HYGIÈNE DE LA PRODUCTION LAITIÈRE
L’influence des dispositions individuelles des sujets est bien connue des paysans qui s’en préoccupent fort. Entre des animaux de même race, on constate généralement des différences, portant principalement sur les proportions relatives de la matière grasse; telle vache est excellente beurrière, telle autre n’est que médiocre.
Il faut rechercher les vaches au moment de leur vie, où l’activité mammaire est la plus grande (après le troisième veau, vers l’âge de cinq ou six ans).
Pour que le lait d’une vache puisse être consommé sans danger, la vache doit être saine. L ’ inspection vétérinaire des vacheries devrait être régulièrement organisée. Comme l’a proposé Mauchamp, il faudrait imposer aux propriétaires :
1° La déclaration obligatoire des animaux laitiers introduits dans une étable; 2° l’examen sanitaire de ces animaux, à l’entrée dans l’étable (en particulier l’épreuve à la tuberculine); 3° des inspections périodiques, au point de vue de la santé des vaches et de l’hygiène générale des étables.
2° Alimentation des vaches laitières . — Les animaux laitiers doivent être convenablement nourris pour donner un lait sain. Or, dans la plupart des cas, les producteurs n’attachent pas assez d’importance à la nourriture des animaux et ils possèdent, en général, trop d’animaux pour les possibilités alimentaires de leur exploitation. Il en résulte, à la fin de l’hiver, au moment où les animaux sont déjà déprimés par une stabulation permanente, un état de dépression alimentaire préjudiciable à la qualité du lait. Il faut, en outre, proscrire de l’alimentation des animaux une trop grande quantité de résidus industriels et, particulièrement, il faut éliminer les drèches et les pulpes pour la production du lait destiné aux enfants.
3° Hygiène de V étable. — Pour que le lait soit propre, il faut que les animaux soient maintenus dans une étable propre, c’est-à-dire débarrassée de tous les objets non strictement indispensables, avec les murs et les plafonds lisses, le sol imperméable, avec des possibilités d’écoulement pour le purin. L’aération sera continuelle, régulière et on utilisera si possible des cheminées d’aération à ouvertures réglables. Les araignées, les mouches seront chassées; on blanchira au moins une fois par an les parois. Avant la traite, l’étable doit être nettoyée soigneusement et aérée; il ne faut
LE LAIT
pas non plus distribuer des fourrages immédiatement avant ou pendant la traite, car le lait se trouve alors souillé de poussières inévitables.
4° État sanitaire des bêtes laitières dans les étables .
— Il est dominé par la Tuberculose et la Brucellose. Les bovins soumis à la stabulation, même dans d’excellentes conditions hygiéniques, sont très souvent tuberculeux. Les vaches laitières, en raison de l’affaiblissement causé par la gestation, par la lactation, en raison de leur vie en général plus sédentaire, sont encore plus fréquemment atteintes. Les chiffres révélés, à la campagne, depuis qu’on emploie la tuberculine, sont éloquents. Nocard a trouvé, dans des étables bien tenues, 60, 80 et 90 p. 100 d’animaux tuberculeux. D’autre part, la brucellose s’est étendue aux bovidés d’une façon inquiétante (voir chapitre des Brucelloses).
Pour la tuberculose , à la suite de la loi du 7 juillet 1933 et du décret du 24 janvier 1934, on peut éliminer le lait des animaux présentant de la tuberculose avancée du poumon, de la tuberculose de l’intestin, de la mamelle et de l’utérus.
Dans les autres cas de tuberculose, ainsi que dans les cas où le lait renferme des bacilles tuberculeux, ces laits ne peuvent être utilisés qu’après un chauffage assurant la destruction de ces bacilles, c’est-à-dire au moins, la pasteurisation.
Indépendamment de ces mesures concernant le lait, les services vétérinaires ont pour rôle, et ils s’y emploient, de procéder à l’assainissement progressif des cheptels contaminés, ou, tout au moins, si cette solution apparaît comme devoir être à longue échéance, de signaler aux pouvoirs publics et aux organisations intéressées les étables infectées, de façon à permettre l’application des mesures dont nous venons de parler.
La tuberculinisation des animaux est le meilleur moyen de dépister la maladie chez les animaux1. On a prétendu que la tuberculinisation devenait illusoire sur des sujets, même tuberculeux, soumis
1. Nous rappelons en quoi consiste la tuberculinisation des animaux. On prépare au moment de s’en servir une solution de : tuberculine brute, 1 centimètre cube, eau phéniquée à 5 p. 1 000, 9 centimètres cubes. L’animal ayant été mis au repos et observé pendant un ou deux jours (prendre la température), reçoit sous la peau de l’encolure 3 à 4 centimètres cubes de la solution précédente; on prend la température rectale à la douzième, la dix-huitième et la vingt-quatrième heure. Une élévation de température ne dépassant pas 0°,S, est considérée comme sans importance. Une élévation atteignant 1°,4 indique une lésion tuberculeuse. Entre ces deux chiffres, l’animal çsj; suspect.