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C. — Lait de femme

Le lait de femme diffère du lait de vache non seulement par les proportions relatives de ses constituants, mais encore par la qualité de ces derniers.

Les différences quantitatives qui séparent les deux laits sont consignées dans le tableau suivant :

Composition moyenne pour 1 000 (Dorlencourt).

Lait de femme. Lait de vache.

Eau . .

Extrait sec . . .

Caséine . .

Albumine. . . .

Matières grasses.

Lactose .

Matières minérales

(D’après A. -B. Marfan et H. Lemaire, Précis d’hygiène et des maladies du nourrisson).

COMPOSITION. VALEUR ALIMENTAIRE

On est frappé d’abord, à l’examen de ce tableau, par la différence existant entre les quantités de caséine, contenues dans les deux laits et celles de lactose. Le lait de femme n’est pas caséineux comme le lait de vache et il est beaucoup plus sucré. Pour remédier à cette différence, il est classique, dans l’allaitement artificiel, de diluer le lait de vache pour abaisser la proportion de caséine et de le sucrer pour augmenter la quantité de lactose.

Mais, on ne supprime pas, par cet artifice, les différences de nature des constituants. Si ces différences n’existent pas pour le lactose et les sels minéraux, il n’en est pas de même pour les matières grasses et pour les substances protéiques.

Les lipides du lait de femme sont constitués surtout par de l’oléine. Ils ne renferment que de petites quantités de triglycérides d’acides gras volatils. Ceux du lait de vache, au contraire, renferment surtout ces dernières matières grasses et moins d’oléine.

Au point de vue des protéides, il y a une différence de spécificité qu’il est impossible d’établir par les moyens chimiques, mais qu’on met en évidence par les moyens biologiques : le sérum des animaux qui ont reçu du lait de vache précipite seulement le lait de vache et réciproquement. Les protéides de chaque espèce se comportent comme des albumines étrangères vis-à-vis de l’autre.

Le lab-ferment donne avec la caséine du lait de femme, un précipité très fin, très ténu, se redissolvant même dans un excès d’eau ou d’acide. Avec le lait de vache, le précipité cailleboté est très volumineux, ne se redissolvant pas par un excès d’acide ou d’eau.

Les diverses vitamines se trouvent dans le lait de femme dans des proportions analogues à celles que nous avons indiquées pour le lait de vache.

Les diastases sont également différentes. L’amylase, qui existe dans le lait de femme, n’existe pas dans le lait de vache. La lipase, la peroxydase, etc., se comportent de façon différente, suivant qu’il s’agit de l’un ou l’autre lait.

En somme, le lait est spécifique pour chaque espèce. On se rend compte déjà — en ne se plaçant qu’à ce seul point de vue — de la supériorité de l’allaitement maternel sur l’allaitement artificiel. Il n’est pas indifférent de substituer dans la nourriture de l’enfant le lait de vache à celui de sa mère.

rochaix. — Précis d'hygiène.

LE LAIT

D. — Valeur alimentaire du lait.

Le lait constitue un aliment complet, mais seulement pour l’espèce même qui l’a fourni. Le lait de chaque espèce animale a, en effet, une composition qualitative et quantitative étroitement adaptée aux besoins alimentaires du jeune organisme en voie de croissance. Sa richesse en éléments minéraux est, par exemple, dans les différentes espèces animales, directement proportionnelle au temps nécessaire au jeune pour doubler son poids. Pour le nourrisson, le lait de la mère est donc l’aliment complet dans le sens strict du mot. Si l’on est obligé de lui donner un lait étranger, on s’efforce par différents artifices de rapprocher sa constitution de celle du lait de femme (voir chapitre Hygiène du premier âge).

En ce qui concerne l’adulte, le lait de vache, s’il lui apporte bien les différents éléments habituels (protides, lipides, glucides, etc.), ce n’est pas dans les proportions convenables. C’est ainsi qu’un malade soumis au régime lacté exclusif et absorbant les trois litres de lait qu’on donne généralement, reçoit une trop grande quantité de protides (110 gr. environ). Il est nécessaire d’apporter un correctif.

Ce n’est donc pas pour l’adulte un aliment complet. Mais c’est un aliment de premier ordre. Lorsqu’un budget alimentaire est restreint, la présence d’un demi-litre de lait dans la ration est suffisante pour diminuer ou même supprimer les carences qui pourraient exister et étant donné son assimilation intégrale, c’est un aliment économique.

Chez le vieillard, le lait doit entrer, pour une bonne part, dans le régime. Outre sa richesse en principes alimentaires, il est facile à digérer, peu toxique, ne nécessitant pas une dentition solide.

Mais, il est nécessaire de préserver ce précieux aliment des pollutions dangereuses fréquentes dont il est le siège.

Intolérance et anaphylaxie au lait. — Il ne semble pas, ainsi que l’ont fait remarquer Charles Richet fils et Saint-Girons, qu’il faille faire une distinction entre l’intolérance et l’anaphylaxie au lait. Dans la pratique, on ne voit guère de différence entre ces deux états, caractérisés par des accidents qui se reproduisent chaque fois qu’un sujet ingère du lait, alors que ce même lait, chez les autres sujets, ne provoque aucune manifestation anormale.

BACTÉRIOLOGIE DU LAIT

Chez l’adulte, ces accidents sont peu à redouter, tandis qu’on peut les observer de façon relativement fréquente dans les premières années de la vie, avec tous les degrés de gravité. Mais, les accidents de la « grande anaphylaxie » sont rares, ainsi que l’a souligné Marfan.

On désensibilise l’organisme en faisant absorber au sujet, par la bouche, des doses minimes de lait progressivement croissantes, ou en les injectant par la voie sous-cutanée (E. Weill) ou la voie intradermique (Loeper).

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