TÉTANOS
très peu résistant, et dont la culture en milieux artificiels est assez délicate. Sa transmission paraît toujours se faire par contact direct.
La conjonctivite à bacille de Weeks est plus répandue dans les grands centres que la conjonctivite gonococcique et donne lieu souvent à de violentes épidémies.
c) Ophtalmie granuleuse ou Trachome. — Voir p. 745.
6° Tétanos . — Le tétanos est une maladie commune à l’homme et aux animaux (surtout au cheval), due au Bacille de Nicolaïer , abondant dans le sol où il est répandu avec le fumier.
Autrefois très fréquente dans les services de chirurgie, elle a disparu comme la gangrène gazeuse, la pourriture d’hôpital, etc.
Pour produire le tétanos, le bacille de Nicolaïer (anaérobie) doit trouver abri dans une plaie anfractueuse et être associé à d’autres espèces microbiennes.
La prophylaxie comprend : 1° Asepsie et antisepsie dans les salles de chirurgie; 2° Débrider largement les plaies anfractueuses et souillées de terre; 3° Se méfier de toute plaie même minime, mâchée et souillée de terre; 4° Faire, dans les cas douteux, une ou plusieurs injections préventives de sérum antitétanique.
La valeur préventive du sérum antitétanique est indiscutable. Elle est prouvée par la disparition du tétanos chez le cheval, après les opérations de castration, de clou de rue, etc. Chez l’homme, on fera une injection sous-cutanée de 10 centimètres cubes toutes les fois qu’une plaie souillée de terre n’a pu être suffisamment débridée. L’immunité ne durant qu’une dizaine de jours, on refera des injections de huit en huit jours, jusqu’à ce que la plaie soit nette.
La vaccination contre le tétanos est entrée dans la pratique courante, grâce à V anatoxine tétanique de Ramon. L’immunité réalisée est remarquablement stable (Ramon et Zoeller, Sacquépée, Pilod et Jude). Après cinq ans, l’immunité antitoxique est encore suffisante. On peut la réaliser commodément grâce à la méthode des vaccinations associées en injectant l’anatoxine tétanique, en même temps que le vaccin antityphoparatyphoïdique et l’anatoxine diphtérique (voir p. 627).
7° Fièvre aphteuse. — C’est une affection contagieuse, surtout chez les bovidés, et caractérisée par un état fébrile et une éruption vésiculeuse apparaissant sur les muqueuses et la peau.
MALADIES MICROBIENNES
L’agent pathogène est un microbe invisible (Lœffler). La propagation de la maladie se fait par le liquide, contenu dans les lésions phlycténoïdes. Le virus est très actif, même en solution très étendue; en revanche, il est peu résistant et est facilement détruit par la chaleur (stérilisation en quinze minutes à 50°, immédiate à 100°), la lumière, la dessiccation, les antiseptiques. Dans les conditions ordinaires, il peut se conserver cependant une quinzaine de jours dans une étable, ainsi que l’ont établi les observations cliniques.
Les animaux les plus sensibles sont les bovidés , les moutons , les chèvres et les porcs.
L’homme peut, dans des conditions exceptionnelles, contracter la fièvre aphteuse. Depuis Michel Sagar (1765), on a rapporté nombre de faits bien établis de contagion directe (Boulay, Collin, Mathieu, Heu, Zurn, Esser) ou d’épidémies circonscrites, dues à Yusage de lait ou de fromages , provenant de bêtes malades (Bircher, Chauveau, Hulin, épidémies de Beecles, de Douvres, Russi, Rochaix et Delbos, etc.).
La contagion peut se faire par la voie cutanée, au niveau d’éraillures ou de crevasses, pendant la traite, l’examen de la bouche, le pansage. Mais la contamination par les voies digestives semble beaucoup plus fréquente. La viande est complètement inofïensive : en revanche, le lait cru ou converti en fromage est le plus souvent incriminé.
La principale mesure prophylactique consistera dans Y ébullition du lait , avant sa consommation, en temps d’épidémie de fièvre aphteuse.
8° Tularémie. — Septicémie spécifique et mortelle de certains rongeurs, transmissible à l’homme par piqûre d’insectes ou par manipulation de rongeurs infectés. Découverte par Francis, qui en a défini l’entité clinique en 1911, l’agent causal fut isolé en 1912 par Mac-Coy et Chapin, qui lui donnèrent le nom de Bacterium tularense (comté de Tulare en Californie).
Cette affection a été longtemps confondue avec la peste, car elle atteint les rongeurs, se manifeste par des bubons et sévit dans les mêmes régions. Deux types cliniques : forme adénopathique , la plus fréquente, forme anadénopathique ou septicémique (à tableau de fièvre typhoïde).
Les réservoirs de virus sont : les lapins de garenne, les rats d’eau, les lièvres, écureuils, souris sauvages, oppossum, marmotte.
