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II. — BLEN N O R R A G I E

La blennorragie est une affection spécifique, due au gonocoque découvert en 1879, par Neisser. La mise en évidence de l’agent pathogène dans le pus est facile, par la méthode de la double coloration (fig. 208). La blennorragie est extrêmement répandue.

La blennorragie est aussi un fléau social, par ses complications et quand elle devient chronique.

Les complications locales : prostatite, pyélonéphrite, épididymite, métrite, salpingite, salpingo-ovarite, pelvi-péritonite; les complications générales : arthropathies, endocardites, méningites, myélites, névrites, etc., non seulement diminuent physiquement les individus, mais aussi* leur valeur productive par les arrêts prolongés de travail et les impotences graves qui en sont les conséquences.

La blennorragie est un facteur important de stérilité chez l’homme par les atteintes au niveau du testicule et chez la femme au niveau de l’ovaire, avec souvent, chez cette dernière, des mutilations génitales graves.

Quand la fécondation a pu se produire, il apparaît fréquemment au cours de la gestation, une exaltation de la virulence microbienne, qui détermine l’avortement. Si la grossesse arrive à son terme, il peut se produire une véritable « explosion gonococcique » pouvant entraîner des généralisations infectieuses.

Enfin, l’enfant peut être contaminé au passage de la filière génitale et être atteint (ï ophtalmie purulente (voir p. 760), qui faisait autrefois de nombreux aveugles.

BLENNORRA GIE

La prophylaxie individuelle consiste à éviter tout coït suspect, dans l’instillation immédiate dans l’orifice de l’urètre de quelques gouttes de solution de

protargol, etc. Mais il faut avant tout tarir les sources de virus : sur ce terrain, la thérapeutique et la prophylaxie se confondent. Or, la chimiothérapie de la blennorragie a fait ces dernières années des progrès immenses. L’administration de la p-aminophénylsulfamide (1162 F) et de la di p-acétylamino- a

phénylsulfone (1399 F), du dagenan (association de la pyridine) par la voie buccale, soit dans les uréthrites gonococciques, soit dans les formes chroniques, a donné des résultats remarquables, dans la plupart des cas.

Mais dans certains, les individus cliniquement guéris, peuvent rester porteurs de germes. Leur existence conduit à une grande sévérité dans les tests de guérison (clinique, cytologique et surtout bactériologique) et les cures de consolidation. Quelques recherches

sont encore nécessaires pour mettre cette méthode au point, mais on a bien l’impression qu’on est près du but.

Fig. 208. — Gonocoque dans le pus d’une blennorragie aiguë (Rubnér, Grüber et Ficker).

MALADIES VÉNÉRIENNES

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