III. — ARSENICISME
C’est l’intoxication par les dérivés de l’arsenic, l’arsenic à l’état de pureté ne semblant pas devoir être considéré comme toxique.
1° Symptômes. — L’arsenicisme peut présenter trois formes : la forme aiguë, la forme chronique, la forme purement locale. Seules les deux dernières formes intéressent l’hygiène industrielle.
La forme locale est provoquée par l’action caustique des poussières arsenicales agissant directement sur les téguments; elle est constituée par des pustules ulcérées siégeant de préférence au front et aux parties génitales (ne pas confondre avec les syphilides) ; chez les tanneurs, elles siègent aux doigts et sont connues sous les noms de rossignol , choléra des doigts.
La forme chronique est caractérisée par des céphalées, des douleurs généralisées, des vertiges, de la faiblesse, de la somnolence; des troubles digestifs, inappétence, nausées, vomissements, diarrhée; des troubles respiratoires,
ARSENICISME
laryngo-bronchite, coryza muco-purulent; de l’irritation de l’émonctoire cutané, érythèmes, papules, vésicules, pigmentation; des troubles nerveux dus généralement aux inhalations d’hydrogène arsénié et consistant en paralysies (chiropodales). Tous ces troubles peuvent aboutir à une véritable cachexie.
2° Étiologie. — Trois voies d’ absorption : peau , appareil digestif et, principalement appareil respiratoire. L’ouvrier s’intoxique par les mains sales, les aliments souillés, les vêtements imprégnés, les inhalations d’hydrogène arsénié (excessivement toxique) et, le plus souvent, par les inhalations de poussières arsenicales.
h’ élimination se fait par tous les émonctoires (qui sont irrités au passage); il y a accumulation dans le système nerveux (paralysies) et dans les phanères.
Nombreuses sont les industries qui emploient sciemment des combinaisons arsenicales et les industries dans lesquelles l’arsenic s’introduit insidieusement par impuretés des matières premières. Nous citerons entre autres : préparations de l’arsenic, de ses composés, des couleurs arsenicales (verts de Scheele, de Schweinfurth), des couleurs d’aniline; fabrications de papiers peints, fleurs artificielles; verreries, cristalleries; industries qui emploient du fer, du zinc, de l’acide sulfurique impurs (ballons d’enfants).
3° Prophylaxie . — Comme pour Thydrargyrisme, il faut prendre des soins de propreté , éviter les contacts, faire la guerre aux vapeurs et aux poussières. C’est ce qui est clairement indiqué par le décret réglementant le travail dans les fabriques de vert de Schweinfurth (acéto-arsénite de cuivre).
4° Législation. — Indépendamment des mesures générales prescrites par le décret du 10 juillet 1913, il en est de spéciales concernant l’industrie des produits arsenicaux, en particulier le décret du 1er octobre 1913 concernant les mesures particulières de protection à prendre dans les fabriques d’acétoarsenite de cuivre (vert de Schweinfurt).