Filtre à poussières (coupe schématique
Le premier masque fut inventé par Gosse, de Genève : c’était une éponge mouillée destinée à préserver les ouvriers chapeliers sécréteurs de poussières mercurielles dégagées pendant le secrétage et Véjarrage des peaux. Ce masque est très chaud et se nettoie difficilement. Aussi fut-il remplacé plus tard par un morceau de laine, de mousseline, d’ouate ou de toile métallique à mailles très serrées.
On a construit des masques à double treillis métallique avec interposition de tissu poreux (éponge), étoupe, ouate, étoffe pelucheuse) : tel le masque Camus (éponge) en usage dans les fabriques de sel de plomb (céruse, acétate de plomb). Ce masque a les mêmes inconvénients que celui de Gosse.
Dans le respirateur Lœb , employé en Allemagne, l’éponge ne recouvre pas tout le visage et est reportée en avant, ce qui diminue la chaleur. Dans certains masques, on substitue à l’éponge une étoffe pelucheuse qui doit être souvent humectée.
Mais pour éviter réchauffement de l’air et de la chambre filtrante, il est nécessaire de séparer les deux courants, inspirateur et expirateur, d’où l’invention du Respirateur Paris (fabricant d’émaux à Bercy). En avant du masque,
Fig. 115. — Lunettes et masque préservateur de poussières (Simmelbauer).
NOSOCONIOSES
qui a la forme d’une calotte, se trouve une cage métallique divisée en deux compartiments, l’un muni de soupape s’ouvrant de dehors en dedans pour l’air inspiré, et l’autre avec soupape s’ouvrant de dedans en dehors pour l’air expiré; la substance filtrante est constituée par un tissu pelucheux mouillé. Ce masque peut servir contre les vapeurs délétères et les gaz méphitiques, grâce à un tube plus ou moins long adapté à la chambre d’aspiration. Très analogue est l 'appareil Leard ou Respirol, masque ou capuchon imperméable, laissant derrière lui, au-devant de la figure, un espace libre; il communique avec l’air par une tubulure et une crépine à trous où l’air filtre sur du coton, h’ ouate constitue en effet un excellent filtre contre les poussières; le fait a été démontré depuis longtemps (expérience de Tyndall) : on l’applique tous les jours en bactériologie pour l’oblitération des récipients. Le respirateur Wolff se compose d’ouate et de gaz fine.
Un autre moyen d’éviter réchauffement du masque consiste à interposer une chambre à air entre le visage et la couche filtrante. Dans le respirateur Layet , à double compartiment, la chambre à air, assez vaste, est munie d’ouvertures à soupape pour l’air expiré, formée de très fines lames métalliques et directement appliquée sur le visage : la chambre filtrante, placée en avant, est composée de deux treillis métalliques dont l’intérieur est mobile : entre les deux se place la substance filtrante, ouate ou bourre de laine, pouvant s’humecter et se renouveler facilement : l’air expiré ne traversant plus la couche filtrante pour s’évacuer au dehors, il ne se produit plus d’échauffement. C’est sur le même principe qu’est basé le respirateur Henrot (de Reims) ; la substance filtrante est l’ouate, qu’on peut imprégner de liquide neutralisant ou antiseptique.
3° Législation. — Les prescriptions réglementaires dirigées contre les nosoconioses sont édictées par l’article 6 du décret du 10 juillet 1913, lequel vise les poussières en général. Quant aux poussières toxiques ou infectieuses, elles sont, en outre, visées par des règlements spéciaux (voy. saturnisme, charbon professionnel, etc.). Le décret du 10 juillet 1913 exige que toutes les poussières soient « évacuées directement au dehors des locaux de travail, au fur et à mesure de leur production ». En outre, lorsqu’il s’agit de « matières irritantes ou toxiques », le même article 6 exige que les opérations poussiéreuses telles que pulvérisation, tamisage, embarillage, soient faites mécaniquement en appareils clos.