LA LUTTE EN FRANCE
laire restée lettre morte presque partout) et une autre sur les « Mesures à prendre pour la prophylaxie de la tuberculose dans les casernes de gendarmerie ».
Nous avions bien des Congrès de la tuberculose, une Commission permanente contre la tuberculose, à Paris, YŒuvre de Grancher. Mais dans le pays de Villemin, de Chauveau, en France où a été appliquée systématiquement pour la première fois par Calmette l’idée du dispensaire (dit en Amérique la méthode française), nous n’avions en 1914 que 12 sanatoriums (11 162 lits) et 46 dispensaires répartis sur 15 départements.
Il fallut la guerre pour nous réveiller et stimuler les pouvoirs publics.
1° Historique, — En janvier 1914, un rapport de M. Honnorat rappelle que nos classes de conscrits sont seulement d’environ 280 000 hommes et qu’elles ont un déchet de plus de 4 000 réformés pour tuberculose (15 p. 1 000). Au début de la guerre, notre infériorité de nombre entraîne l’incorporation de beaucoup de tuberculeux légers ou de suspects. Ces sujets aggravés sont alors réformés et renvoyés dans leur famille. Landouzy pousse un cri d’alarme sur la fréquence de la tuberculose dans nos armées (les chiffres avaient été à cette époque fort exagérés et avaient à tort effrayé nos alliés), sur le danger de renvoyer les contagieux dans leur famille, sur le droit des « blessés de la tuberculose » à être soignés et isolés.
Le gouvernement et les autorités militaires s’émeuvent.
En avril 1915 s’organisent les stations sanitaires du ministère de l’Intérieur; en octobre 1915, une loi porte ouverture d’un crédit de 3 millions pour assistance aux militaires réformés pour tuberculose.
C’est la première fois qu’un vote du Parlement engageait des crédits pour lutter officiellement contre le fléau. Dès lors, la lutte s’organise rapidement aux armées et à l’intérieur.
Des centres de triage sont créés aux armées pour dépister les tuberculeux, avec contrôle spécial technique.
En janvier 1916, le ministère de la guerre prescrit la formation d’hôpitaux sanitaires pour les soldats tuberculeux. En mars 1916, le ministère de l’Intérieur provoque la création des Comités départementaux pour les militaires tuberculeux réformés n° 2.
En juin 1916, la loi Bourgeois codifie l’organisation des Dispensaires.
En 1917, le Service de Santé possédait : 38 hôpitaux sanitaires avec 6 734 lits; 10 autres hôpitaux analogues avec 1 236 lits, et 21 pour les tuberculoses chirurgicales avec 2 360 lits, soit en tout, plus de 10 000 lits spécialisés.
Les comités départementaux se formaient. Les stations sanitaires se multipliaient.
La Croix-Rouge américaine et la « Commission Rockefeller pour la prévention de la tuberculose en France » nous apportaient, dès 1917, leur aide fraternelle dans la lutte contre le fléau.
Les Américains ont donné beaucoup pour les œuvres antituberculeuses françaises. Ils ont fondé et entretenu, pendant la guerre, 21 dispensaires (3 à Paris dans le XIXe arrondissement; 18 dans le département d’Eure-et- Loir pris par eux comme centre d’action). Ils en ont suscité ou aidé beaucoup d’autres dans le reste de la France.
Enfin, le 7 septembre 1919, le Parlement votait une loi réglant les conditions budgétaires, administratives et techniques de la création des sanatoria publics et privés.
2° Armement antituberculeux en France . — Actuellement, l’armement antituberculeux est très développé dans notre pays. Il a pour cadre de base le département. L’État n’intervient que d’une façon indirecte, mais il prend une part très active, par le contrôle qu’exerce le Ministère de la Santé publique sur les différentes organisations départementales et par la répartition des crédits.
a) Le Comité national de la défense contre la tuberculose,
constitué en 1919, à Paris, a pour mission d’aider les organisations départementales, de coordonner leurs efforts, de leur donner des directives.
b) Les organisations départementales, peuvent être, soit un Comité départemental de lutte contre la tuberculose , qui est une association privée, soit un Office public d'hygiène sociale , qui dépend directement d’une administration publique, placé sous l’autorité du Préfet.
c) Hôpitaux. — Au début de 1938, on comptait 7 000 lits de services hospitaliers spécialisés.
d) Sanatoriums. — Les sanatoriums sont régis par la loi Honnorat (7 septembre 1919), modifiée par des décrets et des décretslois (voir législation) et sont classés en trois catégories :
a) Sanatoriums publics : créés et gérés par l’État, les départements, les communes ou les établissements publics. Les établissements du même genre, gérés par des associations reconnues d’utilité publique ou des Sociétés ou Unions de sociétés de secours mutuels peuvent être assimilés aux sanatoriums publics.
(j) Sanatoriums privés , qui ne bénéficient pas des subventions officielles, mais qui sont soumis aux mêmes conditions d’aménage-