‹ Précis d'hygièneChapitre 3 sur 447 · BY TH£ EOITOR OF · texte numérisé non relu

BY TH£ EOITOR OF

PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

La première édition date de sept ans, précédant de peu l’effroyable cataclysme de 1914.

Les préfaces n’ont pas coutume d’être longues; mais celle-ci doit montrer la puissance de l’hygiène, même et surtout pendant la guerre; elle doit aussi pleurer les hygiénistes disparus.

La tourmente qui a failli anéantir la science et la civilisation aurait-elle fait reculer l’hygiène. Non. Gomme toute science de vie, l’hygiène a manifesté pendant la guerre sa puissance et développé ses progrès dans notre pays.

La Serbie connut la défaite à la suite des épidémies de typhus qui l’ont décimée. La Russie, la Roumanie, la Pologne ont éprouvé, pour les mêmes raisons, des hécatombes pires que celles des champs de bataille. La France a pu gagner la guerre grâce aux merveilleux progrès de son hygiène appliquée au salut de l’armée et des populations civiles. Les maladies contagieuses ont été presque toutes vaincues pendant la guerre. En 1870, le nombre de nos morts par maladies dépassait de beaucoup celui des morts par blessures; ce fut exactement le contraire en 1914-1918. La fièvre typhoïde a décimé nos troupes comme celles de l’Allemagne pendant la fin de 1914; si elle eût continué ses ravages, propagée par l’entassement des troupes et la promiscuité des tranchées, c’eût été la fin de nos armées ; mais la vaccination antityphoïdique a presque supprimé la fièvre typhoïde en quelques mois.

La variole avait causé plus de vingt mille morts dans nos armées en 1870, et plus de cent mille cas dans la population civile en 1870-71 ; on en compte à peine quelques cas dans nos armées, de 1914 à 1918, grâce à la vaccination méthodique.

Le typhus exanthématique menaçait la France d’une invasion

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plus redoutable que l’invasion allemande, faisant des hécatombes en Orient : grâce à l’épouillage, et surtout aux barrières sanitaires rigoureuses sur terre et sur mer, dans nos ports et en Orient, cette maladie n’a causé que quelques cas en France.

Le tétanos, la diphtérie, la dysenterie, la méningite épidémique ont été réduits par la sérothérapie ou prévenus par les injections préventives de sérums.

Les fièvres éruptives n’ont pas amené, au front, de grandes épidémies, grâce à la prophylaxie rigoureuse faite à l’arrière. Le choléra, la peste, n’ont pas pris pied sur notre sol.

Seule la grippe n’a pu être arrêtée et a fait en 1918 d’effroyables ravages, non seulement en France, mais dans le monde entier, précisément, parce que nous ne connaissons pas encore bien sa nature, parce que notre hygiène n’est pas encore assez scientifique, assez éclairée sur ce point.

La guerre a donc consacré l’hygiène, sa nécessité, ses méthodes prophylactiques, les victoires de la bactériologie et des méthodes de vaccination; elle a suscité des organismes nouveaux, multiplié les techniciens, organisé les régions sanitaires, développé les laboratoires d’armée ou de région.

Ces conquêtes resteront; d’autres doivent suivre sur le même terrain. C’est une nécessité vitale pour nous. La guerre a diminué la France de cinq millions d’habitants, fauché la fleur de notre race et peut-être ébranlé sa vitalité.

Elle a multiplié la tuberculose; sans doute l’armement antituberculeux s’est développé rapidement pendant et depuis la guerre (triage, dispensaires, stations sanitaires, hôpitaux), mais il est encore bien insuffisant.

Elle a semé la syphilis ; les moyens de défense contre ce fléau sont encore rudimentaires chez nous.

La guerre a permis de supprimer l’absinthe; mais elle a, hélas! développé l’alcoolisme qu’elle aurait dû éteindre; il faut une répression sévère, des lois de défense et leur application.

La diminution des naissances pose, plus angoissant que jamais, le problème de la dépopulation qu’il faut résoudre sous peine de périr.

Nous devons étendre les victoires d’hygiène de la guerre et surtout combattre les quatre fléaux chroniques de notre race : tuberculose , alcoolisme , syphilis , dépopulation.

De nouvelles lois d’hygiène vonl être votées; la loi de 1902 va être réformée et élargie. C’est à nous, médecins, que revient le

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rôle capital de propagande et d’exécution dans cette lutte vitale.

Notre rôle de pathologistes et de thérapeutes est grand; il est beau de soulager et de guérir. Il est plus utile encore de prévenir , de supprimer d’avance le mal et la souffrance, de sauver mille fois plus d’existences par l’hygiène prophylactique.

Ce précis continuera son œuvre dans cette voie par cette deuxième édition, riche de toutes les acquisitions récentes, de toutes les leçons de la guerre.

Hélas! pourquoi faut -il que les lutteurs de la première heure ne soient plus là pour mener le bon combat? La guerre a fait aussi ses victimes parmi les hygiénistes victimes de leur dévouement et de leur labeur acharné. Jules Courmont et Lesieur, le maître et l’élève, ne sont plus là pour continuer leur sillon.

L’histoire de la carrière prestigieuse de Jules Courmont, cet apôtre de l’hygiène, de son rôle dans l’évolution de l’hygiène à Lyon et en France pendant près de vingt ans, cette histoire ne saurait trouver place ici; mais on admirera dans ce livre la claire synthèse de son enseignement. Cette œuvre, nous voulons, avec Rochaix, en assurer la continuité ; le souvenir du Maître nous servira d’exemple.

Paul Courmont.

Lyon, 1921.

, .. vV PRÉFACE DE LA QUATRIÈME ÉDITION

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'^5Ÿi;:N’ç^;|^0^'continué, dans cette quatrième édition, à tenir ce livreA-cdtîrant des acquisitions nouvelles dans les divers domaines

de l’hygiène. Nous n’y avons pas introduit de chapitre nouveau, mais nous avons procédé aux multiples remaniements et aux nombreuses additions nécessaires pour fixer les traits actuels de l’étape que vient de parcourir la discipline hygiénique. Les progrès de l’épidémiologie et de la prophylaxie, ainsi que le développement de l’hygiène sociale, ont attiré particulièrement notre attention.

Nous espérons que cette nouvelle édition sera digne de ses aînées et qu’elle contribuera, comme elles, à aider nos confrères et nos élèves à la connaissance des problèmes de la médecine préventive et collective, ainsi qu’à les guider dans leur application.

P. COURMONT, A. ROCHAIX.

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