‹ Précis d'hygièneChapitre 337 sur 447 · ENCÉPHALITE LÉTHARGIQUE · texte numérisé non relu

ENCÉPHALITE LÉTHARGIQUE

L’encéphalite léthargique est une maladie infectieuse, épidémique et contagieuse, dont les lésions siègent de préférence sur le mésocéphale entourant les ventricules, mais pouvant également diffuser sur d’autres parties de l’axe cérébro-spinal, imprimant ainsi à la maladie une symptomatologie très protéiforme. C’est une maladie à rechutes, après des mois et même des années.

C’est une maladie grave. En additionnant les statistiques (Cruchet, Tilney et Riney, Blanc) on trouve une mortalité de 28,5 p. 100.

Signalée en 1917, à Vienne, par Von Economo, elle a fait son apparition en France, en 1918 (Netter). Au mois de mars 1920, Netter estimait le nombre des malades atteints à plus de 1 500 pour le département de la Seine et à plus de 6 000 pour toute la France.

En 1918, la maladie se montra en Australie, en Allemagne, dans l’Afrique du Sud, dans l’Uruguay, en Islande, aux États-Unis, au Canada. En 1919, elle apparut aux Indes, en Scandinavie, en Égypte et au Japon.

Étiologie. Épidémiologie. — - La maladie atteint plus souvent le sexe féminin (près du double) et paraît plus fréquente chez les adultes que chez les enfants. Les antécédents névropathiques paraissent être une cause prédisposante importante.

Le virus appartient à la classe des virus filtrants, traversant facilement les bougies Chamberland 1 et 3. Il est inoculable au lapin par voie intracérébrale, par les nerfs périphériques. Après plusieurs passages, on obtient un virus fixe, inoculable avec succès au singe et au cobaye. Le virus n’est pas inoculable directement à ces derniers animaux, c’est un caractère important qui le différencie une fois pour toutes du virus de la poliomyélite, avec lequel

POLIOMYÉLITE ANTÉRIEURE AIGUË

certains auteurs ont voulu le confondre. L’incubation expérimentale ne dépasse pas cinq à six jours (Harvier, Levaditi et Nicolau).

D’après Netter, les glandes salivaires élimineraient le virus. Harvier l’a retrouvé dans le lait, Lœwe, Hirschfeld et Strauss dans les sécrétions naso-pharyngées.

Harvier et Levaditi ont montré que la pénétration du virus se fait à travers la muqueuse naso-pharyngée, mais seulement quand celle-ci est altérée. Saine, elle s’opposerait au passage.

Les épidémies d’encéphalite léthargique paraissent s’étendre au hasard des contaminations et on n’a que rarement observé d’épidémies localisées à un bloc de maisons ou à un quartier (cas de Salisbury Magnalti : 11 malades sur 21 personnes dans un pensionnat; cas de Van Bœckel : 17 malades dans quatre familles groupées de 26 personnes). Le virus encéphalitique ne paraît posséder qu’un pouvoir diffusif modère.

La contagion directe paraît assez rare. Sur 100 malades, on n’en compterait que 5 au plus ayant été en contact avec un malade; et dans les familles, on ne l’observerait guère que dans 2,25 p. 100 des cas (Bartier).

Ce qui fait l’intérêt de la contagiosité, c’est qu’elle est possible très longtemps après V époque de la maladie , jusqu’à un an, 15 mois ou davantage. Le virus de l’encéphalite a donc pour propriété sa persistance très prolongée chez les malades qui l’hébergent. Ce sont de véritables porteurs de germes convalescents. Il existe vraisemblablement aussi des porteurs de germes sains (analogie avec la méningite cérébro-spinale épidémique).

Prophylaxie. — Isoler le malade et désinfecter avec soin les mouchoirs, linges, etc., qui ont pu être souillés par la salive ou les sécrétions naso-pharyngées. Éloigner les personnes nerveuses. Gargarismes antiseptiques pour le malade et les personnes de l’entourage (comme pour la méningite cérébro-spinale (p. 691). Se méfier des personnes qui approchent le malade (porteurs de germes).

Page 1