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III. — LE BACILLE DE KOCH

1° Le bacille. — Découvert par Koch, en 1882. Se colore par les méthodes spéciales (Ehrlich, Ziehl, etc.); est un acido-résistant ,

Fig. 203. — Bacille de Koch dans le crachat d’un phtisique, coloration au Ziehl.

c’est-à-dire, après coloration, résiste mieux que les autres microbes à la décoloration par les acides, grâce à une substance grasse qui lui constitue une enveloppe protectrice. Ce caractère de coloration, qui permet un diagnostic facile sur préparation, ne lui est pas absolument propre. Le bacille de la lèpre jouit des mêmes propriétés; de même, toute une série de bacilles décrits par Lustgarten, Alvarez et Tavel, Koch et Pétri Rabinowitsch ; bacilles acido-résistants de P. Courmont et Potet, etc., dans les poussières, les excréments, le cérumen, le beurre, etc., et qui ne sont nullement des bacilles tuberculeux.

La forme est bien connue (fig. 203). Les cultures se font maintenant

aisément sur les milieux de Petroff, de Lœvenstein de Petragnani- Lœwenstein.

Les animaux les plus employés dans les laboratoires pour l’inoculation sont le cobaye et le lapin.

La forme liltrable du virus tuberculeux a été l’objet de nombreuses études depuis quelques années; l’avenir dira si son rôle pathogène étendra nos conceptions sur la prophylaxie; en tout cas, ce qui est établi pour le bacille classique, acido-résistant, n’est pas à modifier.

On a vu plus haut (p. 858) que le bacille de Koch constitue une espece unique , avec des variétés humaine, bovine, aviaire et même pisciaire (tuberculose des poissons, très éloignée du type humain).

La tuberculine de Koch (1890) qui sert à faire le diagnostic de la tuberculose (espèce bovine) est un concentré des toxines sécrétées par le bacille dans ses cultures.

Le diagnostic scientifique de la tuberculose doit porter sur la tuberculose infection et sur la tuberculose-maladie.

Le diagnostic de V infection tuberculeuse se fait au moyen de la cuti-réaction de von Pirquet (voir p. 857), ou de Vintradermo-réaction de Mantoux (injection dans l’épaisseur du derme d’une goutte d’une forte dilution de tuberculine, à 1/5 000) ou de la per cuti-réaction, d’emploi très commode (onction de la peau avec une pommade à la tuberculine).

Le diagnostic de la maladie tuberculeuse se fait : 1° par la recherche directe du bacille de Koch dans les produits pathologiques divers (crachats, pus, etc.) sans ou avec homogénéisation; 2° par l’inoculation au cobaye des produits suspects (crachats, pus, urines, etc.) ; 3° par les cultures sur milieux de Petroff, de Pétragnani-Lœwenstein ; 4° par les réactions sérologiques, le séro-diagnostic de S. Arloing et P. Gourmont (agglutination des cultures homogènes); la réaction de déviation du complément, la floculation de Vernes à larésorcine, le pouvoir bactéricide du sang, celui des urines. P. Gourmont a fait une application d’ensemble de ces réactions, sous le nom de clavier sérologique , qui présente le plus grand intérêt, non seulement au point de vue du diagnostic de la maladie, mais du diagnostic de guérison et du pronostic.

Le bacille de Koch périt, après un chauffage d’une demi-heure à 70 degrés ou de 5 minutes h 80 degrés. Il est donc facilement tué par V ébullition (pas de spores).

La congélation est presque sans action sur lui. La putréfaction le détruit assez lentement (il reste virulent dans les poumons, enfouis pendant des années : Schottelius) ; il peut vivre pendant quelques semaines dans l’eau (Galtier, Guinard); la lumière du soleil de l’été met plusieurs heures à le tuer.

Reste la question très controversée de la dessiccation ; les crachats desséchés sont-ils virulents ? Pendant combien de temps? Gela dépend de l’ensoleillement, de la température, des alternatives d’humidité et de dessiccation, etc. Il est certain que les crachats desséchés restent assez virulents pour constituer pendant quelque temps un danger sérieux.

Le suc gastrique ne détruit pas le bacille de Koch; les bacilles des crachats avalés se retrouvent dans les matières; l’intestin peut se contaminer.

Le bacille de Koch résiste bien à beaucoup d’antiseptiques, à cause de sa gangue acido-résistante, et c'est la chaleur qui est le moyen le plus efficace de destruction (Voir chapitre xxxvm les procédés de désinfection ) .

2° Origine des bacilles. — Voici un tableau qui résume la provenance des bacilles contagieux.

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