GÉNÉRALITÉS SUR L’HYGIÈNE
D’autre part, la maladie entraîne de telles pertes de temps et d’argent, que la misère en est souvent la conséquence. La ruine matérielle, physique et morale d’une famille est souvent l’aboutissement d’une maladie, même heureusement terminée. Aussi la législation sociale actuelle cherche-t-elle à protéger l’individu et la famille contre ce risque.
Il en est de même des collectivités. Une épidémie entraîne fatalelement pour une ville, une nation, non seulement des pertes matérielles immédiates, souvent considérables, mais des perturbations économiques, sociales parfois profondes et définitives.
D’ailleurs, la vie humaine a une valeur économique, une valeur sociale, qui est la plus précieuse de toutes, que nous devons défendre pour ne pas la laisser amoindrir, ni en quantité, ni en qualité.
4° Hygiène et médecine préventive. — Vers le milieu du XIXe siècle, l’hygiène était considérée comme « la clinique de l’homme sain ». L’hygiéniste était le praticien placé sur le terrain du fonctionnement physiologique de l’individu. C’était l’époque où florissaient les constitutions, les tempéraments, les diathèses, les idiosyncrasies et les imminences morbides. Tous ces termes correspondaient à une idée générale juste, celle de la variabilité du « terrain » sur lequel évoluent les causes morbides, mais aussi à des notions vagues qui n’étaient étayées — et qui ne pouvaient l’être alors — sur aucune base scientifique.
Mais les découvertes de tous ordres de ces dernières années ont permis de revenir scientifiquement à ces anciennes notions. On a cherché les éléments morphologiques, physiologiques, psychologiques, constituant le tempérament ou le terrain, avec la biotypologie de Pende, la biologie différentielle de Laignel-Lavastine, la physiologie des individus de Ch. Richet. Jacquelin a fouillé les caractères morphologiques, endocrinens, neuro-végétatifs, humoraux, psychiques, permettant de dégager les tendances morbides, etc.
La médecine préventive utilise toutes ces notions, pour mettre l’individu dans l’état de préserver sa santé (contrôle médico-sportif, aptitudes à certaines professions industrielles, etc.) et elle cherche à dépister les maladies à leur période prémonitoire, avant que l’individu ne soit un malade dans le sens clinique du mot ou qu’il se sache malade.
D’où la nécessité des consultations de médecine préventive qui commencent à s’organiser. Elles se montrent particulièrement indis-