SITUATION SANITAIRE EN FRANCE
pensables à certains âges de la vie : au cours de la première année, à l’âge scolaire, vers la vingtième année et vers la cinquantaine, âge où se révèlent nombre d’affections restées jusqu’à ce moment latentes (cardiopathies qui ne sont plus compensées, diabète, cancer, etc.). Certaines compagnies d’assurances des États-Unis (Extension Life Institute), certaines caisses d’assurances sociales, les Universités1 et nombre de collectivités commencent à comprendre l’intérêt primordial de la création de ces consultations, qui doivent être en liaison avec les organisations d’hygiène sociale.
La médecine préventive ne se confond pas avec l’hygiène individuelle qui ne comprend que les règles d’hygiène générale, applicables à l’individu (propreté corporelle, alimentation rationnelle, etc.).
Quant à l’hygiène elle-même, telle que nous l’avons définie, elle a de nombreux territoires frontières avec ceux de la médecine préventive, et nous verrons, au cours de cet ouvrage, comment souvent elles se compénètrent.
5° La situation sanitaire de la France. — Des progrès considérables ont été réalisés en France, surtout depuis la dernière guerre. Ils se sont traduits par une diminution considérable de la morbidité et de la mortalité. La durée de la vie humaine s’est allongée considérablement. Beaucoup de maladies contagieuses sont en voie de disparition (variole, diphtérie, fièvre typhoïde, naguère si meurtrières). Les grandes pandémies (choléra, peste, typhus exanthématique, etc.) n’ont plus fait d’apparition sur notre territoire depuis longtemps. Les maladies épidémiques se sont raréfiées au point que sur les statistiques des causes de mortalité, elles constituent le groupe qui, dans l’ordre d’importance, occupe la dernière place. La lutte contre la mortalité infantile, la tuberculose, la syphilis, etc., ont donné des résultats très appréciables.
Le standard de vie s’est élevé, les soins de propreté entrent progressivement dans nos mœurs. Les exercices physiques, les sports, la vie au grand air se sont généralisés et jouissent actuellement d’une grande faveur.
L’hygiène urbaine s’améliore par la destruction des îlots insalubres et des taudis (Paris, Lyon, etc.), bien que le progrès, à ce point de vue, soit lent. Les pouvoirs publics poursuivent l’établissement d’adduc-
1. Voir A. Rochaix et A. Rosier. Centres universitaires de médecine préventive et protection de la santé des étudiants, Revue d’hygiène et de medecine préventive, t. LIX, juillet 1937, p. 401-442.