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IV. — HYDRARGYRISME

L’hydrargyrisme est l’intoxication par le mercure ou ses composés.

1° Symptômes. — L’intoxication chronique seule nous arrêtera.

Dans une période prodromique, on constate chez l’ouvrier des contractures

INTOXICATIONS PROFESSIONNELLES

des muscles de la face, des troubles digestifs : anorexie, mauvaises digestions, amaigrissement. Parfois, on constate des troubles psychiques, un changement de caractère.

Puis, s’installe l’hydargyrisme confirmé, caractérisé par la stomatite, des troubles nerveux (tremblement), la cachexie mercurielle.

La stomatite mercurielle est bien connue : ulcération des gencives, chute des dents, parfois nécrose des maxillaires, ptyalisme putride empêchant l’alimentation et hâtant la cachexie.

Les troubles nerveux consistent en paralysies partielles , incomplètes et en contractures douloureuses (calembres). Ces manifestations nerveuses sont plutôt rares. Au contraire, le tremblement mercuriel est presque constant et constitue souvent l’unique symptôme; il paraît être surtout l’apanage de l’intoxication par les vapeurs mercurielles. Ce tremblement débute par des secousses musculaires de la face, puis il envahit les mains, les membres supérieurs et enfin les membres inférieurs. Signalons 1 "‘anémie mercurielle et la néphrite mercurielle , qui ont été introduites dans les formes visées par la loi du 1er janvier 1931, alors que les troubles nutritifs et la cachexie mercurielle n’y figurent plus.

2° Étiologie . — Trois voies d’absorption : peau (frictions), appareil digestif (mains sales, aliments souillés), appareil respiratoire. Le poison est absorbé sous forme de poussières ou de vapeurs, que le mercure émet à toute température (Exp. de Merget); les vapeurs émises à chaud sont les plus nocives.

Elimination par la salive, les sécrétions intestinales, l’air expiré, le lait (traitement de nourrissons syphilitiques). Gomme pour le plomb, l’élimination est excessivement lente; le mercure s’accumule (Voit); l’iodure de potassium est un bon dissolvant des sels mercuriques par formation d’iodures doubles (expérience in vitro).

Les plus faibles, les enfants, les femmes, les malingres, les tarés les alcooliques, les femmes enceintes, les mal alimentés, les malpropres, les porteurs de mauvaise dentition sont atteints les premiers et le plus gravement. C’est la loi générale qui régit la nosologie industrielle; ce sont là questions de terrain, résistance du sujet, prédisposition, hygiène individuelle.

Les industries exposées à l’hydrargyrisme sont peu nombreuses : extraction et métallurgie du mercure, étamage des glaces (presque complètement remplacé aujourd’hui par l’argenture), dorure et argenture au mercure, traitement des cendres d’orfèvres, construction des appareils de physique et des lampes à incandescence, bronzage, damasquinage, chapellerie et couperies de poil de lapin (sécrétage à l’aide de sels de mercure), fabrication des composés du mer-

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cure (azotates, chlorures, cyanures), réparation des accumulateurs au mercure, etc.

3° Prophylaxie . — Soins de propreté; guerre aux vapeurs et aux poussières ; suppression des contacts de l’ouvrier avec les matières toxiques. Telles sont les précautions nécessaires dans toutes les industries du mercure, et, en particulier, dans les couperies de poils, où elles sont imposées par le décret ci-dessous.

4° Législation. — Le décret du Jer octobre 1913 a pour but de préserver les ouvriers coupeurs de poils contre les dangers du nitrate acide de mercure (secret) et accessoirement des dégagements de vapeurs nitreuses. L’arrêté ministériel du 4 octobre 1913 fixe les termes de l’avis indiquant les dangers de l’hydrargyrisme, à afficher dans les couperies de poils.

L’hydrargyrisme professionnel tombe sous le coup de la loi sur les maladies professionnelles (voir p. 541 chapitre xxix, Protection légale du travailleur).

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