ITALIE
GÉNÉRALITÉS 845
Voici, d’autre part, le déclin du taux de mortalité tuberculeuse de 1904 à 1934 :
États-Unis.
Hollande.
Danemark
Allemagne.
Tchéco-Slovaquie.
Suisse.
Angleterre
Norvège.
Belgique.
Espagne.
Italie.
Suède.
France.
Fig. 196. — Déclin du taux de la mortalité par tuberculose de 1904 à 1934. (Tableau dressé par M. Moine, Statisticien du Comité national de Défense contre la tuberculose.)
La France est le pays où le taux d'abaissement de la mortalité par tuberculose est le plus faible. Tous les autres pays, pendant ces trente années, ont enregistré des progrès beaucoup plus importants. Nous sommes très en retard. A population à peu près égale, il y a presque deux fois plus de morts par tuberculose en France qu’en Angleterre.
« M. Moine a évalué les gains en vies humaines que la France aurait pu enregistrer de 1918 à 1925, avec un taux de mortalité tuberculeuse identique à celui qu’a connu, par exemple, l’Angleterre, pendant cette période. Au cours de ces 17 années, la France aurait fait l’économie de 506 000 vies humaines, déduction faite de tous les risques de mortalité. De plus, ces survivants auraient donné naissance à près de 100 000 enfants. » (Étienne Bernard).
3° La tuberculose en France. — On a beaucoup discuté sur le nombre exact des décès par tuberculose. Le chiffre officiel a été pour 1934, de 52 000 morts. En réalité, ce chiffre est impossible à connaître exactement, en l’absence de certificats de décès (campagnes,
ou de désignation des causes de la mort dans beaucoup de certificats (20 p. 100 dans certains départements). On ne peut savoir que très approximativement le nombre de tuberculeux français. Où classer un certificat de décès portant simplement le mot : pleurésie, méningite? La bronchite chronique fausse surtout les statistiques; elle masque très souvent la tuberculose. Pour être logique, il faut compter dans les décès par tuberculose, non seulement la phtisie pulmonaire, non seulement la tuberculose chirurgicale, mais aussi presque toutes les pleurésies non purulentes, presque toutes les méningites des jeunes, et presque toutes les bronchites chroniques, qui ont entraîné la mort avant cinquante ans.
On estime que le nombre réel doit être voisin de 80 000. Comparé au chiffre total des décès en France, la tuberculose intervient pour environ 12 p. 100. Pour 100 000 habitants, il meurt chaque année 130 Français de tuberculose.
La morbidité est plus difficile à apprécier. Burnet estime qu’elle correspond au nombre des décès multiplié par sept. Il y aurait donc environ 500 000 tuberculeux en France (dont 50 p. 100 seraient contagieux. D’autre part, il faut estimer à 100 000 par an les cas nouveaux de tuberculose : les seuls dispensaires en ont dépisté 74 364 en 1935 (Étienne Bernard).
a) Tuberculose suivant la population des villes. — Les statistiques montrent que la tuberculose est d’autant plus fréquente que les villes sont plus peuplées. Le fait est établi depuis longtemps. Voici, par exemple, l’année 1906.
Décès par toutes les tuberculoses déclarées en France.
Paris . 45 p. 10 000 hab.
Villes de 100 à 550 000 habitants . 34 —
Villes de 30 à 100 000 — 34 —
Villes de 20 à 30 000 — 29 —
Villes de 10 à 20 000 — 28 —
Villes de 5 à 10 000 — 24 —
Villes de moins de 5 000 habitants . 16 - —
Mais si l’on considère une ville, la tuberculose n’est pas uniformément répartie dans les divers arrondissements ou quartiers. Pour Paris, par exemple, il suffit de jeter les yeux sur les deux plans (fig. 197 et 198) où M. Moine a établi la proportion des décès par arrondissement pour se rendre compte que les quartiers riches
GÉNÉRALITÉS
Fig. 197. — Mortalité par tuberculose pulmonaire enregistrée dans chaque arrondissement de Paris au cours des années 1909 à 1913 (proportion de ces décès par 100 000 habitants). Document établi par M. Moine, statisticien du Comité national de Défense contre la tuberculose.
Fig. 198. — Mortalité par tuberculose pulmonaire enregistrée dans chaque arrondissement de Paris au cours de l’année 1930 (proportion de ces décès pour 100 000 habitants). Document établi par M. Moine, Statisticien du Comilé national de Défense contre la tuberculose.
(Champs-Elysées, Passy, Auteuil, etc.) ont une mortalité infiniment moindre que les quartiers populaires, comme le XIe, le XIIe, le XIXe, le XXe arrondissement. L’étude plus serrée de la répartition du pourcentage par 1 000 habitants, des décès causés par la tuberculose pulmonaire et des mal logés, montre un parallélisme frappant entre les conditions du logement et la maladie (Moine). Il y a un rapport indiscutable entre la mortalité par tuberculose et le taudis. La comparaison des deux figures 197 et 198 nous montre qu’heureusement il y a une diminution sensible de la mortalité par tuberculose entre les deux périodes de 1909-1913 et l’année 1936. Cette diminution est en relation avec la destruction de nombreux îlots insalubres (17), l’activité de l’Office public d’habitation du département de la Seine, etc.
La carte de Lyon (fig. 199) montre les mêmes différences entre les quartiers pauvres et les quartiers riches, en 1905.
b) Tuberculose suivant les départements. — La carte (fig. 200) montre la répartition de la mortalité par tuberculose suivant les départements, pendant la période 1930-1931.
Les départements les plus atteints sont la Seine, Seine-et-Oise, Seine-Inférieure, l’Ile-et-Vilaine, le Morbihan et la Loire-Inférieure dont la mortalité oscille entre 200 et 250 pour 100 000 habitants et le Finistère et les Côtes-du-Nord dont le taux dépasse 250.
Les taux les plus faibles (au-dessous de 100) se rencontrent dans 19 départements, ceux de la région de l’Auvergne, celle qui est constituée par la Côte-d’Or, l’Yonne et la Haute-Marne et les départements des Hautes-Alpes, des Pyrénées-Orientales, de l’Ariège, du Gers, des Landes, du Lot-et-Garonne et de la Vienne.
Notons que, pendant la période de 1927-1929, le nombre de ces départements (au-dessous de 100) n’était que de 13.
c) Tuberculose dans les campagnes. — Maurel a fait une statistique sur la tuberculose des campagnes. Il estime, avec tous les
Fig. 199. — Tuberculose à Lyon (1900-1905). Décès par 10 000 habitants.
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médecins praticiens ruraux, que la tuberculose envahit 'progressivement les campagnes.
De vingt à trente-neuf ans , la tuberculose est aussi fréquente dans les campagnes que dans les villes ; au contraire le déchet est plus fort dans les villes, de quarante à cinquante-neuf ans (Füster).