VOIES DE PÉNÉTRATION DANS L’ORGANISME
cutanée , en frottant la peau, de cobayes, de lapins, etc., dont les poils avaient été simplement coupés, mais non rasés, pour éviter les effractions histologiques, avec des cultures de bacilles tuberculeux. Edmond et Etienne Sergent ont obtenu la pénétration de Plasmodium relictum à travers la peau intacte du canari. Loos (du Caire) a vu les larves d’ankylostome duodénal pénétrer, par l’endothélium des follicules pileux, dans l’épaisseur de la peau, etc.
L’inoculation à travers la surface de la peau s’opère fréquemment par les insectes : inoculation du bacille de la peste par la puce du rat, de l’hématozoaire du paludisme par l’anophèle, etc.
La peau n’est pas une barrière infranchissable. Si elle est un organe de protection, elle est également une voie de pénétration. D’où la nécessité et l’efficacité de la propreté corporelle , dans la défense contre l’infection.
2° Muqueuses des voies respiratoire et digestive supé= rieures. — Elles constituent une porte d’entrée des plus fréquentes et des plus importantes. Le tissu amygdalien, qui constitue les tonsilles, s’étale aussi en nappe sur la paroi du pharynx et, en raison de sa contexture lacunaire, se laisse facilement pénétrer. Les parois de la cavité rhino-pharyngée constituent le lieu de pénétration des virus d’un grand nombre de maladies. La scarlatine, la rougeole, la poliomyélite antérieure aiguë, la grippe, les oreillons, les pneumonies, la coqueluche, la méningite cérébro-spinale épidémique, les streptococcies, la diphtérie, etc., sont des maladies à point de départ rhinopharyngé. Il existe un véritable « péril rhino-pharyngé » (Worms).
3° Voies respiratoires . — Les voies respiratoires, larynx, trachée, bronches, poumons, sont bien protégées (cils vibratils, zones tussigènes, mucus bactéricide, etc.). On éprouve expérimentalemeit d’assez grandes difficultés à réaliser l’infection primitive des poumons et, cliniquement, on a pu démontrer que, dans beaucoup de cas (pneumonie, tuberculose, etc), les poumons étaient infectés par voie sanguine et lymphatiques et non par voie aérienne (inhalation).
4° Voies digestives. — L’œsophage et l’estomac ne présentent pas d’importance, comme portes d’entrée des agents infectieux. Reste le tube digestif, du pylore à l’anus. En réalité, l’intestin est une succession d 'organes, de segments , dont chacun a sa structure et
rochaix. — Précis d’hygiène.
ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE
sa physiologie propres. Il faudrait examiner séparément tous ces segments. Nous ne pouvons le faire. Mais, nous pouvons dire d’une façon générale, que la muqueuse intestinale est disposée à la fois pour l’absorption et pour l’élimination. Constituée par une double nappe de tissu glandulaire et de tissu lymphoïde , elle réagit à la façon de ces tissus. Il en résulte que V absorption, que Y inoculation par les microbes intestinaux est fréquente. Chez l’enfant l’épithélium est très ouvert, le foie moins actif, le développement et l’activité du tissu lymphoïde sont considérables. Il en résulte que la porte d’entrée intestinale est moins bien défendue chez l’enfant que chez l’adulte.
La voie intestinale peut être empruntée par divers microbes infectieux : streptococcies, bacilles typho-paratyphoïdiques, bacille tuberculeux (Chauveau, Behring, Calmette et Guérin), etc.
Les microbes peuvent rester dans l’intestin, y sécréter leurs toxines, qui passent ensuite dans l’organisme (choléra, salmonelloses).
5° Voies géni to=urinaires . — Les muqueuses des voies génito-urinaires (urèthre, vagin, etc.) peuvent servir de portes d’entrée à nombre d’infections : syphilis, blennorragie, chancre mou, poradénite inguinale, infection puerpérale, etc.
6° Voie conjonctivale. — Elle est assez bien protégée. Cependant des infections peuvent l’emprunter comme porte d’entrée : conjonctivites banales, purulentes du nouveau-né (gonocoque), peste (cas de Mlle Mac Dougall), etc.
7° Voie placentaire. Hérédo=contagion. — On pensait autrefois que le placenta constituait une barrière infranchissable pour les microbes, (loi de Brauell-Davaine). Mais la clinique et l’expérimentation ont montré que cette loi souffre de nombreuses exceptions (Strauss et Chamberland, Perroncito, etc).
Le fœtus peut être infecté in utero par le virus de la variole de la mère. La syphilis héréditaire doit être rattachée, la plupart du temps, à une transmission transplacentaire du tréponème et la preuve en est donnée par les altérations syphilitiques du placenta lui-même. La raye peut être transmise par la même voie (Remlinger, Bochaix). Depuis que nous connaissons la forme filtrante du bacille tuberculeux , nous savons qu’il traverse le placenta, etc.
L’expérimentation a prouvé, de son côté, par de nombreux résul-