DENGUE
Les agents transmetteurs sont nombreux : deux sont particulièrement dangereux, la tique des bois et la punaise sont à la fois vecteurs et réservoirs de virus; parmi les autres, citons, chrysops discalis (taon) stomoxys calcitrans (mouche d’écurie).
Répandue aux États-Unis (surtout provinces de l’Ouest), on l’a signalée au Japon, en U. R. S. S. (épidémie de 1928), en Norvège (1929), au Canada (1930), en Suède (1930) dans l’Europe centrale, etc. En France, Chevallier et Bernard, en ont signalé deux cas, mais sans preuve bactériologique.
Prophylaxie. — Se méfier des lapins de garenne. — Vaccination. — Destruction des rongeurs et des insectes.
9° Mélioïdose. — Maladie des rongeurs : rats, cobayes, lapins, etc.; les carnivores peuvent être atteints : chien et chat (Malaisie et Indochine). Individualisée en 1909-1911 par Withmore en Birmanie, elle est due à Bacillus withmori , très voisin du bacille de la morve. L’homme peut être atteint (Asie méridionale). L’évolution est à peu près fatale (dans 98 p. 100 des cas). La contagion paraît se faire par le mode direct. Les mesures prophylactiques doivent porter surtout sur le dépistage des épizooties murines et la destruction des rats.
10° Sodoku ou Fièvre par morsure de rat . — Spirochétose aiguë due à un spirochète pathogène décrit en 1915 pâr Futaki et ses élèves sous le nom de Spirocheta morsus mûris. Incubation de quinze jours en moyenne. Évolution par poussées fébriles successives de quatre à cinq jours, accompagnées d’éruptions cutanées et muqueuses. Durée : un à deux mois. Mortalité 10 p. 100 environ.
Transmise par la morsure d’un rat. Les chats, furets, belettes qui hébergeraient le spirochète, après avoir été mordus eux-mêmes par un rat, peuvent aussi transmettre la maladie par morsure.
La prophylaxie consiste dans la dératisation.
11° Dengue . — Maladie caractérisée par de la fièvre , une éruption rappelant celle de la rougeole et des douleurs articulaires. Elle est essentiellement bénigne et ne dure que trois jours.
La dengue sévit surtout dans les régions tropicales ou subtropicales. En Europe on peut l’observer dans le bassin de la Méditerranée, sur le littoral de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal et dans une zone intérieure plus ou moins étendue. On ne l’a pas observée en France : les rares fois où des malades atteints
MALADIES MICROBIENNES
de dengue ont été introduits dans nos ports par des navires provenant de pays infectés, la maladie s’est éteinte sur place.
La dengue est endémo-épidémique avec des exacerbations épidémiques, comme on en a observé récemment en Tunisie (1927) et en Grèce (1928). Elle ne confère pas une immunité plus longue que la grippe.
La mortalité est faible : 1,5 pour I 000 décès, lors de l’épidémie d’Athènes de 1928.
La dengue due à un virus filtrant est transmise par le même moustique, Stegomya fasciata ou Aedes Egypti , que la fièvre jaune. La répartition géographique de ce moustique nous explique celle de la maladie elle-même. Il n’existe pas pratiquement en France.
La prophylaxie de la dengue doit être envisagée comme celle de la fièvre jaune (voir p. 812). C’est la lutte antilarvaire qui se montrera surtout efficace. Des essais de vaccination spécifique ont été réalisés avec succès par Blanc et Caminopetros.
12° Psittacose . ■ — Signalée pour la première fois en Suisse, en 1879, sous sa forme de pneumonie contagieuse, son origine microbienne et sa transmission par le perroquet ont été établies, en 1892, par Nocard. En 1929-1930, on en a signalé de nombreux cas en Europe et en Amérique.
La psittacose est une septicémie grave, rappelant tantôt la pneumonie, tantôt la fièvre typhoïde et plus souvent réalisant l’association de ces deux affections. Le diagnostic clinique en est des plus difficiles.
Il s’agit d’une maladie à virus filtrant (Bedson, Western et Simpson). Les divers microbes décrits, en particulier B. psittacosus (Nocard) ne seraient que des microbes d’infection secondaire.
Un point est bien établi : le rôle joué par les perruches dans la dissémination de la maladie. Les animaux, atteints de psittacose présentent des troubles analogues h ceux du choléra des poules, à évolution lente. L’animal meurt en huit à dix jours.
Il est des cas où l’animal survit à l’infection, mais peut rester porteur de germes (Bedson, Western et Simpson). Les objets en contact avec les animaux et leurs dépouilles peuvent servir de véhicule à la contagion.
La prophylaxie de la psittacose est donc tout indiquée : supprimer tout contact avec les perruches. Il faudrait interdire l’importation, le commerce et le colportage de toutes perruches mortes ou vives.