‹ Précis d'hygièneChapitre 412 sur 447 · LUTTE CONTRE L'HÉRÉDITÉ MORBIDE · texte numérisé non relu

LUTTE CONTRE L'HÉRÉDITÉ MORBIDE

3° Consultations de gynécologie eugénique . — Un

autre moyen qui favoriserait la naissance d’enfants sains, en constituant, dans une certaine mesure une barrière à la procréation des tarés, serait la création de consultations de gynécologie eugénique.

Les quelques consultations qui, jusqu’ici, ont été créées, tant en France qu’à l’étranger ont pour but exclusif de lutter contre les causes médicales de stérilité et par suite, contre la dénatalité. On estime actuellement à 100 000 le nombre des ménages français, constitués depuis dix ans, qui sont privés involontairement d’enfants par stérilité pathologique et les résultats obtenus prouvent, qu’en l’état actuel de nos connaissances, on peut avoir des résultats positifs, dans 20 pour 100 des cas (Devraigne).

On pourrait introduire dans l’esprit de ces consultations de gynécologie, la préoccupation d’éliminer la procréation possible de tarés, en limitant les interventions aux seuls ménages, constitués par des procréateurs sains. Un examen préalable, suffisamment approfondi, montrerait, dans la mesure de nos connaissances actuelles, si les conjoints sont vraisemblablement exempts de tares pouvant être transmises.

On favoriserait ainsi, sous contrôle médical, la procréation d’enfants sains, tout en écartant, autant que faire se peut, les tarés. Ce serait un élément de politique eugénique positive, puisqu’on rendrait fécondes des familles saines.

Il serait donc utile de multiplier les centres de consultations de gynécologie eugénique, d’en créer dans toutes les villes un peu importantes. Les résultats en deviendront de plus en plus importants au fur et à mesure que le problème complexe de la stérilité pathologique d’une part et celui encore plus difficile de la transmission des maladies héréditaires, d’autre part, seront mieux connus.

Ces consultations constitueraient une des pièces de l’armement contre l’hérédité morbide.

4° Mesures concernant Vimmigration. — Il serait nécessaire aussi, d’avoir une politique sévère d’immigration et de naturalisation. Trop d’étrangers tarés, dégénérés, atteints de maladies chroniques, accompagnés de leur famille, souvent dans le même état de déficience physique, pénètrent et s’installent chez nous. Non seulement, à peine arrivés, ils sollicitent le secours de l’assistance publique, encombrent nos hôpitaux et nos asiles, mais ils

LU TT b: contre U alcoolisme ET LA SYPHILIS 933

procréent des tarés de tous ordres qui viennent encore surcharger notre hérédité morbide, déjà si lourde.

Les Américains font de l’immigration depuis soixante-dix ans. Ils ont établi une série de règles, qui varient, d’ailleurs, chaque année, mais qui deviennent de plus en plus sévères et ils ont obtenu d’excellents résultats.

Non seulement il serait nécessaire d’adopter d’urgence des mesures semblables, mais on peut même s’étonner que, depuis 1913, année ou de nombreux travailleurs étrangers avaient déjà envahi plusieurs régions de la France, on ne s’en soit pas préoccupé. La situation n’a fait qu’empirer depuis 1919, du fait de l’ouverture des frontières à tous les réfugiés. Les refoulements opérés en 1935 et 1936, n’ont apporté aucun remède à la situation, car ils ont frappé le plus souvent les meilleurs éléments étrangers et laissé en France les plus mauvais.

Une sélection sévère et judicieuse des étrangers qui viennent s’installer en France permettrait, non seulement d’éliminer les indésirables, mais aurait un résultat positif, celui d’introduire chez nous des individus sains et vigoureux, assimilables, qui, par croisement, contribueraient au maintien et à l’amélioration de certains éléments de notre race (voir p. 14).

5° Importance de la lutte contre T alcoolisme et la syphilis. — On a vu page 934 et page 901 les conséquences déplorables de l’alcoolisme et de la syphilis, au point de vue héréditaire. Nous voulons simplement, ici, souligner l’importance de la lutte contre ces deux fléaux, en ce qui concerne l’hérédité morbide.

Toute diminution de la fréquence de la syphilis et du nombre des alcooliques aura pour conséquence certaine d’empêcher la création de tarés. Et comme il s’agit d’hérédo-infection et d’hérédo-intoxication et non d’une hérédité vraie, on obtiendra des résultats beaucoup plus certains et plus rapides. Dans l’alcoolisme, les descendants héritent surtout, comme le soutient avec juste raison Pearson, de la tendance à boire. Si des mesures énergiques sont prises, ils pourront échapper à la dégénérescence. La lignée ne sera pas irrémédiablement tarée, si elle est soustraite à l’action des causes morbides qui ont influencé les ascendants. Si ces causes sont combattues efficacement et viennent à disparaître, on assistera à une véritable régénérescence.

Page 1