‹ Précis d'hygièneChapitre 346 sur 447 · CHAPITRE LVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVI

Fl LAR1 OSES

Groupe d’affections relevant de petits vers, les Filaires, nématodes, dont les adultes vivent dans le tissu conjonctif ou les voies lymphatiques de l’homme, où, en s accouplant, ils donnent naissance à des embryons, les micro filaires, visibles seulement au microscope et vivant dans le sang ou même dans la peau.

1° Filariose à Filaria Bancrofti. — C’est la forme la plus redoutable. Elle sévit dans les régions tropicales, en Asie (Indes, Indochine, sud du Japon), en Afrique (sud de l’Égypte, Afrique centrale anglaise), en Amérique (Brésil, golfe du Mexique, Guyanes et surtout, les Antilles).

Les symptômes sont la conséquence directe de l’obstruction des vaisseaux lymphatiques par les fdaires et de la réaction inflammatoire qui en résulte. Suivant les localisations, on peut observer des formes différentes.

L’éléphantiasis est dû à un arrêt de la circulation lymphatique, à une dilatation énorme des vaisseaux lymphatiques et à un épaississement considérable de la peau. L’éléphantiasis peut siéger en un point quelconque du corps, mais il se développe particulièrement aux membres, au scrotum, aux mamelles et aux grandes lèvres.

On observe également des épanchements chyleux, localisés dans le scrotum ( hydrocèle chyleuse ), dans le péritoine ( ascite chyleuse), dans la plèvre ( chylothorax ) ; des varices lymphatiques ( adeno-lympho cèle et lympho-scrotum)’, des abcès lymphatiques; de la diarrhée chyleuse ; enfin de la chylurie et de Yhématochylurie, caractérisée par l’émission d’urines lactescentes ou sanguinolentes.

L’agent pathogène est Filaria Bancrofti {Filaria sanguinis hominis,

FILARIOSES

Filaria nocturna ) dont la femelle (10 cm.) et le mâle (4 cm.) vivent accouplés dans les voies lymphatiques. Les micro fdaires (1/3 de mm.) qui en proviennent passent pendant la nuit dans la circulation périphérique (périodicité nocturne). Elles restent dans les organes profonds pendant le jour.

La filaire est inoculée , à l’état d’embryon, dans le sang de l’homme, par la piqûre de moustique. Les moustiques, qui servent d’hôtes intermédiaires à Filaria Bancrofti sont assez nombreux et appartiennent à différents genres.

Les moustiques, chez lesquels on a pu suivre l’évolution complète

de la blaire, sont les suivants : Myzomia

Rossi (James); Pyretophorus costalis (Annet Dutton) ; Culex pipiens (Bancroft); Culex fatigans (Vincent, Low); Culex Skubei (Bancrotf) ; Aedes Egypti ; M a n s o n i a a f ricana (Daniels).

Fig. 172. — Filaire du sang dans la tête et la trompe du moustique (d’après Low).

La microfilaire subit,

dans le corps des moustiques, une évolution qui dure quinze jours , avant d’arriver à son stade infectant. A ce moment, la larve chemine à la partie antérieure du thorax, puis dans la tête du moustique. Elle pénètre dans la cavité intérieure du labium ou gaine de la trompe et dans la cavité des palpes maxillaires, où elle se trouve emprisonnée, car ces organes communiquent, d’une part, avec la cavité générale, ce qui permet aux blaires d’entrer, mais ne communiquent pas avec l’extérieur, ce qui ne leur permet pas de sortir. Néanmoins, quand le moustique ainsi infesté, pique un individu sain, la gaine de la trompe peut se fendre en se repliant et les larves de blaire sont déposées dans la petite plaie produite par la piqûre de l’insecte. Les larves peuvent aussi se créer une issue à l’extrémité de la trompe, endroit de moindre résistance, où la chitine fait défaut. Ces larves, arrivées dans la peau, se logent dans les lymphatiques et s’y développent pour devenir adultes et produire les lésions signalées précédemment (fig. 172).

Contrairement à ce qui a lieu pour le paludisme, dans la filariose, l'homme est l’hôte définitif de la flaire , puisqu'il l’héberge à l’état

FILARIOSES 735

adulte; le moustique en est l'hôte intermédiaire , puisqu'il ne donne asile qu'aux larves.

On a des tendances, actuellement, à séparer le syndrome éléphantiasique des fîlarioses et à lui attribuer une étiologie microbienne. En 1936, Tisseuil, en Guyane, a publié un important travail dans ce sens.

La prophylaxie consiste dans la lutte contre la piqûre des insectes inoculateurs et leur destruction à l’état adulte et larvaire.

2° Filariose à Filaria loa. — Cette fdariose, peu dangereuse, comparée à la précédente, se manifestant sous la forme d’œdèmes ambulatoires et prurigineux (œdèmes de Calabar) est due à Filaria loa , plus petite que F. Bancrofti, vivant dans le tissu conjonctif superficiel ou profond. Les embryons passent dans le sang, pendant le jour {périodicité diurne) et regagnent les organes profonds pendant la nuit.

La transmission se fait par des taons. Chrysops silaceus et G. dimidiatus , qui piquent pendant la journée.

On ne peut guère, en matière de prophylaxie, que conseiller d’éviter la piqûre des taons, ce qui, pratiquement, est bien difficile.

3° Filariose à Onchocera volvulus. — Cette forme de filariose

serait la gale filarienne ou volvulose. Les adultes d 'Onchocera volvulus vivent dans de petites tumeurs, situées à la surface des os (régions du coude, des côtes, des trochanters, etc.). Les embryons, qui en émanent, sont dermotropes, gagnent la peau où elles se logent dans le derme, où elles déterminent une irritation locale (gale filarienne).

La transmission se fait par les simulies ( Similium damnosum). On a remis en cause, ces dernières années, l’origine filarienne directe des lésions de la volvulose.

Comme dans le cas précédent, la prophylaxie est pratiquement

nulle.

Page 1