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VI. — L’ÉCOLIER

La période scolaire s’étend de l’âge de trois ans à celui de quinze ans. De trois à six ans, l’enfant appartient à l’école maternelle, de sept à quatorze ou quinze ans, c’est-à-dire jusqu’à la puberté, s’écoule la période d’instruction et d’éducation proprement dite.

HYGIÈNE SCOLAIRE

1° La Croissance physique.

a) Croissance anthropométrique . — Les enfants de cet âge augmentent surtout de poids en hiver (fdles principalement)

i Nom de ! é lève . . . . .

Fig. 33. — Courbe de croissance de l’enfant de trois à seize ans.

et de taille en été (garçons principalement) (fig. 33). Outre le poids et la taille, il convient de mesurer le périmètre thoracique (tuberculose, scoliose, etc.) (fig. 34).

PROPRETÉ DE L’ÉCOLE

Le périmètre thoracique sous-pectoral doit être pris successivement en inspiration et en expiration, à 4 centimètres au-dessous des mamelons, en passant sous la pointe des omoplates. L’enfant doit être droit, pieds nus, avec seulement une chemise et un pantalon ou un jupon. Pour cela, des instruments plus ou moins compliqués ont été proposés et peuvent être utilisés : toise de Dufestel, toise Féraud, toise Bertillon; cyrtomètre de Woillez, conformateur de

Fig. 34. — Périmètre thoracique avant (en noir) et après (en rouge) le séjour à l’école de plein air du Vernay (Lyon). Enfant de 11 ans.

G. Roux et Musy, de Dufestel, etc. Plus simplement une bascule, une toise à curseur (analogue à celle employée dans l’armée), un ruban métrique gradué en centimètres peuvent parfaitement suffire.

b) Croissance viscérale . — La croissance viscérale se fait de façon régulière, jusqu’à la période prépubère, mais, à ce moment, les modifications anatomiques et physiologiques sont considérables.

a) Appareil circulatoire. ■ — Le cœur double presque de volume de dix-huit mois jusqu’à quatre ou cinq ans. Puis, vers quinze ou seize ans, nouvelle augmentation. Au contraire du cœur qui est petit, les vaisseaux sont larges jusqu’à la période prépubère. C’est le type infantile. La tension artérielle passe de 97 millimètres à quatre ans, à 113 millimètres de douze à quatorze ans. Le pouls se modifie. Le nombre des pulsations est plus élevé chez fenil*

Rochaix. — Précis d’hygiène.

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fant que chez l’adulte et d’autant plus que l’enfant est plus jeune. La température reste au-dessus de + 37 degrés jusqu’à la puberté.

b) Appareil respiratoire. — Le type respiratoire est abdominal dans les deux sexes, dans la première et la seconde enfance. Il devient ensuite un type costal inférieur chez le garçon et un type costal supérieur chez la fille. La respiration rude et soufflante (respiration puérile) devient moelleuse, comme chez l’adulte.

c) Tube digestif. — C’est vers onze à douze ans que les voies digestives (estomac et intestin) atteignent leur plus grande activité physiologique.

d) Foie. — Il augmente progressivement de volume de deux à douze ans, âge auquel il atteint son maximum d’hypertrophie.

e) Système nerveux. — Nous savons que le cerveau croît progressivement jusqu’à la période pubère, pour diminuer ensuite, mais nous sommes très mal renseignés sur le développement de Y axe bul bo-médullaire .

Les organes des sens ne présentent pas de grandes différences avec ceux de l’adulte, sauf au point de vue de l’œil : le nouveau-né est un myope, par suite de la convexité du cristallin et la puissance de l'accommodation est le double de celle de l’adulte.

c) Croissance biologique. — La croissance anthropométrique et la croissance viscérale s’accompagnent de phénomènes biologiques, caractérisés par la prédominence de l’assimilation sur la désassimilation. L’enfant doit donc, non seulement s’entretenir, mais se développer, d’où la nécessité de deux rations, pendant la période de croissance : la ration d’entretien et la ration d’accroissement. (Voir p. 229.)

d) Développement des glandes à sécrétion interne.

