculiers (dermatite exfoliatrice), chiffonniers , cuisiniers (cladothrix ? ) , confiseurs (dermatite péri-unguéale et altérations unguéales : Poncet).

Les buées rendent le sol et les objets glissants, elles obscurcissent l’atmosphère et sont ainsi une cause d’accident. En saturant l’atmosphère, elles empêchent l’évaporation pulmonaire et cutanée.

Fig. 110. — Appareil pour suppression des buées.

b) Prophylaxie. — La

prophylaxie générale consiste à enlever les buées (fig. 110), à empêcher l’humidité par une ventilation active : on peut, pour cela, combiner l’aspiration localisée (fig. 111) et le refoulement d’air chaud comme

à l’usine de teinturerie Gillet, à Lyon. Les murs doivent être enduits inférieurement de revêtements imperméables (ciment, stuc), blanchis

Fig. ni.

Appareil d’aspiration localisée.

SURVEILLANCE DU TRAVAIL

à la chaux supérieurement. Le sol, dallé ou cimenté, recouvert de sciure de bois, est pourvu de caniveaux à pentes convenables pour éviter toute stagnation d’eau. Comme vêtements spéciaux de travail : tabliers imperméables, sabots ou galoches avec guêtres, gants protecteurs.

Les mesures spéciales sont variables : pour les confiseurs, lavages fréquents, brossage des ongles : pour les dévideuses ou fileuses de soie, séparation des bassins de trempage et de dévidage, renouvellement fréquent de l’eau, trempage fréquent des mains de l’ouvrière dans l’eau froide propre et courante.

c ) Législation. — L’enlèvement des buées est exigé par l’article 6 du décret du 10 juillet 1913.

3° Le travail dans Vair comprimé — Le travail sous l’eau est possible, à des profondeurs plus ou moins grandes, grâce à l’air comprimé qu’on envoie, par exemple, dans les caissons inventés en 1839 par Triger (construction des piles de pont) ou dans les scaphandres (pêche des éponges, etc.). Le travail dans ces conditions n’est pas inoffensif, comme l’ont montré, dès 1854, Pol et Wattelle, plus tard François, Catsaras, etc.

Pendant le séjour dans l’air comprimé (sas ou chambre de fond) les accidents de compression sont légers : gêne dans l’émission des sons, diminution des sensations, sécheresse de la peau et des muqueuses, puis bien-être avec souplesse des membres, transpiration; surtout, douleurs d’oreille avec bourdonnements. ,

a) Accidents. — Les accidents se produisent surtout au moment de la sortie (on ne paye qu’en sortant, disent les ouvriers) : ce sont surtout des accidents de décompression. Ils peuvent être d’origine centrale ou périphérique ; par leurs groupements variés, ils peuvent constituer de véritables formes distinctes.

C’est ainsi qu’on a distingué une forme auriculaire , avec bourdonnement d’oreille, surdité complète (scaphandriers surtout) ; une forme vertigineuse, parfois liée à la précédente, avec sensation de tangage, d’ivresse, d’étourdissements, nausées ou vomissements, parfois affaissement subit (tubistes surtout) ; une forme syncopale , avec perte de connaissance parfois prolongée suivie d’étourdissement au réveil (scaphandriers) ; une forme hémiplégique assez, rare; une forme aphasique-, dysarthrie (tubistes) ou aphasie vraie (scaphandriers), d’ordinaire légère et transitoire; une forme apoplectique avec mort subite (scaphandriers seuls).

Les accidents les plus graves, heureusement rares, sont surtout d’origine bulbaire : forme asphyxique (par apoplexie pulmonaire) ou syncopale, aboutissant à la mort subite (tubistes et scaphandriers).

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