GÉNÉRALITÉS SUR L’HYGIÈNE
qu’Andral a traduite dans son heureuse formule : « L’hygiène est l’étude des causes des maladies ».
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’hygiène comprenait ainsi deux parties : 1° l’étude et l’application des règles de vie et des moyens d’assurer à l’individu son développement maximum ( eubiotique ); 2° l’étude et l’application des moyens de préserver les individus et les collectivités, des maladies et des intoxications {prophylaxie ).
Mais, à cette époque, on commença à prendre conscience de l’importance sociale de l’hygiène. Sous l’influence de philosophes et de sociologues, aux tendances le plus diverses : Quetelet, Espinas, Fonssegrives, Leroy-Beaulieu, Durckeim, Charles Gide, Léon Bourgeois, se construisait un nouveau concept, celui de la solidarité sociale, qui imposait aux individus de nouveaux devoirs, les devoirs sociaux.
Vers la même époque, les découvertes de Pasteur, en perçant le mystère de l’étiologie des maladies contagieuses, démontraient l’interdépendance étroite des individus, à ce point de vue, et, de ce fait, imposaient aussi, dans le domaine médical, un devoir social particulier, celui d’empêcher les contagieux d’être nuisibles à leurs voisins et, de plus, de préserver la collectivité des fléaux morbides dont les causes pouvaient être sociales.
On mit, d’autre part, en évidence la valeur économique de la vie humaine ; on précisa l’influence exercée par les facteurs économiques sur la santé, comme de cette dernière sur l’économie sociale.
L’hygiène sociale s’établit en pleine clarté sur des données scientifiques et des bases solides. On se mit à l’étude des facteurs sociaux intervenant dans l’origine des maladies, comme causes puissamment favorisantes. On rechercha leur portée sociale et les moyens à mettre en oeuvre pour les combattre.
L’hygiène est devenue ainsi une branche de Y économie sociale. « Il n’est pas une question sociale qui ne se double d’un problème hygiénique » (Jules Gourmont). A côté des facteurs physiques, chimiques et surtout biologiques (microbes, etc.) qui sont les causes efficientes des maladies, il faut faire une place importante aux facteurs sociaux qui agissent comme causes favorisantes et, dans certains cas, décisives surtout sur l’organisme, en diminuant sa résistance et en permettant l’éclosion ou l’évolution de la maladie (alimentation, taudis, professions insalubres, etc.).
Actuellement on peut définir l’hygiène, la science des rapports de V homme, au point de vue de la santé , avec le milieu extérieur et les collectivités humaines dans lesquels il vit , ainsi que de ces collectivités entre elles ,