— C’est surtout à la période prépubère que l’action des glandes à sécrétion interne se fait sentir. La sécrétion testiculaire agit pour déterminer le type masculin et la sécrétion ovarienne , le type féminin. Les sécrétions du corps thyroïde , qui s’hypertrophie, surtout chez la femme, réglemente la poussée du système pileux et joue un certain rôle dans le développement de l’intelligence. Les sécrétions parathyroïdiennes ont un rôle dans la fixation du calcium. Celles des glandes surrénales agissent de façon considérable sur l’activité motrice et psychique. L'hypophyse règle le développement du squelette et de la pression artérielle. Quant au thymus , dont le rôle est

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inconnu, il agit dans les premières années de la vie, puis s’atrophie à la puberté.

e) La puberté . — La puberté est l’épanouissement de la croissance (douze à quinze ans chez la fille ; quatorze à seize chez le garçon) .

On la divise ordinairement en trois périodes : a) phase prémonitoire (filles : neuf à dix ans; garçons : onze à douze ans), caractérisée par un temps d’arrêt général; b) phase critique , période d’accroissement accéléré, de « dysharmonie structurale », allongement de la taille, augmentation de poids, les viscères prennent les dimensions de ceux de l’adulte, développement des organes génitaux et établissement des fonctions sexuelles. C’est une période délicate où l’enfant doit être particulièrement surveillé; c) période de perfectionnement (vers quatorze ans chez la fille et quinze ans chez le garçon) : l’équilibre structural s’achève et s’établit définitivement.

2° Hygiène physique.

a) Hygiène individuelle. Propreté. — La propreté est la première condition de la santé des élèves et de la salubrité des classes. Elle laisse trop souvent à désirer chez les enfants des écoles primaires, les familles étant elles-mêmes malpropres. Raison de plus pour que les maîtres, les médecins scolaires, les assistantes scolaires s’efforcent de l’obtenir, d’inculquer à l’enfant de meilleures habitudes, et de faire par son intermédiaire l’éducation des parents.

Les règlements prévoient l’exclusion de l’école des enfants malpropres et couverts de poux ou de lentes. Le règlement des écoles primaires de la Seine, comme celui de la plupart des écoles, stipule (art. 7) : « Les enfants se présenteront à l’école dans un état de propreté convenable. » La visite de propreté sera faite par 1 "instituteur (qui doit lui-même donner l’exemple de la propreté), avant l’entrée en classe. Les enfants sales pourront être reconduits dans leurs familles. Dans les internats (où les élèves doivent avoir tous les objets et toutes les facilités nécessaires), on doit même surveiller les soins de toilette. Dans les externats, l’instituteur peut être utilement secondé par les femmes de service des écoles maternelles, ou mieux par des assistantes sociales (voir p. 189).

L’enfant doit se laver le visage à l’eau et au savon, ainsi que les

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mains, dont les ongles doivent être coupés et nettoyés. Le lavage des mains sera pratiqué non seulement matin et soir, mais avant chaque repas, après usage des water-closets, etc.; des lavabos doivent être installés à cet effet (p. 155). Chaque enfant aura sa brosse à dents et s’en servira au moins deux fois par jour. La tête sera peignée, les parasites et leurs œufs détruits1 ; les garçons doivent porter les cheveux ras, les fdles doivent avoir les cheveux nattés. Les bains de pied, la toilette intime devraient être également des habitudes quotidiennes. L’ablution générale et le savonnage de tout le corps (bains ou douches), devraient être assurés, au moins une fois par semaine en hiver et plus souvent en été.

b) Vêtements . — Ils doivent être propres, simples, amples et souples, peu serrés (blouse), de tissus en rapport avec la saison. Les galoches et les sabots seront souvent utiles en cas de neige, de pluie, de boue. Les casquettes ou chapeaux ne doivent pas être échangés; ils seront laissés au vestiaire, à un porte-manteau individuel, toujours le même; les cache-nez, les foulards sont généralement inutiles. Veiller à la propreté des vêtements de dessous.

c) Alimentation . — h’ alimentation des écoliers est de première importance. Comme nous l’avons vu, l’enfant pendant sa croissance a besoin non seulement d’une ration d’entretien, mais d’une ration de croissance. Il faudra essayer de régler la ration de l’enfant, qui présente cependant des variations incessantes, suivant les sujets, les conditions de vie scolaire, les poussées de croissance. L’alimentation devra donc être l’objet d’une surveillance constante (voir p. 229).

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